Danon : Israël avait d’abord tenté de contacter le pilote syrien
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Danon : Israël avait d’abord tenté de contacter le pilote syrien

L'armée penserait maintenant que l'avion est entré par accident en Israël, mais l'envoyé à l'ONU a noté que les militaires ont dû rapidement réagir, ignorant ses intentions

Des soldats israéliens sur la colline Tel Saki, sur le plateau du Golan annexé par Israël, de l'autre côté de la frontière de la province de Deraa en Syrie, le 24 juillet 2018 (Crédit :  / AFP PHOTO / JALAA MAREY)
Des soldats israéliens sur la colline Tel Saki, sur le plateau du Golan annexé par Israël, de l'autre côté de la frontière de la province de Deraa en Syrie, le 24 juillet 2018 (Crédit : / AFP PHOTO / JALAA MAREY)

L’ambassadeur israélien aux Nations unies Danny Danon a affirmé mardi qu’Israël avait tenté d’entrer en contact avec le pilote d’un avion-chasseur syrien avant d’abattre l’appareil qui était entré dans l’espace aérien de l’Etat juif.

Prenant la parole lors de la réunion mensuelle sur le Moyen-Orient du conseil de Sécurité, Danon a expliqué que l’armée israélienne avait observé l’avion « traversant la frontière… Nous avons essayé de la contacter plusieurs fois mais il n’y a pas eu de réponse ».

L’Etat juif a fait savoir qu’il avait abattu le jet d’un modèle Sukhoi à l’aide de deux missiles Patriot, après que l’appareil a parcouru environ deux kilomètres sur la partie israélienne du plateau du Golan.

Il n’y avait pas le temps nécessaire « pour attendre de voir quelles étaient les intentions réelles du pilote », a affirmé Danon, ajoutant que « c’est ce que ferait n’importe quel pays placé dans une situation similaire ».

L’armée israélienne estime dorénavant que le pilote s’est probablement égaré par erreur dans le ciel israélien alors qu’il procédait à des bombardements dans des zones détenues par les rebelles à proximité de la frontière, selon des informations parues dans les médias israéliens.

L’armée israélienne est « dans un état d’alerte élevé » le long de la frontière nord en raison des combats qui ont lieu du côté syrien de la barrière, a expliqué le porte-parole des militaires, le lieutenant-colonel Jonathan Conricus.

L’ambassadeur israélien aux Nations unies Danny Danon durant une brève conférence de presse avant une réunion du conseil de sécurité au siège de l’ONU, à New York, le 24 juillet 2018 (Crédit : Drew Angerer/Getty Images/AFP)

Danon a précisé qu’Israël ne recherche pas « d’escalade dans la région ». Selon les médias de l’Etat juif, l’armée israélienne n’a pas l’intention d’abattre tous les avions qui pénètrent dans l’espace aérien, mais elle passera à l’action pour intercepter les roquettes ou les drones.

« La seule chose que nous pouvons faire est de protéger nos civils », a ajouté l’envoyé.

« Israël ne permettra aucune violation de notre souveraineté – ni depuis la Syrie, ni depuis Gaza, ni de la part de n’importe quel ennemi qui menacera notre sécurité », a-t-il continué.

L’avion se serait écrasé en Syrie, tuant son pilote. Le sort réservé à un second membre de l’équipage reste toutefois indéterminé, selon les médias syriens. Des informations israéliennes ont néanmoins indiqué qu’il n’y avait qu’une seule personne à bord de l’appareil.

Des traces de fumée laissées par deux missiles intercepteurs israélien Patriot qui, selon Israël, auraient abattu un avion syrien, aperçues dans le nord d’Israël, le 24 juillet 2018 (Crédit : David Cohen/Flash90)

Les militaires syriens ont indiqué que leur avion-chasseur avait été pris pour cible par Israël alors qu’il se trouvait sur le territoire syrien, menant une opération contre des militants de l’Etat islamique à proximité de la frontière. Les forces du régime combattent depuis des semaines les rebelles et les forces de l’EI dans ce secteur, dans une campagne visant à restaurer la gouvernance du président Bashar el-Assad dans le sud-ouest de la Syrie.

Israël a souligné qu’il mettra en vigueur les lignes de cessez-le-feu entre les deux pays.

« C’est une violation flagrante des accord de séparation de 1974 entre Israël et la Syrie », a commenté dans un communiqué le Premier ministre Benjamin Netanyahu. « Nous n’accepterons aucune intrusion ni aucun débordement sur notre territoire, que ce soit par voie terrestre ou aérienne ».

Israël a mis en garde la Syrie par le biais de canaux variés en lui demandant de ne pas contrevenir à l’accord de 1974, a dit Conricus.

Les rebelles syriens ont rendu les armes dans les dernières poches de résistance la semaine dernière dans les provinces de Qouneitra et de Deraa, dans le sud-ouest du pays, menant des milliers de soldats de l’opposition, leurs familles et autres civils à évacuer la province d’Idlib, qui se trouvait aux mains des rebelles, dans le nord de la Syrie.

Les forces gouvernementales syriennes brandissent le drapeau national après avoir repris aux rebelles la ville de Quneitra, le 19 juillet 2018 (Crédit : AFP PHOTO / Youssef KARWASHAN)

Mardi, les forces gouvernementales sont arrivées à la barrière de sécurité où des soldats de maintien de la paix de l’ONU ont été, pour la première fois depuis 2011 déployés à l’angle du plateau du Golan, lorsqu’un soulèvement a balayé toute la Syrie contre Assad.

Quelques minutes avant la destruction présumée de l’avion, la chaîne d’Etat Al-Ikhbariya TV, en Syrie, a diffusé des images de la barrière démarquant la zone-tampon de l’ONU entre les forces syriennes et israélienne sur le plateau du Golan. Un poste d’observation des Nations unies y apparaissait, de l’autre côté de la frontière.

La caméra a ensuite montré un poste israélien à une distance de 400 mètres.

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