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13 pays d’Europe à Israël: mettez fin à votre projet de construction en Cisjordanie

Un jour après la réprimande des Etats-Unis, le Royaume-Uni, la France et l'Allemagne font partie des pays qui demandent à Israël d'abandonner "immédiatement" son projet

Une photo prise le 19 novembre 2019 montre un chantier de construction de nouveaux logements dans l'implantation israélienne d'Elazar, près de la ville palestinienne de Bethléem au sud de Jérusalem, en Cisjordanie. (MENAHEM KAHANA / AFP)
Une photo prise le 19 novembre 2019 montre un chantier de construction de nouveaux logements dans l'implantation israélienne d'Elazar, près de la ville palestinienne de Bethléem au sud de Jérusalem, en Cisjordanie. (MENAHEM KAHANA / AFP)

Jeudi, un groupe de 12 pays a collectivement exhorté Israël à abandonner ses projets de construction de plus de 3 000 logements pour résidents d’implantation en Cisjordanie. Le Royaume-Uni a publié séparément une déclaration similaire exhortant Israël à annuler les plans de construction dans des implantations.

Un jour après que les États-Unis ont critiqué le plan, la France, l’Allemagne, la Belgique, le Danemark, l’Espagne, la Finlande, l’Irlande, l’Italie, la Norvège, les Pays-Bas, la Pologne et la Suède ont indiqué dans une déclaration commune qu’Israël devrait annuler sa décision de construire dans les implantations.

« Nous demandons instamment au gouvernement d’Israël de revenir sur sa décision d’avancer les plans de construction d’environ 3 000 unités d’implantation en Cisjordanie », ont déclaré les ministères des Affaires étrangères des 12 pays.

« Nous réitérons notre ferme opposition à sa politique d’expansion des colonies dans les territoires palestiniens occupés, qui viole le droit international et sape les efforts en faveur de la solution à deux États », ont-ils ajouté.

Dans sa propre déclaration, le Royaume-Uni a déclaré que les implantations « sont illégales au regard du droit international et constituent un obstacle à la paix et à la stabilité ». Il a exhorté Jérusalem à revenir sur sa décision.

Mercredi, Israël a fait de nouveaux pas vers la construction de maisons de résidents d’implantation en Cisjordanie, une décision également condamnée par les Palestiniens.

Le haut comité de planification de l’administration civile a donné son approbation finale à 1 800 maisons et son approbation initiale à 1 344 autres, selon un porte-parole de l’organisme militaire qui supervise les questions civiles dans les territoires palestiniens.

Des travaux routiers élargissent une route menant à des implantations israéliennes à l’intérieur de la Cisjordanie, près de la ville de Bethléem, le 7 mars 2019. (Crédit : AP Photo/Majdi Mohammed, Dossier)

Ces approbations sont intervenues un jour après que Washington a critiqué Israël pour sa politique de construction dans les implantations, l’administration du président américain Joe Biden ayant déclaré qu’elle s’opposait « fermement » à toute nouvelle construction immobilière en Cisjordanie.

Mardi, le département d’État américain s’est dit « profondément préoccupé » par les plans d’Israël visant à faire avancer la construction de nouvelles implantations, dont un grand nombre au cœur de la Cisjordanie.

« Nous nous opposons fermement à l’expansion des implantations, qui est totalement incompatible avec les efforts visant à faire baisser les tensions et à assurer le calme et qui nuit aux perspectives d’une solution à deux États », a déclaré le porte-parole du département d’État, Ned Price, aux journalistes à Washington.

La semaine dernière, après que le sous-comité de la haute planification a publié l’ordre du jour de sa prochaine session, le chargé d’affaires de l’ambassade des États-Unis à Jérusalem, Michael Ratney, a appelé le principal conseiller en politique étrangère du Premier ministre Naftali Bennett, Shimrit Meir, pour exprimer son opposition, a confirmé un responsable israélien au Times of Israel mardi.

Les deux hommes ont eu une conversation « difficile », a rapporté le site d’information Axios, – Ratney s’insurgeant notamment contre le fait que de nombreux projets sont situés en Cisjordanie, ce qui complique encore les efforts des États-Unis pour promouvoir une solution à deux États.

Le responsable israélien a déclaré au Times of Israel que les deux parties ont effectivement des désaccords sur la question des implantations, mais ils ont contesté la description de l’appel par Axios.

Le Premier ministre Naftali Bennett (à droite) rencontre le chargé d’affaires de l’ambassade des États-Unis à Jérusalem, Michael Ratney, au bureau du Premier ministre, le 30 juin 2021. (Crédit : Amos Ben-Gershom/GPO)

Plusieurs pays ont également critiqué la désignation par Israël de six grands groupes de la société civile palestinienne comme organisations terroristes illégales.

Israël a déclaré que sa décision de la semaine dernière était due à leur financement présumé du Front populaire de libération de la Palestine (FPLP).

Il a accusé les six groupes de travailler secrètement avec le groupe terroriste, qui a été le premier à détourner des avions dans les années 1970 pour mettre en avant la cause palestinienne et qui figure sur la liste noire de plusieurs gouvernements occidentaux.

Toutefois, Israël n’a pas encore fourni de preuves publiques de ces affirmations.

« Nous sommes très préoccupés par la décision israélienne », a déclaré mercredi à la presse une porte-parole du ministère allemand des Affaires Etrangères, affirmant que l’inscription des groupes sur une liste de terroristes aurait « de vastes implications politiques, juridiques et financières » pour eux.

Un jour plus tôt, la France avait exprimé sa « préoccupation » face à cette décision. « La France réitère son attachement au rôle essentiel que joue la société civile dans la vie démocratique », a déclaré un porte-parole du ministère français des Affaires étrangères dans un communiqué. « Nous demandons des clarifications aux autorités israéliennes ».

Les États-Unis ont également exprimé leur inquiétude et ont déclaré vouloir obtenir davantage d’informations de la part d’Israël.

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