Décès de Serge Hoffman, avocat et rescapé de la Shoah
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Décès de Serge Hoffman, avocat et rescapé de la Shoah

En 1942, Serge Hoffman, alors âgé de 8 ans, avait été témoin oculaire de la rafle du Vel d'Hiv

L’avocat Serge Hoffman. (Crédit : Capture d’écran YouTube / CRIF)
L’avocat Serge Hoffman. (Crédit : Capture d’écran YouTube / CRIF)

Serge Hoffman, avocat, rescapé de la Shoah et ancien membre du comité directeur du CRIF, est décédé ce dimanche, a rapporté l’organisation sur son site Internet. Il était âgé de 86 ans.

En 1942, Serge Hoffman, alors âgé de 8 ans et prénommé Samuel, avait été témoin oculaire de la rafle du Vel d’Hiv. Lui et son frère Elie avaient pu en échapper grâce à la pugnacité et au courage de leur mère.

Le dimanche 22 juillet 2018, lors de la cérémonie nationale à la mémoire des victimes des crimes racistes et antisémites et d’hommage aux Justes de France, commémorant la rafle du Vel d’Hiv, il avait livré le récit de ce qu’il avait vécu ces 16 et 17 juillet 1942.

Il avait alors fait part, avec grande émotion, du « choc de cette déportation » qui ne disparaît jamais.

Ancien membre du Conseil de l’Ordre des avocats, Serge Hoffman, qui avait prêté serment en 1957, est devenu, durant sa carrière, le premier spécialiste de la propriété intellectuelle et de la lutte contre la contrefaçon, a rappelé l’avocat Patrick Klugman, qui avait fait un stage dans son cabinet.

« Serge roulait été comme hiver au volant d’une voiture décapotée invariablement assortie à ses yeux bleus et avait toujours et pour tous un sourire », a écrit Klugman. « Il avait la légèreté dans la vie des coups droits qu’il administrait facilement sur les courts du Racing. Lui qui tutoyait le bonheur, comme le reste de l’humanité, magistrats compris, n’était pas tout à fait né sous une bonne étoile. Surtout quand celle-ci fut imposée sur le cœur des Juifs, à Paris. Derrière le sourire, il y avait le souvenir d’un enfant du faubourg. Ceux qui l’ont entendu témoigner au soir de sa vie sur ce que fut pour lui le 16 juillet 1942 ont compris ce qu’il y avait de larmes d’enfant enfouies derrière la faconde qui a fait sa marque. Serge a réussi au-delà de ses espérances. Il laisse un cabinet prospère à son nom, aujourd’hui l’un des plus anciennement établis à Paris, et l’un des plus reconnus dans cette matière exigeante grâce à Emmanuelle et Pierre, qui poursuivent l’œuvre de leur père. Le cabinet Hoffman survivra à Serge, mais le 26 avenue Kléber restera pour l’éternité et l’univers sa demeure. »

« Serge Hoffman (Zal) était un homme affable ouvert en permanence à l’autre, pour lequel il avait le don de créer une relation intime très rapidement par son sens de l’altérité et son humanisme à tel point que chacun pensait le connaître depuis toujours même si la rencontre était récente », a écrit le docteur Marc Zerbib. « Le moment de révélation publique de son histoire personnelle le jour de la commémoration de la Rafle du Vel d’Hiv a été pour beaucoup un instant de sidération et d’émotion quand il a enfin parlé de lui pour témoigner au nom des autres, un moment pour moi inoubliable. »

Plusieurs responsables communautaires et avocats lui ont rendu hommage sur Twitter.

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