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Bennett et Liberman veulent faire adopter des lois visant Netanyahu après les élections

Les deux chefs de l’opposition promettent de remplacer le président de la Knesset, de limiter la durée du mandat du Premier ministre et d’interdire cette fonction aux personnes inculpées ; Benjamin Netanyahu appelle ses partisans à voter massivement

Montage photo (de gauche à droite) : Avigdor Liberman, chef du parti Yisrael Beytenu, s’exprimant à Glilot, dans le centre d’Israël, le 13 octobre 2026 ; Naftali Bennett, chef du parti Beyahad, s’exprimant à Tel Aviv, le 16 octobre 2026. (Crédits : Avshalom Sassoni/Flash90)
Montage photo (de gauche à droite) : Avigdor Liberman, chef du parti Yisrael Beytenu, s’exprimant à Glilot, dans le centre d’Israël, le 13 octobre 2026 ; Naftali Bennett, chef du parti Beyahad, s’exprimant à Tel Aviv, le 16 octobre 2026. (Crédits : Avshalom Sassoni/Flash90)

Samedi, deux dirigeants de l’opposition, partisans d’une ligne dure, ont présenté leurs projets pour la période suivant les prochaines élections à la Knesset, prévues le 27 octobre. Ils se sont engagés à œuvrer sans délai à la formation d’un gouvernement et à adopter rapidement une série de lois, notamment sur la limitation du nombre de mandats du Premier ministre et l’interdiction pour les personnes accusées de crimes d’occuper ce poste. Ces mesures visent à mettre fin à la carrière politique du Premier ministre Benjamin Netanyahu.

« Nous procéderons à la prestation de serment du gouvernement à 19 heures et tiendrons immédiatement la première séance à la Knesset, au cours de laquelle nous soumettrons au vote la création d’une commission d’enquête nationale sur le massacre du 7-Octobre », a déclaré Naftali Bennett, chef du parti Beyahad, lors d’une réunion avec des militants de son parti.

Netanyahu a refusé de mettre en place une telle enquête sur les défaillances qui ont conduit au pogrom perpétré par le groupe terroriste palestinien du Hamas le 7 octobre 2023, arguant qu’une commission indépendante nommée par le président de la Cour suprême serait partiale à l’encontre du gouvernement. Il a plutôt plaidé en faveur d’une commission nommée par les législateurs, dont le mandat et le champ d’action seraient définis à parts égales par les responsables politiques de la coalition et de l’opposition. Cependant, son gouvernement n’a toujours pas mis en place d’enquête, plus de trois ans après la catastrophe.

« La deuxième mesure que nous prendrons immédiatement après sera d’approuver un projet de loi du gouvernement visant à limiter la durée du mandat du Premier ministre à huit ans », a déclaré Bennett, ajoutant : « Par le passé, je n’en voyais pas la nécessité. »

Netanyahu a occupé le poste de Premier ministre pendant 19 ans au total : d’abord de 1996 à 1999, puis de 2009 à 2021 et enfin de 2022 à aujourd’hui. Il est de loin le dirigeant israélien le plus pérenne de l’histoire du pays.

Bennett a indiqué que la troisième mesure que prendra le nouveau gouvernement consistera à adopter un projet de loi complet mettant fin aux exemptions générales du service militaire accordées aux hommes ultra-orthodoxes, exemptions que le gouvernement actuel a tenté d’inscrire dans la loi.

L’ancien Premier ministre et chef du parti Beyahad, Naftali Bennett, s’exprimant lors d’un événement organisé par l’Association du barreau israélien, au Beit HaPraklit, à Tel Aviv, le 16 octobre 2026. (Crédit : Avshalom Sassoni/Flash90)

Exposant également ses projets pour la période suivant immédiatement les prochaines élections, le chef du parti Yisrael Beytenu, Avigdor Liberman, a déclaré samedi dans un message publié sur le réseau social X : « Dès la constitution de la 26ᵉ Knesset, nous prendrons des mesures pour remplacer le président de la Knesset, Amir Ohana, et élire un nouveau président. »

Plusieurs dirigeants de l’opposition ont déclaré que même si aucun gouvernement majoritaire n’était formé immédiatement après les élections législatives, le remplacement d’Ohana à la présidence de la Knesset constituait une priorité, car changer de président avant la formation d’un gouvernement permettrait aux partis d’opposition de contrôler l’ordre du jour parlementaire.

« Ensuite, nous adopterons la ‘loi sur les accusés’ en trois lectures – et l’histoire s’achèvera là », a déclaré Liberman, faisant référence à un projet de loi qui interdirait aux accusés dans une affaire pénale d’exercer les fonctions de Premier ministre.

La loi actuelle interdit aux personnes accusées de crimes d’exercer les fonctions de ministre, mais pas celles de Premier ministre. C’est ce qui a permis à Netanyahu d’occuper ce poste ces dernières années, alors qu’il fait l’objet de procédures pénales pour corruption, fraude et abus de confiance présumés.

Un panneau de campagne électorale du parti Yisrael Beytenu, dirigé par Avigdor Liberman, affiché au bord d’une route dans la ville de Nahariya, au nord du pays, à l’approche des prochaines élections à la Knesset, le 16 octobre 2026. (Crédit : Sharon Leibel/Flash90)

« Nous devons chasser Bibi », a-t-il lancé, utilisant le surnom de Netanyahu.

On ignore encore si la Haute Cour de justice confirmera les lois visant directement Netanyahu ou si elle les invalidera en raison de leur caractère personnel.

Lapid : « Je ne fais pas confiance à Netanyahu en matière de sécurité »

Samedi également, Yaïr Lapid, le chef de l’opposition qui se présente désormais en tant que numéro 2 de Bennett sur la liste Beyahad, a déclaré qu’il ne faisait pas confiance à Netanyahu en matière de sécurité, lorsqu’on lui a demandé si le Premier ministre pourrait lancer une frappe militaire contre l’Iran susceptible d’entraîner le report des élections prévues le 27 octobre.

« Je fais confiance à l’armée, je fais confiance au chef d’état-major [de Tsahal]. Je ne fais pas confiance à Netanyahu sur les questions de sécurité. On ne peut pas lui faire confiance », a déclaré Lapid lors d’une interview accordée à la chaîne N12.

« Aucune information des services de renseignement – et je connais bien les renseignements les plus sensibles – ne justifie d’empêcher la tenue d’élections en Israël », a-t-il ajouté.

« Je ne dis pas qu’il ne faut pas attaquer l’Iran. Mais il n’existe aucune justification du point de vue du renseignement pour une attaque contre l’Iran qui perturberait les élections. »

Interrogé sur la possibilité que le président américain Donald Trump intervienne dans les élections à la Knesset en apportant son soutien à Netanyahu ou à un autre candidat, Lapid a répondu : « Nous lui demandons de ne pas s’immiscer dans les élections israéliennes. »

Yaïr Lapid, membre du parti Beyahad, s’exprimant lors de la conférence « Droit et mensonges » le 12 octobre 2026. (Crédit : Avshalom Sassoni/Flash90)

« Nous sommes une démocratie. Je ne pense pas qu’un Premier ministre israélien doive s’ingérer dans les élections aux États-Unis, et je ne pense pas qu’un président américain doive s’ingérer dans les élections israéliennes », a-t-il ajouté.

Netanyahu appelle à une forte participation à l’approche d’une élection « serrée »

Par ailleurs, dans une interview rare accordée à un média israélien, Netanyahu a averti que le scrutin était de fait à égalité et que son issue dépendrait du taux de participation. Il a ainsi exhorté ses partisans à se rendre aux urnes.

« Nous sommes à égalité », a déclaré Netanyahu à i24news, chaîne détenue par le milliardaire franco-israélien Patrick Drahi, un allié du Premier ministre israélien.

« Si nous obtenons un ou deux mandats supplémentaires parce que les gens se rendent aux urnes, nous gagnerons ; s’ils ne se déplacent pas et restent chez eux, nous perdrons. »

« C’est pourquoi je m’exprime ici, pour dire à tous mes partisans qui souhaitent vraiment un gouvernement de droite fort : allez voter », a-t-il poursuivi, en exhortant les partisans de son bloc à emmener leurs grands-parents, oncles, tantes et cousins voter.

Les récents sondages montrent systématiquement que ni le bloc de Netanyahu ni les partis d’opposition dirigés par des Juifs ne parviennent à obtenir les 61 sièges nécessaires pour une majorité à la Knesset. Le dernier sondage réalisé par Zman Yisrael, la version en hébreu du Times of Israel, attribue 49 sièges au bloc de Netanyahu contre 54 à l’opposition, le parti Yashar d’Eisenkot se positionnant comme la première force politique.

Interrogé sur la tenue des élections du 27 octobre, compte tenu des craintes d’une éventuelle guerre contre la République islamique d’Iran, Netanyahu a répondu : « Bien sûr, pour autant que cela ne tienne qu’à moi », avant d’affirmer que les ennemis d’Israël, notamment l’Iran, le groupe terroriste chiite libanais du Hezbollah et le Hamas, cherchaient à s’ingérer dans le scrutin.

Un panneau de campagne électorale du Likud est affiché au bord d’une route dans la ville de Nahariya, dans le nord du pays, à l’approche des prochaines élections à la Knesset, le 16 octobre 2026. (Crédit : Sharon Leibel/Flash90)

« Ils disent tous la même chose : Netanyahu doit perdre », a-t-il déclaré, ajoutant qu’Israël percevait des signes de tentatives d’ingérence dans les élections, notamment par la « provocation d’incidents liés à la sécurité ».

Netanyahu a également laissé entrevoir la possibilité d’une action militaire contre l’Iran, bien qu’il ait vanté les succès de son gouvernement face à Téhéran. « Nous avons accompli 90 % du travail, mais vous savez, c’est comme un cancer. Si l’on ne se débarrasse pas de ce régime en Iran, il reviendra », a-t-il déclaré.

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