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Alsace: Indemnisation pour les familles des défunts du cimetière juif de Sarre-Union

Les cinq coupables, qui n’ont jamais exprimé de regret, ont été condamnés à payer plus de 80 000 euros au titre des dommages et intérêts et 11 000 euros pour les frais d’avocats

Des tombes profanées au cimetière de Sarre-Union, en Alsace, en février 2015. (Crédit : Nathan Kretz/Times of Israël)
Des tombes profanées au cimetière de Sarre-Union, en Alsace, en février 2015. (Crédit : Nathan Kretz/Times of Israël)

Les cinq profanateurs du cimetière juif de Sarre-Union (Bas-Rhin), mineurs lors des faits et déjà condamnés au pénal, devront verser 85 000 euros de préjudice moral à une quarantaine de parties civiles, un jugement qualifié mardi de « signal fort » par la Licra.

Sept ans après les faits, la justice a reconnu le préjudice subi par les familles des défunts dont les tombes ont été profanées. Ainsi, pour la première fois, le 25 mars dernier, une juridiction (le tribunal pour enfants de Saverne) a condamné les profanateurs à payer des sommes au-delà de l’euro symbolique, a rapporté Le Figaro.

Les cinq jeunes coupables, qui n’ont jamais exprimé de regret, et leurs familles, ont ainsi été condamnés à payer plus de 80 000 euros au titre des dommages et intérêts et 11 000 euros pour les frais d’avocats.

Dans le détail, les sommes allouées vont de 1 250 à 3 000 euros, selon le délibéré sur les intérêts civils transmis par le greffe à l’AFP et rendu vendredi par le tribunal pour enfants de Saverne.

Les auteurs de cette profanation, la plus grave visant un cimetière juif depuis une vingtaine d’années, étaient âgés de 15 à 17 ans au moment des faits. Ils avaient été interpellés quelques jours après les faits, en février 2015, après que l’un d’eux s’est rendu de lui-même à la gendarmerie.

Les cinq mineurs avaient saccagé 269 tombes et le monument rendant hommage aux victimes de la déportation a été profané. Des tombeaux avaient également été ouverts et les profanateurs avaient uriné sur certaines sépultures.

Le 15 septembre 2017, les cinq adolescents de 13 à 16 avaient été condamnés en à des peines de 8 à 18 mois de prison avec sursis et à 140 heures de travaux d’intérêt général pour profanations et dégradations de sépultures « en raison de l’appartenance des personnes décédées à une religion déterminée ».

La nouvelle condamnation prononcée vendredi, cette fois au civil, « envoie un signal fort aux auteurs d’un acte antisémite sans précédent et qui n’ont pas à ce jour fait preuve de repentance ou montré le moindre remord », s’est félicitée dans un communiqué la Licra du Bas-Rhin, partie civile dans ce dossier.

« La lutte contre le racisme et l’antisémitisme passe par une justice exemplaire et sans faiblesse, une prévention par l’éducation dans les milieux scolaires, le milieu carcéral, dans l’entreprise, parmi les forces de police et surtout sur les réseaux sociaux », poursuit la Licra, qui « restera vigilante et exigeante pour que la justice contribue à réparer et prévenir ce mal profond qui ronge notre société ».

« Alors que les avocats de la défense avaient plaidé pour l’euro symbolique, ce qui nous paraissait d’autant plus déplacé que ces familles avaient bénéficié de l’aide juridictionnelle, nous avions demandé des peines qui fassent réfléchir et empêchent la récidive et la réitération de tels actes. Lorsqu’on est condamné à une telle peine, on y réfléchit à deux fois », a réagi Me Muriel Ouaknine Melki, l’une des cinq avocats de l’Organisation juive européenne qui ont défendu onze des quarante parties civiles, dont la Licra.

La profanation du cimetière de Sarre-Union avait provoqué une très vive émotion dans toute la France. Le président François Hollande avait fait le déplacement pour une cérémonie de recueillement organisée en présence de nombreux responsables politiques et religieux.

Un membre de la communauté juive devant les pierres tombales brisées après la profanation de quelque 250 tombes, suite à une cérémonie au cimetière juif de Sarre-Union, à l’est de la France, le 17 février 2015. (Crédit : Patrick Hertzog/AFP)

Une cérémonie marquant la réhabilitation du cimetière a eu lieu en octobre dernier, en présence du ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin. Les travaux de réhabilitation ont été estimés à 840 000 euros. Un mécène a avancé les fonds pour les travaux, et les assurances des familles devraient les financer à hauteur de 560 000 euros.

L’AFP a contribué à cet article.

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