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Des « dizaines » de cyberattaques iraniennes déjouées – responsable de Tsahal

L'armée pense que l'Iran a concentré ses cyberattaques sur des infrastructures civiles, dans le but de semer la peur dans la société israélienne

Emanuel Fabian est le correspondant militaire du Times of Israël.

Soldats de la division C4I de l'armée israélienne dans un centre de commandement et de contrôle. Illustration. (Crédit : unité des porte-paroles de l'armée israélienne)
Soldats de la division C4I de l'armée israélienne dans un centre de commandement et de contrôle. Illustration. (Crédit : unité des porte-paroles de l'armée israélienne)

Un officier supérieur de l’armée israélienne a déclaré mercredi que l’armée a déjoué des dizaines de tentatives de cyberattaques iraniennes depuis le début de l’année – principalement contre des infrastructures civiles israéliennes.

Israël et l’Iran sont engagés depuis des années dans une véritable cyber-guerre clandestine qui remonte parfois à la surface. Les responsables israéliens ont accusé l’Iran d’avoir tenté de pirater le système d’approvisionnement en eau d’Israël en 2020 ; l’Iran a, elle aussi, accusé Israël de cyberattaques contre les infrastructures du pays.

« L’année dernière, Tsahal a déjoué des dizaines de tentatives de cyberattaques iraniennes. Ces dernières années, les frictions entre Israël et ses ennemis se sont intensifiées », a déclaré l’officier, s’adressant aux journalistes sous couvert d’anonymat.

L’armée a constaté une augmentation de quelque 70 % des cyberattaques iraniennes contre Israël depuis le début de l’année.

« Tsahal et la communauté de la [cyber] défense ont développé des capacités révolutionnaires pour se défendre contre l’ennemi », a ajouté l’officier supérieur.

La communauté de cyberdéfense israélienne comprend la National Cyber Directorate, le directeur de la sécurité du ministère de la Défense, ainsi que des unités au sein de l’agence de sécurité intérieure du Shin Bet, de l’agence d’espionnage du Mossad et de Tsahal.

Selon les évaluations du Corps C4I de Tsahal, il existe plus de 20 cyber-unités iraniennes, dont au moins 10 opèrent contre Israël.

Les cadets du cours de programmation C4I de l’armée israélienne. Environ un tiers d’entre eux sont des femmes. (Crédit : armée israélienne)

Tsahal estime que l’un des principaux objectifs de l’Iran en matière de cyberattaques est d’instiller la peur dans la société israélienne. Par conséquent, l’Iran cible principalement des sites civils qui ne causent pas nécessairement de dommages aux militaires, mais qui sèment la panique au sein de la population.

Outre la tentative d’attaque contre les systèmes d’approvisionnement en eau d’Israël en 2020, une récente cyberattaque, qui aurait été menée par un groupe iranien, a provoqué le déclenchement d’une fausse alerte aux roquettes à Jérusalem et à Eilat.

L’année dernière, un hôpital du centre d’Israël a été victime d’une importante cyberattaque et ses systèmes sont restés hors service pendant plusieurs jours jusqu’à ce que des responsables militaires et d’autres experts l’aident à restaurer ses données.

Une salle d’hôpital de Hillel Yaffe le 14 octobre 2021, alors que le personnel tente de se débrouiller sans les systèmes informatiques habituels (Crédit : avec l’aimable autorisation de l’hôpital Hillel Yaffe).

Selon les estimations de Tsahal, l’Iran a investi d’énormes ressources dans le développement de capacités cyber-offensives.

Dans le même temps, Tsahal affirme avoir investi ses propres ressources dans le développement de ses capacités de cyber-défense existantes, notamment en organisant des exercices de routine avec ses homologues américains du United States Cyber Command, dont le dernier a eu lieu en août.

Entre-temps, l’Iran a accusé les États-Unis et Israël de cyberattaques qui auraient porté atteinte à l’infrastructure du pays.

Capture d’écran d’images de vidéo surveillance présumées obtenues auprès de l’usine iranienne de Khuzestan Steel Co., où une pièce de machinerie lourde dysfonctionne et provoque un incendie de grande ampleur, le 27 juin 2022. (Crédit : Capture d’écran Twitter)

En juin, une cyberattaque israélienne présumée a provoqué un grand incendie dans une importante aciérie iranienne. L’attaque a été revendiquée par un groupe anonyme, mais des images de l’incident ont été publiées par la télévision israélienne, laissant entendre que l’opération avait été menée par le renseignement militaire.

L’Iran a déconnecté d’Internet une grande partie de son infrastructure gouvernementale après que le virus informatique Stuxnet – qui serait une création conjointe américano-israélienne – a perturbé des milliers de centrifugeuses iraniennes dans les sites nucléaires du pays en 2010.

L’année dernière, une cyberattaque contre le système iranien de distribution de carburant a paralysé les stations-service du pays, provoquant de longues files d’attente d’automobilistes en colère. Le même groupe de pirates anonymes, Gonjeshke Darande, a revendiqué la responsabilité de l’attaque des pompes à essence.

Israël maintient généralement une politique d’ambiguïté concernant ses opérations contre l’Iran, et ne revendique pas sa responsabilité pour celles-ci.

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