26 Juifs vénézuéliens fuient le chaos et immigrent en Israël
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26 Juifs vénézuéliens fuient le chaos et immigrent en Israël

Les produits et les services de base sont difficiles à trouver avec la crise économique qui traverse le pays et des affrontements quotidiens entre la police et la jeunesse

Les militants anti-gouvernementistes font glisser une moto de police brûlée après l'explosion d'un engin explosif lors d'une manifestation contre les élections d'une assemblée constituante à Caracas le 30 juillet 2017. (Crédit : AFP / Ronaldo SCHEMIDT)
Les militants anti-gouvernementistes font glisser une moto de police brûlée après l'explosion d'un engin explosif lors d'une manifestation contre les élections d'une assemblée constituante à Caracas le 30 juillet 2017. (Crédit : AFP / Ronaldo SCHEMIDT)

RIO DE JANEIRO — Vingt-six Juifs du Vénézuela ont immigré en Israël cette semaine, fuyant les tensions politiques, sociales et économiques du pays d’Amérique du Sud.

Après plusieurs années de mécontentement avec le gouvernement d’extrême-gauche du président Nicolas Maduro, et son prédécesseur et parrain politique décédé Hugo Chavez, le Venezuela a été secoué par des manifestations contre le gouvernement de Maduro qui ont débuté en avril dernier.

« La situation est très dure, a déclaré Michal Levy, âgée de 35 ans, au Jerusalem Post à son arrivée en Israël mercredi avec ses trois enfants.

C’est difficile d’obtenir les produits basiques comme le pain et la farine, a déclaré Levy ajoutant qu’elle avait peur de quitter sa maison à cause des émeutes et des enlèvements.

Les produits et les services de base sont difficiles à trouver à cause des tensions dans le pays alors que la stabilité sociale s’est désintégrée avec les affrontements devenus presque quotidiens entre la police et la jeunesse dans les rues.

En mai, le président Maduro a fait un parallèle entre le harcèlement des officiels du gouvernement de son pays et leurs familles vivant à l’étranger et le traitement des Juifs sous les Nazis. Il a également déclaré que les manifestations de l’opposition à Caracas rappelaient les manifestations pendant la montée du nazisme et du fascisme dans l’Europe d’avant la Seconde Guerre mondiale.

« Nous sommes les nouveaux Juifs du 21e siècle qu’Hitler a pourchassés, a déclaré Maduro. Nous ne portons pas l’Etoile jaune de David, nous portons des cœurs rouges qui sont remplis du désir de combattre pour la dignité de l’humanité. Et nous allons les vaincre, ces nazis du 21e siècle ».

En mars, le ministre des Affaires étrangères du Vénézuela, Delcy Rodriguez, a exprimé au rabbin en chef de son pays, Isaac Cohen, « le désir d’établir des relations complètes avec l’Etat d’Israël » huit ans après que la nation d’Amérique du Sud a expulsé l’ambassadeur israélien.

Un mois plus tôt, Maduro a accueilli Cohen et les membres d’organisations juives du pays, la Confederacion de Asociaciones Israelitas de Venezuela, au palais gouvernemental pour renforcer la coopération.

« Un bon jour de dialogue pour la paix. Renforçant le co-existence et le dialogue des civilisations, des religions pour consolider notre nation », a ensuite tweeté Maduro.

Une semaine avant cela, les Etats-Unis avaient interdit au vice-président du Vénézuela, Tareck El Aissami, d’entrer aux Etats-Unis, l’accusant de jouer un rôle majeur dans le trafic de drogue international. El Aissami a également été accusé d’antisémitisme, d’entretenir des liens avec l’Iran et le groupe terroriste du Hezbollah.

Une rhétorique antisémite a souvent été utilisée par Chavez pour détourner les critiques sur la crise financière profonde qui traverse le pays et des accusations de corruption.

9 000 Juifs vivent au Vénézuela, alors qu’ils étaient 25 000 en 1999. De nombreux Juifs ont fui, principalement pour la Floride et Israël.

Le président vénézuélien Nicolas Maduro (au centre) entouré de sympathisants alors qu'il arrive au bureau de vote lors des élections législatives, à Caracas, le 6 décembre 2015 (Crédit : AFP PHOTO / LUIS ROBAYO / AFP / LUIS ROBAYO)
Le président vénézuélien Nicolas Maduro (au centre) entouré de sympathisants alors qu’il arrive au bureau de vote lors des élections législatives, à Caracas, le 6 décembre 2015 (Crédit : AFP PHOTO / LUIS ROBAYO / AFP / LUIS ROBAYO)

Le président vénézuélien Nicolas Maduro a souhaité lundi que l’Assemblée constituante élue la veille lève l’immunité des parlementaires de l’opposition pour qu’ils soient jugés.

« Cela suffit avec le sabotage de l’Assemblée nationale, il faut mettre de l’ordre (…). Il faudra lever l’immunité parlementaire de quiconque doit avoir son immunité levée », a-t-il lancé.

Le président n’a pas précisé les motifs qui seraient invoqués mais les députés de l’opposition sont régulièrement accusés de « coup d’Etat parlementaire » et d’avoir incité à la violence durant les manifestations qui secouent le pays depuis quatre mois et ont fait plus de 120 morts, dont 10 dimanche durant le scrutin, selon le Parquet.

M. Maduro a également menacé de « prendre le mandat » de Procureur général dont la titulaire actuelle Luisa Ortega, chaviste de longue date, a rompu avec le gouvernement pour en devenir un des principaux adversaires.

« Que doit faire (la Constituante) contre le Procureur général ? Le restructurer immédiatement, déclarer l’urgence et prendre le mandat pour faire justice », a-t-il dit.

Il a de nouveau proposé un « dialogue national » pour résoudre la grave crise politique dans laquelle est enlisée le pays, se disant prêt à affronter l’opposition aux élections des gouverneurs prévues le 10 décembre.

Selon lui, trois délégués ont maintenu jusqu’à récemment des pourparlers avec le président du Parlement contrôlé par l’opposition, Julio Borges.

M. Maduro s’est félicité de l’élection de la Constituante, après l’annonce d’un taux de participation au scrutin de 41,5 % soit plus de huit millions d’électeurs.

« C’est le plus grand vote de la révolution bolivarienne en 18 ans », a-t-il lancé sur la place Bolivar au centre de Caracas.

M. Maduro a également rejeté la condamnation par les Etats-Unis de l’élection d’une Assemblée constituante et la menace de nouvelles sanctions : « on s’en fiche de ce que dit Trump ! Ce qui nous importe c’est ce que dit le peuple du Venezuela ! ».

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