Israël en guerre - Jour 194

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Discours sur l'état de l'Union

Biden s’engage à faire libérer les otages et met en garde Israël contre l’utilisation de l’aide comme monnaie d’échange

Le président américain a redit qu'Israël avait le droit de combattre le Hamas mais déploré les morts civiles à Gaza. Selon lui, la solution à deux États est le seul moyen de garantir la sécurité d'Israël et l'accord avec l'Arabie saoudite

Jacob Magid est le correspondant du Times of Israël aux États-Unis, basé à New York.

Le président américain Joe Biden prononce le discours sur l'état de l'Union lors d'une session conjointe du Congrès au Capitole des États-Unis, jeudi 7 mars 2024, à Washington. (Crédit : AP Photo/Andrew Harnik)
Le président américain Joe Biden prononce le discours sur l'état de l'Union lors d'une session conjointe du Congrès au Capitole des États-Unis, jeudi 7 mars 2024, à Washington. (Crédit : AP Photo/Andrew Harnik)

Le président américain Joe Biden a déploré le « jour le plus meurtrier pour le peuple juif depuis la Shoah » dans son discours sur l’état de l’Union, jeudi, défendu le droit d’Israël à poursuivre le Hamas suite à l’attaque menée par le groupe terroriste le 7 octobre, tout en exprimant son mécontentement du bilan humanitaire de la guerre.

« Aux dirigeants d’Israël, je dis ceci : l’aide humanitaire ne peut ni être un sujet secondaire ni une monnaie d’échange. Protéger et sauver la vie des innocents doit être une priorité », a déclaré Biden, alors que Washington continue de durcir le ton avec Israël tout en conservant globalement son soutien à l’État juif.

Une grande partie du discours de Biden a porté sur des questions de politique intérieure, n’abordant le conflit de Gaza que vers la fin.

« Je sais que les cinq derniers mois ont été déchirants pour beaucoup de personnes, pour le peuple israélien, le peuple palestinien et tant d’autres ici en Amérique », a déclaré Biden.

Le président a rappelé le « massacre » du Hamas, qui a tué près de 1 200 Israéliens et fait 253 otages à Gaza, et souligné les violences sexuelles subies par certaines des victimes, quelques jours après la publication par l’ONU d’un rapport confirmant bon nombre de ces crimes bien documentés.

Il a pris un moment pour évoquer la dizaine de proches d’otages présents dans la salle du Congrès, invités par des législateurs.

« Je promets à toutes les familles que nous ferons tout pour faire revenir leurs proches », a-t-il ajouté.

M. Biden a rappelé les initiatives en vue de la conclusion d’un cessez-le-feu de six semaines, qui permettrait la libération des otages – des femmes malades et des personnes âgées dans un premier temps – et l’acheminement de davantage d’aide humanitaire à Gaza, où le risque de famine se fait chaque jour plus grand.

Biden aurait dépêché sur place le chef de la CIA, Bill Burns, pour tenter d’obtenir un accord sur la question des otages avant le Ramadan, qui commencera en début de semaine prochaine. En Égypte mercredi et jeudi, M. Burns devait se rendre à Doha.

Des responsables américains ont déclaré jeudi que le Hamas retardait la conclusion d’un accord par son refus de libérer les otages les plus vulnérables, ce qui n’empêcherait pas les médiateurs de travailler durant le week-end pour tenter de conclure un accord.

« Le Hamas pourrait mettre fin à ce conflit dès aujourd’hui en libérant les otages, en déposant les armes et en livrant les responsables du 7 octobre », a déclaré Biden.

« Nous travaillons sans relâche pour établir un cessez-le-feu immédiat d’une durée de six semaines au moins », a-t-il poursuivi. « Cela permettrait de faire rentrer les otages, d’atténuer l’impact de cette crise humanitaire intolérable et de construire quelque chose de durable. »

Biden a rappelé qu’Israël « a le droit de s’en prendre au Hamas », et que le pays fait face à une difficulté supplémentaire « parce que le Hamas se cache et agit au milieu des civils ».

« Plus que jamais à Gaza, cette guerre fait payer un lourd tribut aux civils innocents. Plus de 30 000 Palestiniens ont été tués. La plupart d’entre eux n’appartenaient pas du Hamas », a-t-il déploré.

« Des milliers et des milliers de femmes et d’enfants innocents. Des filles et des garçons devenus orphelins. Près de 2 millions de Palestiniens sous les bombes ou déplacés. Des maisons détruites, des quartiers en ruines, des villes en ruines. Des familles entières privées de nourriture, d’eau, de médicaments. C’est dramatique. »

Pour répondre à des besoins humanitaires toujours plus aigus, Biden a annoncé le lancement d’une mission d’urgence menée par l’armée américaine pour établir un port temporaire « sur la côte de Gaza » destiné à faciliter l’acheminement de l’aide à l’enclave depuis la Méditerranée.

Il a précisé que cette mission, qui n’impliquerait pas la présence de soldats américains sur place, permettrait à la côte de Gaza d’accueillir les grands navires transportant de l’aide qui, jusqu’à présent, devaient accoster en Égypte.

« Ce port temporaire va permettre d’augmenter considérablement les quantités d’aide humanitaire mises à disposition de Gaza chaque jour », a-t-il déclaré. « Mais Israël doit également faire sa part des choses. Israël doit autoriser l’entrée de davantage de cargaisons d’aide à Gaza et veiller à ce que les travailleurs humanitaires ne soient pas pris entre deux feux », a souligné M. Biden.

Evoquant sa vision du Moyen-Orient après la guerre, Biden a redit que « la seule solution est une solution à deux États ».

« Je dis cela en ma qualité de soutien de longue date d’Israël et d’unique président américain à s’être rendu en Israël en temps de guerre », a-t-il ajouté.

« Il n’y a pas d’autre solution pour assurer la sécurité et la démocratie d’Israël. Il n’y a pas d’autre solution pour garantir aux Palestiniens une vie dans la paix et la dignité. Il n’y a pas d’autre solution pour garantir la paix entre Israël et tous ses voisins arabes, y compris l’Arabie saoudite », a ajouté Biden, évoquant l’initiative diplomatique qui permettrait à Riyad de normaliser ses relations avec Israël et de participer à la reconstruction de Gaza sous réserve pour Israël de permettre qu’une Autorité palestinienne réformée gouverne Gaza et d’accepter de s’engager sur la voie d’un État palestinien. »

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a pour ainsi dire rejeté cette initiative, au grand dam de Biden, dont les proches ont laissé entendre que le Premier ministre se préparait en fait à une occupation israélienne de Gaza illimitée dans le temps, faute d’avoir pu proposer des alternatives viables au Hamas.

S’adressant à Téhéran, M. Biden a déclaré que « créer de la stabilité au Moyen-Orient signifie également contenir la menace posée par l’Iran ».

« C’est pourquoi j’ai mis sur pied une coalition de plus d’une dizaine de pays pour défendre le transport maritime international et la liberté de navigation en mer Rouge », a-t-il déclaré, faisant référence aux attaques des rebelles houthis du Yémen soutenus par l’Iran qui perturbent les routes maritimes mondiales. Ces frappes ont fait des morts, pour la première fois cette semaine, avec trois membres d’équipage tués dans une attaque contre un navire au large du golfe d’Aden.

« J’ai ordonné des frappes pour dégrader les capacités des Houthis et défendre les forces américaines dans la région », a déclaré Biden. « En tant que commandant en chef, je n’hésiterai pas à ordonner de nouvelles mesures pour protéger notre peuple ou nos militaires. »

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