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Dans un enregistrement qui a fuité, Shaked qualifie Lapid de « superficiel »

La numéro 2 de Yamina affirme que Bennett fait toujours le ménage après le chef de la diplomatie, y compris dans les crises liées aux liens avec les Etats-Unis et la Jordanie

Le ministre des Affaires Etrangères Yair Lapid, à droite, et la ministre de l'Intérieur Ayelet Shaked à la Knesset à Jérusalem, le 6 juillet 2021.(Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
Le ministre des Affaires Etrangères Yair Lapid, à droite, et la ministre de l'Intérieur Ayelet Shaked à la Knesset à Jérusalem, le 6 juillet 2021.(Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

La ministre de l’Intérieur Ayelet Shaked de Yamina, proche alliée politique du Premier ministre Naftali Bennett, a été enregistrée en train de dénigrer ses partenaires de coalition Yair Lapid et Benny Gantz et de mettre en doute le respect de l’accord de rotation au poste de Premier ministre entre Bennett et Lapid en 2023.

Les enregistrements diffusés mercredi par la Douzième chaîne sont les derniers signes des fissures croissantes au sein de la coalition, avant le vote crucial du budget le mois prochain, dont dépend la survie du gouvernement.

Dans les enregistrements, le numéro 2 du parti Yamina de Bennett a également accusé le ministre des Affaires étrangères Lapid de bâcler les liens avec la Jordanie et les États-Unis. On peut entendre Shaked qualifier Lapid de « superficiel » dans les enregistrements, tout en affirmant que Bennett doit constamment faire le ménage après lui.

« Chaque semaine, Lapid lâche une bombe et Naftali vient à la rescousse. Chaque semaine, et personne n’est au courant », a-t-elle déclaré.

« Il a fait cela trois fois, avec les Jordaniens, avec les Américains… et Naftali est venu à la rescousse, sans équivoque », a ajouté Shaked. Elle n’a pas précisé à quels incidents elle faisait référence.

Le Premier ministre Naftali Bennett, à droite, et le ministre de la Défense Benny Gantz parlent à la Knesset le 2 septembre 2021. (Crédit : Olivier Fitoussi/Flash90)

Shaked a également critiqué le ministre de la Défense Benny Gantz, qu’elle a qualifié de « pire que Lapid », bien qu’elle n’ait fourni aucune autre information dans les enregistrements.

La chaîne a également cité Shaked qui se demandait si le parti Yamina allait honorer l’accord de rotation qui verrait Lapid prendre le poste de Premier ministre en 2023 – bien qu’elle n’ait pas diffusé d’enregistrement de ces remarques.

« Je n’ai aucun commentaire à faire à ce sujet », aurait-elle déclaré. « Je ne sais pas ce qui va se passer. Cela dépend s’il y a une crise ou pas. Nous verrons. »

Il n’était pas clair à qui Shaked parlait dans les enregistrements qui ont fuité.

Dans une déclaration à la chaîne, Shaked a dit qu’elle avait fait ces déclarations sous le coup de la colère après qu’un ministre a fait des commentaires anonymes contre elle à la presse au début du mois, l’attaquant pour avoir dit qu’elle ne soutenait pas une solution à deux États lors d’une visite aux Émirats arabes unis.

Le ministre des Affaires Etrangères Yair Lapid, à gauche, et le Premier ministre Naftali Bennett lors d’une session plénière dans la salle d’assemblée de la Knesset à Jérusalem, le 26 juillet 2021. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

La Douzième chaîne a déclaré que Shaked avait appelé Lapid peu avant la diffusion de la séquence télévisée pour exprimer ses regrets.

L’incident intervient dans un contexte de tensions accrues au sein de la coalition de partis de droite, de gauche et centristes, ainsi que d’un parti islamiste. L’étroite coalition gouvernementale doit adopter un budget pour 2021 d’ici le 14 novembre, et Bennett et d’autres ministres ont mis en garde contre toute agitation à l’approche de ce vote. Si le budget tant retardé – ce serait le premier budget de l’État à être approuvé depuis plus de trois ans – n’est pas adopté à la date limite, la coalition sera automatiquement dissoute, ce qui déclenchera de nouvelles élections.

Le gouvernement aura besoin de l’appui de tous ses législateurs pour approuver le budget.

La coalition a récemment été mise à rude épreuve par l’approbation de milliers de nouvelles unités d’implantation et la désignation de six groupes de la société civile palestinienne comme organisations terroristes. Ces décisions ont été accueillies avec indignation par le flanc gauche du gouvernement.

Plus tôt mercredi, le parti travailliste a tweeté peu après l’annonce de l’approbation des logements d’implantation : « Ceux qui font des déclarations politiques ayant des implications internationales de manière irresponsable, sans coordination et sans préparation, et qui approuvent la construction de 3 000 logements en Judée et Samarie – comment dire – ils ne sont pas [Yitzhak] Rabin. »

(De gauche à droite) Benny Gantz, Yair Lapid, Naftali Bennett, Gideon Saar et Merav Michaeli sont assis ensemble après que leur nouvelle coalition a été approuvée par la Knesset, le 13 juin 2021. (Crédit : Haim Zach/GPO)

Ce commentaire était un coup de gueule contre Gantz, qui aurait déclaré vouloir être « le nouveau Rabin », en référence au défunt Premier ministre israélien qui a signé les accords de paix d’Oslo avec les Palestiniens.

Le parti Kakhol lavan de Gantz a rapidement répliqué sur Twitter : « Ceux qui appellent à l’objection de conscience ne devraient pas prêcher sur la sécurité et la responsabilité diplomatique ». Le commentaire faisait peut-être référence à une interview radio de 2010 dans laquelle l’actuelle leader travailliste Merav Michaeli a déclaré qu’elle ne pensait pas que les mères devraient envoyer leurs fils à l’armée (bien qu’elle soit revenue sur ses propos par la suite).

M. Gantz a également déclaré récemment que six groupes palestiniens de défense des droits de l’homme étaient des « organisations terroristes », une décision qui a été critiquée par Mme Michaeli, ministre des Transports du gouvernement, et d’autres membres de la coalition de gauche. Le ministre de la Défense a alors répondu que Michaeli ne devait « pas se mettre en travers de la guerre contre le terrorisme ».

Mercredi également, un député du parti Yamina a quitté le groupe WhatsApp du parti à la suite d’un différend avec un autre député de ce même parti, le qualifiant de « parti d’idiots ». Abir Kara est ensuite revenu dans le groupe et a également rencontré Bennett pour résoudre le problème.

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