Une société israélienne découvre une tentative de piratage iranien contre Gilead
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Une société israélienne découvre une tentative de piratage iranien contre Gilead

L'entreprise israélienne de sécurité informatique ClearSky a découvert une tentative de piratage contre Gilead, qui mène des essais sur un traitement contre le coronavirus

Photo d'illustration : Un expert en cybersécurité devant une carte de l'Iran parle à des journalistes des techniques de piratage informatique iranien à Dubaï, aux Emirats arabes unis, le 20 septembre 2017 (Crédit : AP Photo/Kamran Jebreili)
Photo d'illustration : Un expert en cybersécurité devant une carte de l'Iran parle à des journalistes des techniques de piratage informatique iranien à Dubaï, aux Emirats arabes unis, le 20 septembre 2017 (Crédit : AP Photo/Kamran Jebreili)

Le semaine dernière, une entreprise israélienne de sécurité informatique a mis à jour une tentative menée par des pirates informatiques iraniens pour infiltrer le groupe pharmaceutique Gilead Sciences. Ce dernier est engagé dans la course visant à découvrir un traitement contre le COVID-19.

Il n’a pas été précisé si la tentative de piratage avait réussi ou échoué, a expliqué l’agence de presse Reuters, qui a rapporté en premier l’incident vendredi.

Les domaines informatiques et les serveurs utilisés par le groupe de pirates étaient liés à l’Iran, mais les motivations des pirates n’ont pas été déterminées. Rien non plus n’a permis de déterminer s’ils étaient ou non liés au gouvernement iranien.

ClearSky, qui a découvert la tentative de piratage, surveille les activités iraniennes de piratage informatique. La société de sécurité informatique et deux autres ont confirmé à Reuters que Gilead avait fait l’objet d’une tentative de piratage.

Les deux autres entreprises n’ont pas été autorisées à s’exprimer publiquement. Le rapport était basé sur des archives Internet disponibles au public.

Le groupe de piratage, appelé « Chatons charmants », se focalise habituellement sur le piratage des appareils de journalistes et de membres de groupes de défense des droits de l’homme, a déclaré Ohad Zaidenberg de ClearSky à Ynet.

Le siège de Gilead Sciences à Foster City en Californie. (AP/Eric Risberg)

Depuis un mois et demi, le groupe s’est intéressé aux responsables en charge de la gestion de la crise du coronavirus, a-t-il dit.

« La semaine dernière, nous avons découvert qu’ils agissaient contre l’infrastructure de l’institut américain de recherche Gilead, et nous avons découvert qu’ils tentaient de nuire à d’autres centres de recherche impliqués dans la crise du coronavirus, notamment en Israël », a déclaré Zaidenberg, qui a ajouté qu’Israël était l’une des cibles principales du groupe.

« Ils sont de nouveau devenus très actifs la semaine dernière. En Israël, ils ont opéré avec beaucoup d’intensité, en essayant de voler les données [personnelles] et tout autre élément qui leur permettrait de prendre le contrôle d’une adresse mail pour l’utiliser à toutes sortes de fins », a-t-il expliqué.

Les récentes tentatives de piratage montrent que les pirates du monde entier concentrent leur efforts sur la collecte d’informations sur le virus, a déclaré Zaidenberg.

Dans le cas de la tentative de piratage de Gilead, les pirates ont envoyé un faux email de page de login à un haut responsable de Gilead pour tenter de lui dérober ses mots de passe, a rapporté Reuters. La méthode a déjà été utilisée dans de précédentes attaques liées aux « Chatons charmants ».

L’ambassadeur iranien auprès des Nations unies a nié toute implication de son gouvernement dans l’incident.

« Le gouvernement iranien ne participe pas à une guerre informatique », a déclaré Alireza Miryousefi. « Les activités informatiques auxquelles participe l’Iran sont purement défensives et visent à se protéger contre des attaques futures sur l’infrastructure iranienne. »

Gilead a refusé de commenter le sujet.

Ces dernières semaines, des pirates informatiques liés à l’Iran, et d’autres groupes, ont tenté de s’infiltrer dans les réseaux de l’Organisation mondiale de la Santé, a rapporté Reuters. Cette semaine, les Etats-Unis et le Royaume-Uni ont déclaré que les pirates, soutenus par des Etats, ciblaient des entreprises pharmaceutiques et de recherche qui développent des traitements contre le coronavirus, sans citer les cibles.

Le 1er mai, le médicament antiviral de Gilead, le Remdesivir, a reçu l’autorisation en urgence de la Food and Drug Administration (FDA), l’agence américaine du médicament, pour traiter le COVID-19.

Des bouchons en caoutchouc sont placés sur des fioles remplies du médicament expérimental Remdesivir au site de production de Gilead aux Etats-Unis, en mars 2020. (Gilead Sciences via AP)

Dans un communiqué, la FDA a indiqué que le médicament en intraveineuse de Gilead pourrait être spécifiquement indiqué pour des patients hospitalisés avec des « formes graves », notamment ceux qui souffrent de difficultés respiratoires nécessitant des respirateurs.

La FDA a donné son accord après que les résultats préliminaires d’une étude financée par le gouvernement ont montré que le médicament réduisait le temps de guérison de 31%, soit environ 4 jours en moyenne, pour des patients du COVID-19 hospitalisés.

Le Dr Anthony Fauci, du National Institutes of Health, a déclaré que le médicament allait devenir une nouvelle référence de traitement pour les patients gravement atteints par le COVID-19. Le médicament, qui bloque une enzyme que le virus utilise pour copier son matériel génétique, n’a pas encore été testé sur les patients atteints de symptômes légers.

Israël a un lien fort avec Gilead, basé en Californie, ce qui place l’Etat juif en bonne position pour s’assurer un approvisionnement en Remdevisir, a déclaré lundi un responsable du ministère de la Santé au Times of Israël.

Des hôpitaux israéliens participent actuellement à deux essais du Remdesivir. Un essai est mené par l’entreprise et l’autre par l’OMS.

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