Yémen : 8 civils tués, la coalition menée par Ryad dit arrêter ses raids
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Yémen : 8 civils tués, la coalition menée par Ryad dit arrêter ses raids

Le porte-parole de la coalition dirigée par l'Arabie saoudite, Turki al-Maliki, a annoncé "préparer un environnement politique propice pour un processus de paix"

Le porte-parole de la coalition militaire dirigée par le Saoudien, le colonel Turki al-Maliki, lors d'une conférence de presse à Ryad, le 16 septembre 2019 (Crédit :  Fayez Nureldine / AFP)
Le porte-parole de la coalition militaire dirigée par le Saoudien, le colonel Turki al-Maliki, lors d'une conférence de presse à Ryad, le 16 septembre 2019 (Crédit : Fayez Nureldine / AFP)

Huit civils ont été tués et 27 autres blessés lors de frappes imputées aux rebelles Houthis, a indiqué jeudi soir l’agence étatique Saba, peu après que la coalition militaire menée par Ryad a annoncé l’arrêt de ses raids au Yémen.

Selon Saba, contrôlée par le gouvernement yéménite, les civils ont été tués lors de tirs des rebelles dans la ville de Marib, dernier bastion des forces gouvernementales dans le nord du Yémen.

Plus tôt dans la journée, le porte-parole de la coalition dirigée par l’Arabie saoudite, Turki al-Maliki, a annoncé que celle-ci mettait fin à ses opérations militaires dans le pays en guerre.

Il s’agit de « préparer un environnement politique propice pour un processus de paix », a-t-il affirmé à la télévision publique saoudienne.

Un membre de la tribu yéménite armée du Comité de la Résistance Populaire soutenant les forces fidèles au président fugitif Abedrabbo Mansour Hadi qui regarde à travers des jumelles dans la région de Jaadan, à Marib, la province est de la capitale, Sanaa, le 9 mai 2015. (Crédit : AFP / STR)

Cette annonce survient sur fond d’efforts diplomatiques redoublés pour trouver une solution au conflit dévastateur au Yémen qui oppose les forces loyales au pouvoir – appuyé par Ryad – et les rebelles – soutenus par l’Iran – qui contrôlent la majeure partie du nord du pays, dont la capitale Sanaa.

Des correspondants de l’AFP à Sanaa ont cependant entendu de fortes explosions et vu des nuages de fumée s’élever dans le ciel.

Des informations faisaient aussi état d’attaques menées par la coalition jeudi contre des véhicules blindés de Houthis près de la capitale.

Mais, selon M. Maliki, « aucune opération militaire n’a été menée dans les environs de Sanaa ou dans toute autre ville yéménite dans cette période récente ».

Le ministre omanais des Affaires étrangères Badr Albusaidi est arrivé mercredi à Ryad pour y rencontrer des responsables saoudiens.

Plus tôt en juin, des responsables omanais, dont le pays joue régulièrement le rôle de médiateur dans les conflits régionaux, étaient venus à Sanaa pour tenter de convaincre les rebelles d’accepter un cessez-le-feu, selon des sources au sein des insurgés.

Autre signe allant dans le sens d’une désescalade, les Houthis ont commencé à faire réparer des routes près de l’aéroport de Sanaa, ont indiqué des sources locales à l’AFP, indiquant qu’il pourrait bientôt être rouvert.

La coalition dirigée par Ryad contrôle l’espace aérien du Yémen depuis qu’elle a lancé son opération militaire dans le pays en 2015 pour aider le gouvernement à lutter contre les Houthis.

Les rebelles font de la réouverture de tout l’espace aérien une condition préalable à tout cessez-le-feu.

Le conflit, déclenché en 2014 par la prise de Sanaa par les Houthis, a fait des dizaines de milliers de morts selon des organisations humanitaires, et des millions de déplacés.

Plus des deux tiers des 30 millions d’habitants, confrontés à des risques accrus d’épidémies et de famine, dépendent de l’aide internationale. C’est, selon l’ONU, actuellement la pire crise humanitaire au monde.

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