Boycott : Des étudiants de Lille annulent leur festival consacré à Israël
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Boycott : Des étudiants de Lille annulent leur festival consacré à Israël

Une exposition photos et des cours d'hébreu ont été perturbés sur le campus à Villeneuve d'Ascq ; les activistes pro-palestiniens évoquent Israël comme un pays apartheid

Illustration. Des panneaux appelant au boycott d'Israël lors d'une manifestation anti-Israël à San Francisco, en avril 2011. (Crédit : CC BY dignidadrebelde, Flickr)
Illustration. Des panneaux appelant au boycott d'Israël lors d'une manifestation anti-Israël à San Francisco, en avril 2011. (Crédit : CC BY dignidadrebelde, Flickr)

Un festival intitulé « Escale en Israël » à Lille a été annulé par les étudiants qui l’organisaient dans le cadre d’un projet universitaire, après que des militants pro-palestiniens ont manifesté lors d’un premier atelier culturel, a-t-on appris jeudi auprès des associations.

A l’appel de l’association France Palestine Solidarité Nord-Pas-de-Calais (AFPS) et de professeurs de l’université de Lille 1, quelques dizaines de personnes ont perturbé la tenue d’une exposition photos et de cours d’hébreu à la Maison des étudiants, mercredi soir sur le campus à Villeneuve d’Ascq.

Organisé par une association composée d’une quinzaine d’étudiants de l’Institut d’administration des entreprises (IAE) de Lille, rattaché à l’université Lille 1, le festival devait proposer pendant quatre jours des ateliers de découverte de la culture israélienne, notamment de cuisine et de musique.

La quinzaine d’étudiants membres de l’association a finalement décidé d’annuler ce projet monté dans le cadre de leurs études, en lien avec le calendrier de l’Institut français, qui mène en 2018 une « Saison croisée France-Israël ».

« Les manifestants nous ont dit qu’ils allaient venir manifester à toutes nos activités. Donc on a décidé d’arrêter. On ne veut pas créer plus de polémique sur cela », a expliqué à l’AFP Gaëlle Robin, étudiante de 22 ans de la filière marketing, communication et culture, chargée des relations presse au sein de l’association.

« On était neutre, on a bien dit qu’il n’y avait rien de politique ni religieux (…) Notre projet a été validé » par l’établissement, a-t-elle ajouté.

Mercredi, une lettre signée de deux professeurs a été envoyée au président de l’université, pour demander l’annulation du festival.

« Monsieur le président, autoriser une manifestation qui, sous couvert d’ouverture culturelle, fait l’apologie de cet Etat (Israël) nous choque profondément », écrivent Moussa Nait Abdelaziz et Abdellatif Imad.

« Monsieur le Président, aurions-nous accepté d’organiser une manifestation édulcorée sur l’Afrique du Sud, au temps de l’Apartheid et de Mandela en prison ? » poursuivent-ils.

Jeudi soir par communiqué, l’Union des étudiants juifs de France (UEJF) s’est « indignée qu’un groupuscule obtienne l’annulation d’un festival culturel israélien dans une université française ».

« Pour l’UEJF, boycotter Israël, c’est importer le conflit israélo-palestinien en France à des fins de haine. A l’heure où l’antisémitisme prend le masque de l’antisionisme, il est intolérable qu’un festival culturel puisse être annulé du seul fait qu’il ait pour thème Israël », a ajouté l’UEJF.

Selon l’AFPS, la démarche des étudiants « met en valeur l’État d’apartheid israélien en prétendant se placer sur le terrain culturel en occultant les crimes commis régulièrement par cet état colonial à Jérusalem, en Cisjordanie, à Gaza ».

Contactés par l’AFP, l’IAE n’a pas souhaité s’exprimer et l’université de Lille n’a pas donné suite dans l’immédiat.

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