Des agriculteurs israéliens ont tenté de franchir la frontière libanaise
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Des agriculteurs israéliens ont tenté de franchir la frontière libanaise

Selon l'armée, les manifestants sont entrés dans le périmètre de la clôture de sécurité, hors du territoire libanais ; il y aurait eu une arrestation

Des agriculteurs israéliens manifestent à la frontière entre Israël et le Liban, le 17 août 2021. (Crédit : David Cohen/Flash90)
Des agriculteurs israéliens manifestent à la frontière entre Israël et le Liban, le 17 août 2021. (Crédit : David Cohen/Flash90)

Un groupe d’agriculteurs et de travailleurs agricoles manifestant dans le nord du pays a tenté, une fois encore de franchir la frontière avec le Liban dans la journée de mardi, dans le cadre d’un mouvement de protestation en cours contre une réforme agricole prévue qui, disent-ils, leur fera perdre leurs revenus.

Ce sont plusieurs centaines de personnes qui ont participé à ce rassemblement dans la communauté agricole d’Avivim pour dénoncer la prochaine réforme gouvernementale de l’industrie. Certains d’entre eux ont essayé de traverser la frontière qui sépare l’État juif du Liban.

Les manifestants ont été immédiatement stoppés par les forces de sécurité dans cette tentative.

L’armée israélienne a fait savoir dans un communiqué que les protestataires avaient seulement franchi une clôture de sécurité, le long de la frontière, soulignant qu’ils avaient échoué à pénétrer sur le territoire libanais.

« Les soldats israéliens sont déployés dans la zone et ils aident la police israélienne à assurer le maintien de l’ordre », a ajouté le communiqué.

L’un des manifestants, un agriculteur, a déclaré au micro de la Radio militaire que cette violation de la frontière était un acte de « désespoir », ajoutant : « Nous n’avons aucun moyen de discuter avec les décisionnaires. Nous avons présenté nos excuses aux forces de sécurité qui sont venues pour essayer de nous obliger à nous disperser ».

La police a arrêté une personne pendant ces échauffourées, a annoncé la station de radio Kan.

Les agriculteurs affirment qu’en travaillant la terre le long de la frontière, ils renforcent la sécurité frontalière – et que le plan gouvernemental aurait ainsi un impact en matière de sécurité s’il devait être appliqué. Il y a eu plusieurs mouvements de protestation, ces dernières semaines, qui ont réuni des fermiers à différents endroits du pays.

La réforme a été annoncée au début du mois par le ministre des Finances, Avigdor Liberman, et par le ministre de l’Agriculture Oded Forer, tous les deux membres du parti Yisrael Beytenu. Ils ont expliqué que cette réforme permettrait de réduire les prix élevés pour les consommateurs israéliens.

Le projet a été critiqué avec force par les agriculteurs, qui ont insisté sur le fait que les responsables à l’origine des prix élevés étaient les négociants et les supermarchés.

Le projet de loi doit être intégré dans la Loi des arrangements, qui fait partie intégrante du plan de budget annuel.

Avshalom Vilan, ancien député et secrétaire-général actuel du syndicat des agriculteurs israéliens, a fustigé le plan, disant que « ceux qui fixent les prix dans les supermarchés ne sont pas les agriculteurs qui ne reçoivent que quelques shekels pour leurs produits, mais les chaînes qui vendent à un prix plusieurs fois supérieur et empochent de milliards de shekels sur le dos des consommateurs et des agriculteurs. »

Les ministres ne s’attaquent pas « aux profits grossiers encaissés par les chaînes de distribution, qui se font des milliards et qui vendent des produits agricoles à deux ou fois le prix que touche l’agriculteur, ni aux négociants qui rendent ces prix encore plus chers », a-t-il ajouté.

Pour sa part, le président de la Fédération israélienne des agriculteurs et secrétaire-général du mouvement Moshavim, Amit Yifrach, a expliqué que les exploitants agricoles « sont sacrifiés sur l’autel des marges commerciales dont ils ne sont en rien responsables ».

« Nous ne laisserons pas le gouvernement abandonner les agriculteurs et les citoyens du pays avec cette réforme qui va nous rendre dépendants du bon vouloir des importateurs », a-t-il continué.

Les agriculteurs auraient le soutien de nombreux députés, et notamment de législateurs issus de la coalition. Des membres de l’alliance – appartenant à Yesh Atid, au Meretz, au parti Travailliste et à Kakhol lavan – œuvreraient à résoudre le problème, a fait savoir le journal Globes.

Des agriculteurs israéliens se heurtent à la police à la frontière entre Israël et le Liban, le 17 août 2021. (Crédit : David Cohen/Flash90)

La réforme prévue réduira progressivement sur cinq ans les droits d’importation sur la plupart des fruits et légumes, et les réduira immédiatement sur les œufs, les avocats, l’ail, les pois, les haricots, les dattes, les ananas et les artichauts, entre autres.

En outre, Israël reconnaîtra les normes européennes pour les fruits et légumes.

Dans un communiqué commun publié la semaine dernière pour dévoiler le plan, les ministères des Finances et de l’Agriculture ont déclaré que la réforme permettrait aux consommateurs israéliens d’économiser 2,7 milliards de shekels par an.

Selon les ministères, le prix de nombreux produits frais a augmenté de 80 % au cours des dernières années.

La réforme fait partie de la loi sur les arrangements économiques, qui sera incluse dans le prochain budget 2021-2022. Elle comprend également une enveloppe de plus de 2 milliards de shekels destinée à accroître la productivité de l’industrie agricole locale.

Toutefois, les agriculteurs affirment que l’ouverture du marché aux importations tuera l’industrie locale, qui a longtemps été protégée par des lois et des tarifs protectionnistes.

Liberman envisagerait de prendre d’autres mesures contre les chaînes de supermarchés afin de faire baisser les prix des produits frais pour les consommateurs.

Lors d’une récente réunion ministérielle, Liberman a semblé se ranger à l’avis des agriculteurs selon lequel les supermarchés étaient responsables de la hausse des prix, après s’être vu présenter des chiffres sur les bénéfices réalisés par certaines chaînes au cours de l’année écoulée pendant la pandémie de COVID-19, a rapporté la Douzième chaîne mardi.

Ces chiffres montrent que les bénéfices de certaines grandes chaînes ont augmenté de 50 % ou plus au cours de l’année écoulée. Alors que les confinements et d’autres restrictions telles que l’enseignement à distance pour les écoliers ont contraint de nombreuses personnes à rester chez elles, augmentant ainsi la consommation alimentaire des ménages, Liberman aurait jugé ces chiffres irrecevables.

Diverses propositions ont été évoquées lors de la réunion, notamment le démantèlement de certaines des plus grandes chaînes, selon la Douzième chaîne, bien que la chaîne ait noté que cette idée serait difficile à mettre en pratique.

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