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Volker Türk veut déployer « son équipe » pour enquêter sur les crimes sexuels du Hamas

"Il faut examiner précisément s'il s'agit d'un acte prémédité, généralisé et systématique". "Je ne suis pas en état de le confirmer", a dit le Haut-Commissaire de l'ONU aux droits de l'homme

Le Haut Commissaire des Nations Unies aux droits de l'homme, Volker Turk, s'exprime lors d'une conférence de presse au Caire, le 8 novembre 2023. (Crédit : Khaled DESOUKI / AFP)
Le Haut Commissaire des Nations Unies aux droits de l'homme, Volker Turk, s'exprime lors d'une conférence de presse au Caire, le 8 novembre 2023. (Crédit : Khaled DESOUKI / AFP)

Le Haut-Commissaire de l’ONU aux droits de l’homme, Volker Türk, a fait état d’ « accusations très graves » de violences sexuelles commises par les terroristes palestiniens du Hamas lors de l’attaque barbare du 7 octobre, et demandé à Israël de permettre à ses services d’enquêter.

« Il y a des accusations très, très graves et il faut enquêter dessus, il faut documenter correctement » les faits, a-t-il déclaré mercredi lors d’une conférence de presse à Genève.

« Nous prenons ces accusations très au sérieux », a-t-il affirmé, mais « il faut examiner précisément s’il s’agit d’un acte prémédité, généralisé et systématique ». « Je ne suis pas en état de le confirmer », a-t-il aussi avancé.

Il a souligné que depuis des semaines, il avait « demandé aux autorités israéliennes (…) de déployer une équipe, mon équipe, pour surveiller, documenter, enquêter sur les questions relatives aux horribles attaques contre les Israéliens ». « J’ai réitéré cet appel et j’espère qu’il sera entendu, mais jusqu’à présent, je n’ai reçu aucune réponse ».

Bien qu’il soit plus facile d’enquêter sur le terrain, M. Türk a promis qu’il allait néanmoins trouver « d’autres moyens de parler à toute personne avec qui nous devons le faire ».

« Les formes atroces de violence sexuelle doivent faire l’objet d’enquêtes approfondies et nous devons veiller à ce que justice soit rendue. C’est ce que nous devons aux victimes », a encore relevé le Haut-Commissaire de l’ONU aux droits de l’homme.

Les déclarations de M. Türk s’inscrivent dans un contexte de critiques croissantes à l’encontre de l’ONU pour son absence de réaction face aux viols et autres violences sexuelles commis lors de l’attaque sans précédent du mouvement islamiste palestinien en Israël, le 7 octobre.

Avant même le début des examens médico-légaux, une abondance d’images témoignait de la nature effroyable des attaques, avec des photos partagées en ligne et des séquences diffusées en direct par les islamistes du Hamas et des civils de Gaza le jour où ils massacraient 1 200 personnes, pour la plupart des civils. Ils ont également pris en otage plus de 240 personnes dont plus de 130 sont toujours à Gaza.

Le Hamas a qualifié de « mensonges infondés » les accusations de viols et de violences sexuelles lors des attaques du 7 octobre.

De son côté, la police israélienne a relevé des preuves de violences sexuelles, notamment des présomptions de viols collectifs et de mutilations post-mortem. La semaine dernière, un responsable de la police a déclaré avoir recueilli jusqu’à présent « plus de 1 500 témoignages choquants et durs ».

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, qui a accusé à plusieurs reprises le groupe musulman palestinien de tels actes, a déclaré mardi que lors d’une rencontre avec des otages libérés par le Hamas, il avait entendu parler « de cas d’agressions sexuelles et de viols cruels ».

La colère suscitée par ces actes présumés n’a cessé de croître, et le président américain Joe Biden a appelé cette semaine les gouvernements et les organisations internationales à « condamner fermement et sans équivoque les violences sexuelles commises par les terroristes du Hamas » face à leur silence.

Des militants ont déploré que les réactions de l’ONU ne prenaient pas la mesure des faits, et accusé la communauté mondiale des droits humains de trahison.

Les Nations unies ont commencé à exprimer des positions deux mois après les faits, notamment via des déclarations du secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, et de l’agence ONU Femmes, très critiquée pour son inertie.

Le 6 décembre, soit un peu moins de 8 semaines après les faits, Catherine Russell, directrice de l’agence des Nations unies pour l’enfance (Unicef), a qualifié sur X d’ « horribles » les récits de violences sexuelles du 7 octobre.

« Les survivantes doivent être entendues, soutenues et soignées. Les allégations doivent faire l’objet d’une enquête approfondie. Nous condamnons la violence fondée sur le genre et toutes les formes de violence à l’encontre des femmes et des filles », a-t-elle ajouté sans mentionner le Hamas.

Cette réaction a été tardive et insuffisante, a expliqué le porte-parole du ministère des Affaires étrangères israélien, Lior Haiat, regrettant qu’il « ait fallu près de deux mois à l’Unicef pour parler des victimes israéliennes (…) après une campagne internationale et des pressions », dans un message à l’AFP.

Il a également déploré que Catherine Russell ne mentionne pas le Hamas dans son message sur X : « C’est une autre façon de fermer les yeux sur les atrocités commises par le Hamas ». « En ne mentionnant pas le Hamas, elle légitime ses activités », a-t-il ajouté.

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