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6 500 rescapés de la Shoah et du siège de Léningrad éligibles à des indemnités

Les Juifs qui vivaient en Roumanie et en France sous l'Occupation sont aussi concernés ; "cela soulagera la pauvreté écrasante" de certains survivants, dit la Claims Conference

Des citoyens de Leningrad en train d'extraire de l'eau d'une canalisation brisée, pendant le siège de 900 jours de la ville russe par les envahisseurs allemands pendant l'hiver 1942. (Crédit : AP Photo, Archives)
Des citoyens de Leningrad en train d'extraire de l'eau d'une canalisation brisée, pendant le siège de 900 jours de la ville russe par les envahisseurs allemands pendant l'hiver 1942. (Crédit : AP Photo, Archives)

Près de 6 500 survivants de la Shoah qui ont vécu le siège de Leningrad, se sont cachés dans la France occupée par les nazis ou ont survécu aux persécutions en Roumanie sont désormais éligibles à des allocations de la part de l’Allemagne, a-t-il été annoncé mercredi.

La Conference on Jewish Material Claims Against Germany (Claims Conference), qui négocie les réparations, les restitutions et autres demandes d’indemnisation au nom des victimes de la Shoah, a déclaré dans un communiqué que les survivants recevront pour la première fois une allocation mensuelle d’une valeur de 443 dollars.

L’organisation a précisé que les paiements seraient versés aux victimes juives des nazis qui ont vécu pendant au moins trois mois pendant le siège de Leningrad ou qui ont vécu pendant au moins trois mois entre le 1er avril 1941 et le 31 août 1944 sous l’occupation en Roumanie.

Le troisième groupe éligible était celui des personnes ayant vécu au moins trois mois dans la clandestinité en France, y compris celles qui avaient accès au monde extérieur. L’organisation cite en exemple les Juifs du sud de la France qui pouvaient se déplacer pendant la journée mais se cachaient la nuit lorsque les déportations avaient lieu.

Ceux qui étaient enfants à l’époque – nés après 1928 et répondant aux critères – recevront un versement unique de 2 930 dollars.

Gideon Taylor, président de la Claims Conference, a déclaré dans le communiqué que les versements étaient de plus en plus cruciaux à mesure que les survivants vieillissent et contribuaient à leur donner un peu de dignité.

« Chaque année, ces négociations deviennent de plus en plus cruciales, car cette dernière génération de survivants vieillit et ses besoins augmentent. Nous sommes ravis d’être en mesure d’élargir les critères pour les survivants cette année encore, y compris les premières allocations pour près de 6 500 survivants », a déclaré Taylor. « Même 75 ans après la Shoah, ces paiements symboliques apportent une reconnaissance et restaurent une partie de la dignité enlevée aux survivants dans leur jeunesse. »

Gideon Taylor, directeur des opérations de l’Organisation juive mondiale pour la restitution. (Autorisation)

Greg Schneider, vice-président exécutif de la Claims Conference, a déclaré que de nombreux survivants avaient désespérément besoin de ces fonds.

« Ces aides sont des symboles profondément importants de la reconnaissance de la souffrance par l’Allemagne, et pour beaucoup de ces survivants, les fonds soulageront également la pauvreté écrasante, qui oblige les survivants à choisir entre la nourriture, les médicaments ou le loyer », a-t-il déclaré.

Une enquête menée au début de l’année a révélé que plus de la moitié des survivants de la Shoah vivant en Israël ont besoin d’aide alimentaire, et beaucoup disent qu’ils n’ont pas les moyens de payer des produits de première nécessité comme des lunettes ou des appareils auditifs.

La Claims Conference affirme que son travail a permis de verser environ 90 milliards de dollars de compensation et de restitution sous forme de paiements symboliques pour les souffrances et les pertes résultant de la persécution par les nazis.

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