Veto américain à une déclaration du Conseil de sécurité sur le Hezbollah
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Veto américain à une déclaration du Conseil de sécurité sur le Hezbollah

Washington a rejeté le texte qui ne condamne pas le Hezbollah et qui, selon des diplomates américains, place Israël et le groupe terroriste sur un pied d'égalité

Les forces de maintien de la paix espagnoles de l'ONU patrouillant sur la frontière israélo-libanaise passent devant un drapeau du Hezbollah, dans le village de Kfar Kila, dans le sud du Liban, le 2 septembre 2019 (Crédit :  AP Photo/Hussein Malla)
Les forces de maintien de la paix espagnoles de l'ONU patrouillant sur la frontière israélo-libanaise passent devant un drapeau du Hezbollah, dans le village de Kfar Kila, dans le sud du Liban, le 2 septembre 2019 (Crédit : AP Photo/Hussein Malla)

Les Etats-Unis ont bloqué jeudi une déclaration du Conseil de sécurité des Nations unies consacrée aux tensions entre l’Etat juif et le Hezbollah et qui échouerait à distinguer les violences commises par le groupe terroriste libanais. Le texte va être abandonné, selon des sources diplomatiques.

Dans la première version de ce texte en six points, qui a été consulté par l’AFP, les membres du Conseil expriment « la profonde préoccupation » du Conseil face aux violations de la Ligne bleue qui sépare le Liban d’Israël, sans nommer le groupe terroriste libanais.

« Les membres du Conseil de sécurité condamnent toutes les violations de la Ligne bleue, à la fois par les airs et au sol, et appellent fermement toutes les parties à respecter la cessation des hostilités », indiquait aussi le projet de déclaration rédigé par la France.

Selon des diplomates, les Etats-Unis ont bloqué le texte à deux reprises. Washington a d’abord réclamé que le Hezbollah soit nommément condamné dans le texte, avant de réclamer le gommage de toute mise en cause d’Israël, même implicitement.

Vidéo de la chaîne de télévision Al-Manar du Hezbollah montrant une attaque de missile contre un véhicule militaire israélien près de la frontière nord le 1er septembre 2019, diffusée le 2 septembre. (Twitter, capture d’écran)

Les Etats-Unis ont précisé qu’il leur était impossible d’apporter leur soutien à un document mettant sur un pied d’égalité le droit d’Israël à l’auto-détermination et le Hezbollah, qu’ils considèrent comme une organisation terroriste, a expliqué un diplomate.

Plusieurs autres membres du Conseil se sont opposés au positionnement américain et le texte a été finalement abandonné.

Toutes les déclarations du Conseil doivent être soutenues par l’ensemble de ses 15 membres.

Israël et le Hezbollah, qui se sont opposés durant un conflit qui a duré un mois en 2006, ont indiqué ne pas vouloir d’une guerre mais semblent aller droit à la collision, ces derniers jours, après que le Hezbollah a juré de se venger contre deux frappes israéliennes menées contre le groupe terroriste soutenu par l’Iran – une attaque en Syrie qui a été revendiquée par Israël et une autre, à Beyrouth, dont le groupe attribue la responsabilité à l’Etat juif.

Un incendie a éclaté près de la ville d’Avivim, au nord d’Israël, dans un champ le long de la frontière avec Israël, du côté libanais, à la suite d’un échange de tirs, le 1er septembre 2019. (ALAA MAREY / AFP)

Le Hezbollah a indiqué avoir tiré des missiles antichars vers Israël, dimanche, et détruit des véhicules militaires israéliens de l’autre côté de la frontière. Selon Tsahal, aucun soldat n’a été blessé par les deux ou trois missiles tirés par le Hezbollah qui ont légèrement endommagé une jeep et une base de l’armée israélienne.

Les militaires israéliens ont riposté en envoyant approximativement 100 obus d’artillerie et bombes sur des positions du Hezbollah, dans le sud du Liban.

Des photos et des vidéos montrant des soldats blessés en cours d’évacuation avaient été une ruse visant à tromper le Hezbollah en lui laissant penser qu’il y avait eu des victimes, a noté l’armée.

Le groupe mandataire iranien a indiqué que l’attaque venait en riposte aux frappes aériennes israéliennes en Syrie qui, le mois dernier, avaient entraîné la mort de plusieurs agents et notamment de deux de ses membres.

Des soldats de la FINUL et des officiers israéliens sur le site d’une attaque au missile du Hezbollah contre un poste israélien, dans le nord de l’Etat juif, le 4 septembre 2019 (Crédit : Armée israélienne)

Jeudi, les forces de maintien de la paix ont visité le site de l’attaque et ils ont qualifié cette dernière de « violation de la résolution 1701 du Conseil de sécurité de l’ONU… par le Hezbollah ».

La Résolution 1701 appelle tous les groupes armés, à l’exception des militaires libanais, à quitter le sud du Liban dans la région du fleuve Litani, dans le sud du pays.

Israël a clamé de manière répétée que le Hezbollah, qui est occasionnellement aidé par l’armée libanaise, maintient une présence active dans le sud du Liban constituée de combattants et d’armes et ce malgré cette interdiction.

La FINUL, qui est chargée de garantir la mise en oeuvre de la Résolution 1701, a indiqué que les limites de son mandat l’empêchaient d’être en capacité de pleinement enquêter sur les accusations israéliennes – en raison principalement de l’interdiction faite de pénétrer dans des zones privées.

Judah Ari Gross a contribué à cet article.

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