Abbas : Nous voulons être amis avec l’Amérique, mais être traités avec équité
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Abbas : Nous voulons être amis avec l’Amérique, mais être traités avec équité

Le dirigeant de l'AP demande à Trump de "mettre en œuvre" la résolution du Conseil de sécurité de l'ONU qui a jugé les implantations illégales à la fin de la présidence Obama

Le Président de l'Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, lors d'un dîner de réveillon de Noël à Bethléem, le 24 décembre 2018. (Wafa)
Le Président de l'Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, lors d'un dîner de réveillon de Noël à Bethléem, le 24 décembre 2018. (Wafa)

Le président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, a déclaré lundi que les Palestiniens « voulaient l’amitié et de bonnes relations avec les États-Unis » mais que Washington « doit traiter avec nous de manière équitable ».

L’année écoulée a connu une détérioration des relations américano-palestiniennes après la reconnaissance par le président américain Donald Trump de Jérusalem comme capitale d’Israël en décembre 2017 et de sa décision de déplacer l’ambassade des États-Unis dans cette ville. Ramallah a réagi en coupant la plupart de ses liens avec l’administration américaine, qui a réagi en supprimant presque toute aide à l’AP.

« Au cours de l’année écoulée, le président Trump a pris des initiatives en violation totale du droit international quand il a reconnu Jérusalem unifiée comme capitale de l’État d’Israël… déplacé son ambassade à Jérusalem, puni les réfugiés en fermant les portes de l’UNRWA [le bureau d’aide palestinien des Nations unies] et légalisé sans détour la construction des implantations. Nous lui avons dit que nous ne pouvions pas accepter ce discours », a dit Abbas, d’après un résumé de Wafa des remarques faites lors d’un dîner à Bethléem la veille de Noël.

Le ministre jordanien de l’Intérieur, Samir Mubaidin, le Premier ministre de l’AP, Rami Hamdallah, le haut responsable du Fatah, Jabril Rajoub, le Patriarche latin de Jérusalem, Michel Sabbah, et d’autres dirigeants religieux et responsables palestiniens y ont assisté.

« Nous voulons que le président Trump annule tout ceci et applique le droit international », a déclaré Abbas. « Il y a au moins une résolution qui a été adoptée durant son mandat – il n’était pas encore à la Maison Blanche, mais c’était après son accession à la présidence – par le Conseil de sécurité portant le numéro 2334. Il refuse de l’appliquer alors même qu’elle a été adoptée sous sa présidence. C’est ce que nous attendons du président Trump. »

La résolution 2334 du Conseil de sécurité des Nations unies a été adoptée le 23 décembre 2017 et soutenue par 14 des 15 membres du Conseil, dont le Royaume-Uni. Les Etats-Unis se sont abstenus et n’ont pas utilisé leur droit de veto pour bloquer la résolution qui affirme que les implantations israéliennes violent le droit international, n’ont aucune validité juridique et exigent la fin de la construction d’implantations en Cisjordanie et à Jérusalem-Est. La résolution dénonce également le terrorisme et l’incitation à la violence.

Israël avait réagi avec une vive colère au vote de l’ONU, le Premier ministre Benjamin Netanyahu conduisant la réaction virulente, dont une grande partie était dirigée contre le gouvernement Obama qui, avait-il dit, collaborait avec les Palestiniens et avait aidé à rédiger la résolution, une affirmation que Washington avait démentie.

Le président américain Donald Trump, (à gauche), et le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas, au palais présidentiel de Bethléem, en Cisjordanie, le 23 mai 2017. (Crédit : Mandel Ngan/AFP)

M. Abbas a déclaré dans son discours de lundi qu’il souhaitait toujours de bonnes relations avec la nouvelle administration, en dépit de la rancœur qui s’est développée au cours de l’année écoulée.

« Nous ne sommes les ennemis de personne et nous ne sommes pas les ennemis de l’Amérique », a dit M. Abbas. « Nous voulons être amis avec l’Amérique et entretenir de bonnes relations avec elle. Cependant, elle doit traiter avec nous d’une manière équitable. Nous ne demandons rien de plus que cela. »

Lundi dernier, un responsable de la Maison Blanche a déclaré que l’administration Trump tenait compte des élections israéliennes du printemps pour planifier le dévoilement de son plan de paix israélo-palestinien tant attendu.

« L’élection prochaine en Israël le 9 avril est l’un des nombreux facteurs dont nous tenons compte pour évaluer le moment de la publication du plan de paix », a déclaré le responsable américain, quelques heures après que les dirigeants de la coalition israélienne annonçaient que les élections nationales seraient anticipées de sept mois.

La proposition de Trump devait être présentée au cours des prochains mois. Ce plan, dont les dispositions ont été peu détaillées, a peu de chances d’être bien accueilli par les deux parties. La chaîne d’information de la télévision israélienne Hadashot a laissé entendre lundi soir que les Etats-Unis retarderaient probablement la publication du plan jusqu’après les élections, afin de ne pas compliquer la vie politique de Netanyahu avant le scrutin avec une proposition qui supposerait des compromis israéliens, éventuellement sur Jérusalem.

En plus de l’incertitude politique croissante en Israël, la Maison Blanche doit également tenir compte de la manière dont le plan de paix sera accueilli par l’Autorité palestinienne, Abbas ayant juré de s’opposer à cet accord.

Le président américain Donald Trump serre la main du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu dans le bureau ovale de la Maison-Blanche, le 5 mars 2018 (AFP Photo / Mandel Ngan)

La semaine dernière, l’ambassadrice sortante des États-Unis auprès des Nations unies, Nikki Haley, a appelé les Israéliens et les Palestiniens à soutenir le plan de paix américain, déclarant qu’il était beaucoup plus « réfléchi » et créatif que tous ceux qui l’ont précédé.

Sans révéler les détails du plan, élaboré par le gendre de Trump et conseiller spécial Jared Kushner, Haley a dit qu’il était beaucoup plus étoffé que les propositions précédentes et comprenait des éléments qui auraient été auparavant « inenvisageables ».

« Il y a des choses dans le plan qui plairont à toutes les parties, et il y a des choses dans le plan que toutes les parties n’aimeront pas », a déclaré Mme Haley, qui sera remplacée par Heather Nauert, porte-parole du département d’État.

Haley a déclaré que si les pays se focalisaient uniquement sur les parties du plan qu’ils n’aiment pas, « nous reviendrions au statu quo raté des 50 dernières années, sans perspectives de changement ».

Mais elle a ajouté : « Je vous assure qu’il y a beaucoup de choses que les deux parties aimeront. »

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