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Violences contre des Palestiniens: Nachman Shai veut fermer un bataillon religieux

Le ministre, porte-parole de l'année dans les années 1980, a appelé à fermer le bataillon Netzah Yehuda après des accusations de violences lancées contre les soldats en Cisjordanie

Emanuel Fabian est le correspondant militaire du Times of Israël.

Photo d'illustration : les soldats du bataillon Netzah Yehuda sur une base militaire, dans le nord de la vallée du Jourdain. (Crédit : Yaakov Naumi/Flash90)
Photo d'illustration : les soldats du bataillon Netzah Yehuda sur une base militaire, dans le nord de la vallée du Jourdain. (Crédit : Yaakov Naumi/Flash90)

Le ministre israélien des Affaires de la diaspora a demandé mercredi la fermeture du bataillon Netzah Yehuda après des images qui ont montré plusieurs soldats de l’unité frappant des détenus palestiniens. Ce n’est pas la première fois que des militaires du bataillon se trouvent impliqués dans ce type de violences.

« Le bataillon Netzah Yehuda doit être démantelé », a estimé le Travailliste Nachman Shai, qui avait été porte-parole de Tsahal dans les années 1980 et notamment pendant la guerre du Golfe.

Ce post bref qui a été publié sur Twitter est apparu peu après l’annonce, par l’armée, que quatre soldats qui avaient été filmés en train de frapper deux prisonniers palestiniens en Cisjordanie, la semaine dernière, avaient été suspendus.

Sur la vidéo diffusée sur le réseau TikTok en date du 15 août, trois soldats apparaissent en train de donner des coups de pieds répétés à deux hommes palestiniens près de Ramallah, sous le regard impassible d’un quatrième militaire.

Le chef d’État-major Aviv Kohavi a émis une condamnation des soldats, disant que l’agression était « un incident grave » et « répugnant » qui « va à l’encontre des valeurs de Tsahal ».

« Les militaires impliqués dans cet incident ne méritent pas leur poste. L’incident fera l’objet d’un examen minutieux de la part des commandants de Tsahal et d’une enquête de la police militaire », a ajouté Kohavi.

Le ministre des Affaires de la diaspora Nachman Shai assiste au Lobby du peuple juif, à la Knesset, à Jérusalem, le 15 novembre 2021. (Crédit: Yonatan Sindel/Flash90)

Dans une publication ultérieure, Shai s’est demandé pourquoi Kohavi n’était pas immédiatement passé à l’acte contre les troupes. « Si le chef d’État-major pense que les soldats de Netzah [Yehuda] ne méritent pas de servir dans l’armée, il peut les renvoyer en l’espace d’une seconde », a-t-il estimé.

« Il n’est pas aux Nations unies, il est le chef d’État-major, le commandant de l’armée », a-t-il ajouté.

Des soldats israéliens du bataillon religieux ‘Netzah Yehuda’ frappent deux détenus palestiniens en Cisjordanie sur une vidéo postée sur TikTok, le 15 août 2022. (Capture d’écran : TikTok)

Selon la chaîne Kan, les soldats ont expliqué aux enquêteurs qu’un Palestinien avait tenté de leur voler une arme alors qu’il se trouvait au volant d’une voiture qu’il avait projetée dans leur direction. Une explication qui n’aurait pas convaincu les policiers militaires, a précisé le reportage.

Le bataillon avait été créé pour que les soldats ultra-orthodoxes et religieux puissent faire leur service militaire sans compromettre leur foi. Les militaires du bataillon n’ont pas autant de relation avec les soldates que les autres recrues, et ils bénéficient d’un temps consacré à la prière et à l’étude religieuse.

Les soldats du bataillon religieux Netzah Yehuda, au sein de la Brigade d’infanterie Kfir, qui est déployée en Cisjordanie, ont été au centre de plusieurs controverses liées à l’extrémisme de droite et aux violences contre les Palestiniens.

Des hommes appartenant au bataillon ont été condamnés, dans le passé, pour avoir torturé et violenté des détenus palestiniens.

Photo d’illustration : L’un des cinq soldats du bataillon Netzah Yehuda condamnés pour avoir agressés deux détenus palestiniens arrive à une audience devant la Cour militaire de Jaffa, le 10 janvier 2019. (Crédit : Flash90)

Au début de l’année, plusieurs officiers du bataillon Netzah Yehuda ont été démis de leurs fonctions après la découverte du corps sans vie d’un ressortissant américano-palestinien qui avait été arrêté. Les soldats avaient bâillonné Omar Asad, 78 ans, attaché ses mains et l’avaient mis dans la cour d’un bâtiment voisin abandonné en pleine nuit au mois de janvier, l’abandonnant sans vérifier son état.

Des analystes israéliens et des journalistes avaient appelé au démantèlement du bataillon après la mort d’Asad.

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