Une nouvelle liste ultra-orthodoxe dans la course à la mairie de Jérusalem
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Une nouvelle liste ultra-orthodoxe dans la course à la mairie de Jérusalem

La faction "Unis", dirigée par le militant pro-implantation Aryeh King, cherchera à réunir les votes haredim et national-religieux lors du scrutin municipal d'octobre

Le membre du Conseil municipal de Jérusalem Aryeh King, à Jérusalem le 22 octobre 2014 (Crédit photo: Yonatan Sindel / Flash90)
Le membre du Conseil municipal de Jérusalem Aryeh King, à Jérusalem le 22 octobre 2014 (Crédit photo: Yonatan Sindel / Flash90)

Une nouvelle liste électorale ultra-orthodoxe de droite a été présentée cette semaine à Jérusalem. Elle tentera de rassembler les votes haredim et national-religieux lors du prochain scrutin municipal qui aura lieu au mois d’octobre.

La faction « Unis » comprend des personnalités ultra-orthodoxes et national-religieuses, et elle a à sa tête un militant de droite et conseiller municipal de Jérusalem, Aryeh King.

Deuxième sur la liste, Yonatan Yosef, un représentant du parti ultra-orthodoxe Yachad et petit-fils de feu le grand rabbin séfarade et fondateur de la formation Shas, Ovadia Yosef.

Le maire-adjoint de Jérusalem, Dov Kalmanovich, qui est membre de la faction du parti national-religieux HaBayit HaYehudi à la Knesset, sera troisième sur la liste.

La faction a été officiellement lancée jeudi au domicile du rabbin séfarade Meir Mazuz, qui lui a apporté son approbation et qui a appelé la communauté ultra-orthodoxe de la municipalité à voter pour des candidats « qui se battent pour le Shabbat… et qui conserveront le caractère sacré de Jérusalem », selon le site d’information Haredim Srugim.

Lors du lancement de la liste, King a juré de maintenir une ville de Jérusalem unifiée « avec une majorité juive claire, et d’inverser la tendance démographique de la dernière décennie au cours de laquelle la population arabe a augmenté de manière constante ».

King est le fondateur et le directeur du Fonds pour les terres d’Israël, une organisation qui fait la promotion des initiatives d’implantation des Juifs en Cisjordanie et dans les quartiers à majorité arabe à Jérusalem-Est.

« Nous ne voulons pas survivre, nous voulons gouverner », aurait-il dit, des propos rapportés par la Dixième chaîne.

Un ultra-orthodoxe met son bulletin dans l’urne dans un bureau de vote durant les élections municipales israéliennes, le 22 octobre 2013 (Crédit : Yaakov Naumi/Flash90)

Yosef, dans ses propos, a également critiqué les anciens et actuels conseillers municipaux qui soutiennent « la profanation du Shabbat et l’élaboration de plans qui mettent en danger l’avenir juif de Jérusalem ». Dans une allusion apparente au maire sortant, Nir Barkat, Yosef a clamé que, ces dernières années, des synagogues ont été détruites à Jérusalem et que des budgets municipaux ont « été alloués aux festivals, aux Juifs réformés, ainsi qu’à l’érosion globale du caractère sacré de Jérusalem ».

« Unis » espère capitaliser sur les 32 % de la population de la ville qui s’identifient comme ultra-orthodoxes – et dont le taux d’électeurs est même plus élevé dans la mesure où les résidents arabes de la municipalité boycottent généralement ce scrutin.

Les tensions sont élevées entre les communautés ultra-orthodoxes de la capitale, particulièrement en ce qui concerne l’observance religieuse du Shabbat. A Jérusalem, le Shabbat est plus strictement respecté que dans la ville beaucoup plus laïque de Tel Aviv. Quelques restaurants et structures culturelles sont ouvertes le samedi, et les habitants laïcs qui circulent dans les quartiers ultra-orthodoxes prennent le risque de voir leurs véhicules ciblés par des jets de pierre.

Chaque nouvelle ouverture de commerce ou de structure lors du Shabbat entraîne les protestations des ultra-orthodoxes et les plaintes des laïcs, qui affirment que les résidents religieux tentent d’imposer leurs croyances à l’ensemble de la ville.

Les candidats aux élections municipales de Jérusalem, le 30 octobre, sont actuellement le maire-adjoint Moshe Lion, le ministre des Affaires de Jérusalem Zeev Elkin, l’ex-maire-adjointe et conseillère municipale Rachel Azaria, le député de l’Union sioniste Nachman Shai, et le militant politique Ofer Berkovich.

Barkat, qui a annoncé au début de l’année qu’il ne réclamerait pas un troisième mandat et qu’il se présenterait à la Knesset sous l’étiquette du Likud, parraine Elkin, lui aussi membre du Likud et allié du Premier ministre Benjamin Netanyahu.

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