Accord provisoire du gouvernement pour une reprise scolaire le 3 mai
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Accord provisoire du gouvernement pour une reprise scolaire le 3 mai

L'approbation finale du projet de reprise des cours pour les jeunes étudiants en groupes séparés dimanche dépend de la recherche sur les niveaux de contagion chez les enfants

Des élèves arrivent à l'école primaire Hadar de Kfar Yona, le 12 mars 2020. (Crédit : Chen Leopold/Flash90)
Des élèves arrivent à l'école primaire Hadar de Kfar Yona, le 12 mars 2020. (Crédit : Chen Leopold/Flash90)

Un panel de ministres du gouvernement s’est concentré sur la crise du coronavirus lundi et a approuvé un plan de réouverture progressive des écoles, certains enfants retournant en classe dès dimanche prochain.

Le bureau du Premier ministre Benjamin Netanyahu a déclaré qu’il confirmait lui aussi le projet, bien qu’il dépende du fait que les contaminations restent faibles et des résultats des recherches menées par le ministère de la Santé sur les taux de contamination des enfants.

M. Netanyahu « a ordonné au ministre de l’Education de se préparer à la réouverture progressive des établissements scolaires et des maternelles à partir de dimanche à la condition que le taux de mortalité ne montre pas une tendance à l’aggravation », ont indiqué ses services dans un communiqué.

Le gouvernement doit encore valider cette décision vendredi, avant le congé hebdomadaire du Shabbat.

Le plan prévoit de rouvrir les crèches, maternelles et classes de primaires en groupes restreints mais en excluant les secteurs dits « à risque », en référence à des quartiers et villes où vivent une majorité de juifs ultra-orthodoxes et considérés comme des foyers de l’épidémie en Israël.

Au début de la crise, nombre d’ultra-orthodoxes n’ont pas suivi les consignes de distanciation sociale et se sont opposés à la fermeture des synagogues par le gouvernement, qui a notamment dépêché l’armée dans la ville de Bnei Brak, en banlieue de Tel-Aviv, pour aider les autorités civiles.

Les jardins d’enfants et les élèves du CP au CE2 seront les premiers à retourner à l’école dans le cadre du plan du ministère de l’Education, les élèves au-delà du CE2 continuant pour l’instant à étudier à distance.

Les écoliers étudieront du dimanche au jeudi dans des classes plus petites que d’habitude, tandis que les jardins d’enfants seront divisés en groupes qui se réuniront à des jours différents pour prévenir la propagation du coronavirus. Ils auront donc encore besoin de la garde de leurs parents pendant une partie de la semaine, car ils étudient à distance depuis leur domicile.

Le ministère de l’Education a également déclaré que les récréations dans les écoles primaires seraient organisées à des moments différents pour éviter que les élèves ne se rassemblent dans la cour de l’école.

« Nous avons fait un travail administratif sérieux et important pour adapter le système [d’éducation] aux directives du ministère de la Santé », a déclaré le ministre de l’Education Rafi Peretz dans un communiqué, soulignant que les écoles seront ouvertes « avec prudence pour éviter une nouvelle épidémie ».

La décision de la commission Corona est intervenue alors que Netanyahu organisait une réunion pour discuter de diverses stratégies pour un retour progressif à l’école.

Des chaises sont placées sur les bureaux d’une salle de classe d’une école fermée de la ville de Safed, dans le nord du pays, le 13 mars 2020, en pleine pandémie de coronavirus. (David Cohen/Flash90)

La décision de rouvrir les écoles a été prise alors qu’Israël a fait son plus grand pas dimanche vers la reprise de l’économie, permettant à de nombreuses entreprises non essentielles de rouvrir pour la première fois en un mois et demi, alors que les nouveaux cas de virus et le nombre de personnes gravement malades sont en baisse constante.

En Israël, où la plupart des parents travaillent tous les deux à temps plein, la reprise de l’économie nécessiterait une solution pour les jeunes enfants qui ne peuvent être laissés sans surveillance.

Le PIB israélien devrait se contracter de 5,4 % en 2020 selon les dernières projections, a indiqué lundi un haut responsable du ministère de l’Economie, Lev Drucker, lors d’un point-presse en ligne. Il a précisé que la fermeture des écoles coûtait au moins 170 millions de shekels (45 millions d’euros) par jour à l’économie israélienne.

La semaine dernière, le gouvernement a autorisé certains étudiants à reprendre leurs cours conformément à des directives limitant la taille des classes.

Les écoles sont fermées depuis la mi-mars, le gouvernement ayant commencé à imposer de larges restrictions de mouvement afin d’endiguer la propagation du coronavirus. La plupart des enseignants ont continué à enseigner par téléconférence, bien que le programme n’ait connu qu’un succès mitigé.

Une enseignante dirige une classe par correspondance depuis son domicile à Mevaseret Zion, dans la banlieue de Jérusalem, le 19 avril 2020, en pleine pandémie de coronavirus. (Flash90)

Samedi, le ministère de la Santé a défini de nouveaux paramètres sur lesquels fonder ses décisions concernant l’assouplissement ou le renforcement des restrictions imposées au public et à l’économie, sur fond de critiques généralisées concernant la confusion du processus décisionnel.

Il s’agit notamment du nombre de nouveaux malades quotidiens qui restent en dessous de 300 et du nombre de malades graves qui restent également en dessous de ce nombre.

Si l’une de ces limites est dépassée, cela pourrait faire dérailler les plans de reprise progressive des cours. Le 20 avril, le directeur général du ministère de la Santé, Moshe Bar Siman-Tov, a déclaré que son ministère se préparait à la possibilité d’une nouvelle épidémie de coronavirus l’hiver prochain, et a averti qu’une telle épidémie serait « beaucoup plus compliquée et difficile » que l’épidémie actuelle.

Pays de 9,2 millions d’habitants, Israël a officiellement recensé un peu plus de 15 000 cas de personnes contaminées, dont 203 morts, et présente ainsi un des taux de mortalité les plus faibles parmi les pays frappés par la pandémie.

Ces nouvelles mesures interviennent alors que le Premier ministre Netanyahu et son ex-rival aux législatives, Benny Gantz, n’ont pas encore concrétisé leur accord pour former un gouvernement d’union et « d’urgence » pour répondre à la crise.

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