Antisémitisme: la presse française dénonce le complotisme et les réseaux sociaux
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Antisémitisme: la presse française dénonce le complotisme et les réseaux sociaux

La forte poussée des actes antisémites en 2018 a suscité une condamnation unanime du monde politique et des organisations juives

Accès aux réseaux sociaux. Illustration. (Crédit : Karen Bleier/AFP)
Accès aux réseaux sociaux. Illustration. (Crédit : Karen Bleier/AFP)

La forte poussée des actes antisémites en 2018 a suscité une condamnation unanime du monde politique et des organisations juives mardi. Mercredi, à son tour, la presse pointe la responsabilité du complotisme et des réseaux sociaux.

Dans Libération, Laurent Joffrin estime que la « fachosphère (…) draine, sans pratiquement aucun contrôle, des audiences de plus en plus larges sur la toile ». « Entre conspirationnisme et antisémitisme, le cousinage est étroit. Ceux qui professent le premier favorisent le second », analyse-t-il.

« Dans la brèche ouverte par les théories du complot qui courent les rues prospèrent forcément les amalgames les plus infâmes, les stigmates de l’antisémitisme », pense également Yves Thréard du Figaro.

L’éditorialiste du Monde juge de son côté que les réseaux sociaux « sont le vecteur privilégié et le plus accessible pour diffuser le fléau. »

Dans L’Opinion, Nicolas Beytout dénonce lui aussi « le délire complotiste commun à tous ceux qui, pour mieux détester les élites, relient puissance et argent à l’appartenance à la communauté juive. »

Patrice Chabanet (Le Journal de la Haute Marne) pointe également la responsabilité des plate-formes numériques et trouve que « tout ou presque reste à faire pour traiter les égouts à ciel ouvert que sont devenus plusieurs réseaux sociaux. »

« Canari dans la mine de charbon »

Si certains éditorialistes évoquent l’antisémitisme supposé de certains « gilets jaunes », ils sont nombreux, tel Philippe Marcacci de l’Est Républicain, à souligner que « cette nouvelle poussée d’antisémitisme, nourrie par les complotistes d’extrême-droite, a démarré bien avant la mi-novembre. Elle ne saurait être réduite au mouvement des gilets jaunes. »

Dans L’Humanité, Jean-Emmanuel Ducoin fait chorus : « les responsables de ces ignominies, quels qu’ils soient, n’ont ainsi rien à voir avec la colère sociale actuelle », écrit-il à propos du « poison indigne, insupportable, qu’inoculent de lâches et vils personnages ».

Dans L’Union, Gilles Grandpierre dresse un catalogue d’éventuels responsables : « les dérives des gilets jaunes, des réseaux sociaux, l’islamisme des banlieues, l’irresponsabilité des populistes, la démence des fachos, les délires des gauchos… »

« Attisé sur les réseaux sociaux, exalté par des politiques irresponsables, incarné par une ultra-droite renaissante, ce vent mauvais menace le socle de notre République », résume Jean-Michel Servant dans le Midi Libre.

Dans La République des Pyrénées, Jean-Michel Helvig, cite la rabbine Delphine Horvilleur qui rappelle que la haine des juifs « gît comme toujours en précurseur d’une haine généralisée. »

Une observation partagée par Guillaume Goubert de La Croix qui note que « les attaques et les injures contre les juifs sont – depuis toujours – le signe le plus sûr de la dégradation du lien social au sein d’une collectivité. »

« Les juifs sont en première ligne face à la haine. Nous sommes juste derrière », prévient-il.

« La haine des juifs est ce qu’on appelle un ‘canari dans la mine de charbon’: un signal d’alarme. Il annonce que l’air devient irrespirable », conclut Claude Weill dans Nice-Matin.

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