La mission diplomatique israélienne la plus importante de ces deux prochaines semaines est d’empêcher une nouvelle résolution du Conseil de Sécurité des Nations unies sur le conflit israélo-palestinien, a déclaré mardi le Premier ministre Benjamin Netanyahu.

Lors de la réunion annuelle des ambassadeurs et diplomates israéliens en poste en Europe au ministère des Affaires étrangères de Jérusalem, Netanyahu a déclaré qu’il était probable que les conclusions du sommet de paix international prévu le 15 janvier à Paris deviennent le fruit d’une résolution supplémentaire.

« La conférence de Paris est stérile, mais il y a des signes que l’on va tenter à cette occasion d’utiliser les décisions qui y seront prises pour faire voter une nouvelle résolution de l’ONU, et ceci n’est pas stérile », a affirmé Netanyahu, qui est également ministre des Affaires étrangères.

Il existe plus que quelques signes de cette intention, a ajouté Netanyahu sans donner plus de précisions.

« C’est pourquoi le principal effort politique que nous déployons en ce moment est d’éviter le vote d’une nouvelle résolution », a-t-il déclaré.

Netanyahu a poursuivi, déclarant que Jérusalem devait aussi travailler à empêcher une autre décision ou résolution du Quartet pour le Moyen Orient, composé des Nations unies, des Etats-Unis, de l’Union européenne et de la Russie.

Ban Ki-moon, alors secrétaire général de l'ONU, avec les membres du Quartet pour le Moyen Orient (de gauche à droite : Catherine Ashton pour l'Union européenne, John Kerry pour les Etats-Unis, Sergey Lavrov pour la Russie, et Tony Blair, envoyé spécial du Quartet, le 27 septembre 2013. (Crédit : Eskinder Debebe/Nations unies)

Ban Ki-moon, alors secrétaire général de l’ONU, avec les membres du Quartet pour le Moyen Orient (de gauche à droite : Catherine Ashton pour l’Union européenne, John Kerry pour les Etats-Unis, Sergey Lavrov pour la Russie, et Tony Blair, envoyé spécial du Quartet, le 27 septembre 2013. (Crédit : Eskinder Debebe/Nations unies)

En juillet 2016, le Quartet avait publié un rapport qui critiquait l’expansion des implantations israéliennes et les incitations palestiniennes à la violence. Les représentants du groupe n’ont annoncé aucun projet de publication de nouveaux documents.

Israël accomplit de « grands efforts diplomatiques » pour empêcher une résolution supplémentaire du Conseil de sécurité ou du Quartet, a déclaré Netanyahu. Il a demandé aux ambassadeurs israéliens d’en faire leur priorité dans les prochains jours.

« Cela ne prendra pas beaucoup de temps, mais cela va nous occuper ces deux prochaines semaines, et cela doit marcher, a-t-il déclaré. Cela relève de la plus haute importance. »

Après avoir terminé son bref discours, il a continué à discuter avec les diplomates israéliens à huis clos.

Le 23 décembre, le Conseil de sécurité a voté la résolution 2334, qui affirme que les implantations israéliennes situées au-delà des lignes de 1967 n’ont « aucun fondement en droit » et constituent « une violation flagrante du droit international ». Quatorze des quinze membres du Conseil se sont prononcés en faveur du texte. Les Etats-Unis se sont abstenus, ce qui a permis le passage de la motion.

Le secrétaire d'Etat américain John Kerry expose sa vision de la paix entre Israéliens et Palestiniens, au département d'Etat de Washington, D.C., le 28 décembre 2016. (Crédit : Paul J. Richards/AFP)

Le secrétaire d’Etat américain John Kerry expose sa vision de la paix entre Israéliens et Palestiniens, au département d’Etat de Washington, D.C., le 28 décembre 2016. (Crédit : Paul J. Richards/AFP)

John Kerry, le secrétaire d’Etat américain, a depuis prononcé un long discours dans lequel il a à nouveau critiqué les implantations, et exposé sa vision de ce que devrait être un futur accord de paix israélo-palestinien.

Il a cependant déclaré qu’un accord « ne pouvait être conclu que par des négociations directes entre les parties », et que l’administration sortante ne comptait pas leur imposer une solution.

« Il y a d’autres pays aux Nations unies qui pensent qu’il est de notre devoir de dicter les termes d’une solution au Conseil de sécurité. D’autres souhaitent simplement que nous reconnaissions un état palestinien, faute d’accord, a-t-il déclaré. Mais je veux être clair aujourd’hui : ce ne sont pas les choix que nous ferons. »

Netanyahu, dans sa cinglante réponse au discours du 28 décembre de Kerry, a déclaré qu’il n’était pas rassuré par la promesse de Kerry, à savoir de ne pas demander d’autres actions des Nations unies contre Israël.

Les six « principes » que le secrétaire d’Etat a exposés, incluant entre autres des négociations sur la base des lignes de 1967 et Jérusalem comme capitale des deux états, pourraient être adoptés par la conférence de paix internationale de Paris, puis la France ou la Suède pourrait proposer une résolution basée sur ces principes au Conseil de sécurité, a-t-il déclaré.

Comme l’a montré l’abstention des Etats-Unis au vote de la résolution 2334, il est difficile de faire confiance à l’administration actuelle pour protéger Israël aux Nations unies, a ajouté Netanyahu. « Et les Etats-Unis pourraient dire, eh bien, nous ne pouvons pas voter contre notre propre politique, nous venons de l’exprimer. »

D’autres responsables américains, dont des membres importants de l’équipe de sécurité nationale de la Maison Blanche, ont depuis promis d’apposer le veto des Etats-Unis à toute autre résolution sur Israël du Conseil de sécurité, y compris s’il s’agissait d’une résolution basée sur les recommandations de Kerry.

L’AFP a contribué à cet article.