Une publicité mettant en vedette Bar Refaeli en niqab qualifiée d’islamophobe
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Une publicité mettant en vedette Bar Refaeli en niqab qualifiée d’islamophobe

Une vidéo montre la top-modèle en train d'enlever un vêtement musulman avec le message "La liberté est fondamentale" ; elle la supprime des réseaux suite aux réactions hostiles

Une marque de vêtements israélienne a déchainé les passions avec une publicité mettant en vedette le mannequin Bar Refaeli et d’autres qui fait le parallèle entre la liberté et les femmes abandonnant leurs vêtements musulmans traditionnels.

Les utilisateurs se sont rendus sur Facebook, Twitter et YouTube pour dénoncer la campagne, qui s’est déroulée mardi sur Internet, affirmant qu’elle dénigre les musulmans – surtout les Iraniens – et les femmes. Après le tollé, Refaeli a supprimé la publicité de ses plate-formes en ligne et une autre participante s’est excusée, mais la société a refusé de céder à la pression.

Dans la vidéo, publiée par la marque israélienne de vêtements basiques Hoodies, on peut voir Refaeli portant le niqab, le couvre-chef musulman qui couvre les cheveux et tout le visage excepté les yeux, avec le message « Sommes-nous en Iran ? » en hébreu.

Elle enlève ensuite le niqab et le jette pour révéler des vêtements colorés et basiques en dessous. L’annonce se termine par le message « Freedom is Basic » en anglais [La liberté est fondamentale].

La campagne incluait des panneaux d’affichage montrant Refaeli en niqab avec le message « Sommes-nous en Iran ? La vidéo complète a été diffusée dans des spots télévisés – avec plusieurs versions différentes mettant en vedette Refaeli ou les modèles Stav Strashko ou Tahounia Rubel, Shams Marie Abomokh, ou Melech Zilbershlag, journaliste ultra-orthodoxe – et sur les plate-formes des réseaux sociaux de l’entreprise.

« Notre nouvelle campagne a pour but d’inciter tout un chacun, sans distinction de religion, de race ou de sexe, à choisir sa voie et à exprimer sa liberté », a écrit Hoodies sur Facebook. « Nous avons décidé de mettre en scène des personnages influents de la société israélienne, qui ont tous décidé de se libérer de leurs chaînes et de s’exprimer. »

Mais les utilisateurs n’ont pas semble-t-il été convaincus.

« Une campagne répugnante », a commenté une musulmane en hébreu. « Il n’y a aucun message d’égalité et de liberté de choix. »

« Je me sens stigmatisée par votre publicité et je décide de ne pas acheter chez vous, c’est ma liberté et mon choix », a commenté un autre internaute. « Et je suis ravie que [vos opinions] ne représentent pas tous les Juifs. »

Une personnalité arabe israélienne des réseaux sociaux, Nas Daily, a déclaré que l’annonce l’avait mis en colère car « même si l’annonce contient un peu de vérité… il est inacceptable de manquer de respect à tout un pays, à toutes les femmes ou à toute une religion pour vendre un simple T-shirt ».

the worst commercial…..

I normally don't react to things like this.But when I find that it's a coordinated nationwide campaign, I can only ask myself: "how did so many people find this acceptable?" And this is why I find this very important to talk about.I understand the comany probably just wants media publicity, that's why I hid everything about the brand itself, but it is a clothing brand. INSTAGRAM: @NasDailyGROUP: Nas Daily Global

Posted by Nas Daily on Wednesday, 31 October 2018

Les critiques ne se sont pas limitées à Israël, cependant, car les femmes musulmanes du monde entier et même les Iraniennes ont jugé cette publicité d’inappropriée.

Certains ont dit que c’était « stupide et raciste », tandis que d’autres ont parlé d’islamophobie.

Mais certains l’ont défendue, comme ce commentaire d’un utilisateur sur YouTube, « Je suis Iranien et cette publicité ne me choque pas. Je pense que c’est une bonne chose qu’ils aient souligné les violations des droits de l’homme commises par l’Iran en forçant les femmes à se voiler. Ça devrait être le vrai sujet. Pour moi, en tant qu’Iranien, se voiler est le contraire de la liberté. »

Suite aux critiques, Refaeli a supprimé la publicité de sa page Instagram et d’autres comptes en ligne.

Shams Marie Abomokh, une femme musulmane qui a participé à la version israélienne de l’émission de télé-réalité Big Brother et qui porte le hijab, a déclaré sur Facebook qu’elle défend la liberté de chacun de porter les vêtements qu’il souhaite, mais s’oppose en revanche aux coercitions religieuses, sociales ou politiques.

Elle a affirmé que la publicité avait été mal comprise et qu’elle la considérait comme une protestation contre le traitement réservé par Israël aux Arabes, aux musulmans, aux Éthiopiens et aux autres minorités, alors que les Israéliens « se vantent toujours d’êtres meilleurs que le régime iranien ».

Tahounia Rubel, qui apparaît également dans la publicité, est un modèle d’origine éthiopienne. Stav Strashko est un modèle transgenre. Melech Zilbershlag est un ultra-orthodoxe, journaliste et personnalité masculine des réseaux sociaux.

La société a fait retirer les panneaux d’affichage de la campagne moins de deux jours après les avoir installés, affirmant que cela était prévu depuis le début, mais elle a gardé la vidéo sur ses plate-formes de réseaux sociaux.

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