Des douzaines de rabbins soutiennent le Shin Bet et condamnent les violences
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Des douzaines de rabbins soutiennent le Shin Bet et condamnent les violences

47 rabbins sionistes affirment que les attaques du « Prix à payer » sont contre la loi juive, soutiennent les efforts pour « déraciner toutes les manifestations de terrorisme juif »

Le rabbin David Stav (gauche) de Tzohav avec le rabbin Shlomo Riskin d'Efrat, le 2 juillet 2015. (Crédit : Gershon Elinson/Flash90)
Le rabbin David Stav (gauche) de Tzohav avec le rabbin Shlomo Riskin d'Efrat, le 2 juillet 2015. (Crédit : Gershon Elinson/Flash90)

Près de 50 rabbins religieux sionistes ont signé une lettre vendredi condamnant tous les actes de violence contre les Arabes et exprimant leur soutien à l’agence de sécurité nationale, le Shin Bet, dans son enquête sur l’incendie criminel fatal de Duma.

« Nous condamnons et rejetons toutes les manifestations détestables de violence et de haine, comme [les attaques] du ‘Prix à payer’, dirigées contre les Arabes », ont écrit les 47 dirigeants religieux, faisant référence aux attaques anti-arabes et au vandalisme.

« Nous jugeons que ces actions sont en contradiction totale avec la Torah d’Israël et les valeurs juives. »

La lettre soutient également le Shin Bet dans ses efforts pour « déraciner toutes les manifestations de terrorisme juif. »

Les signatures incluent celles du rabbin David Stav, à la tête de l’organisation Tzohar, et la rabbin Shlomo Riskin, grand rabbin d’Efrat.

Le communiqué intervient quelques jours après la diffusion d’une vidéo montrant des extrémistes de droite à un mariage, célébrant les meurtres de la famille Dawabsha en juillet, qui a déclenché une large condamnation.

Le Shin Bet a récemment été sous le feu des critiques des militants de droite, après que l’avocat des détenus retenus en lien avec l’attaque fatale de Duma a affirmé que ses clients étaient torturés par les enquêteurs.

Dans un communiqué public sans précédent, le Shin Bet a reconnu jeudi l’utilisation de protocoles nommés « bombe à retardement » dans les interrogatoires des extrémistes juifs, autorisant les services de sécurité à « malmener » les détenus suspectés de planifier des attaques imminentes.

Des militants juifs de droite manifestent contre des tortures supposées du Shin Bet en rejouant les techniques présumablement utilisées par l'agence sur la place Habima de Tel Aviv, le 23 décembre 2015. (Crédit : Tomer Neuberg / Flash90)
Des militants juifs de droite manifestent contre des tortures supposées du Shin Bet en rejouant les techniques présumablement utilisées par l’agence sur la place Habima de Tel Aviv, le 23 décembre 2015. (Crédit : Tomer Neuberg / Flash90)

Selon des règles établies en 1999 par la haute cour de justice, le Shin Bet ne peut pas torturer, mais est autorisé à « malmener » les suspects de terrorisme quand il y a des raisons de croire qu’ils constituent une « bombe à retardement » qui met des vies en danger.

De telles « pressions physiques modérées », selon la terminologie de la cour, sont surveillées par le directeur du Shin Bet et le procureur général, peuvent faire l’objet d’un appel devant la haute cour, et sont rapportées à une commission spéciale du cabinet traitant avec le Shin Bet.

Les détenus juifs sont suspectés d’avoir lancé le 31 juillet des bombes incendiaires sur la maison de la famille Dawabsha dans le village de Duma, au nord de la Cisjordanie, tuant Ali Saad, 18 mois, sur les lieux. Les parents, Saad et Riham, sont décédés des suites de leurs blessures à l’hôpital. Seul Ahmed, 5 ans, à présent en réhabilitation, a survécu aux flammes.

Dans un communiqué rare de l’organisation réputée plutôt silencieuse – dont la devise se traduit grossièrement par « bouclier invisible » – les services de sécurité ont déclaré jeudi que « l’objectif des investigations en cours à ce jour est de mettre à jour une organisation [souterraine] et de perturber de futures attaques terroristes. Ainsi, et en coordination avec le système judiciaire, l’enquête sur l’organisation [terroriste présumée] se fait en accord avec les standards professionnels et légaux qui sont appropriés à la perturbation d’organisations qui pourraient mener de sévères attaques terroristes dans le futur. Pendant les interrogatoires [des terroristes juifs présumés], des mesures ont été prises à cet effet. »

Le communiqué continue pour nier les accusations des extrémistes de droite, dont des avocats des suspects, qu’ils ont été électrocutés, agressés sexuellement et battus pendant leur détention.

Le communiqué rejette les affirmations selon lesquelles les suspects « étaient frappés aux organes génitaux, qu’un ‘lit de Sodome’ [un lit délibérément inconfortable qui empêche de dormir] a été utilisé, qu’il leur a été donné des coupes de pieds, qu’ils se sont fait cracher dessus ou électrocutés, ou que l’un des suspects a essayé de se faire du mal. Ces affirmations sont fausses et n’ont aucun lien avec la réalité. »

L’agence a jouté que les accusations avaient pour objectif « d’empêcher le Shin Bet de faire son travail » en empêchant des attaques terroristes d’extrémistes juifs.

Selon des organisations des droits de l’Homme qui ont fait appel devant la cour pour des tortures supposées de terroristes présumés palestiniens dans le passé, les règles de la « bombe à retardement » comprennent la privation de sommeil, laisser les suspects dans le noir pour de longues périodes, jouer de la musique assourdissante et les « malmener ».

Le communiqué du Shin Bet conclut en disant que le groupe extrémiste mis en cause « fait valoir que l’Etat d’Israël n’a aucun droit à exister. Leur objectif principal est de renverser l’Etat israélien par la violence, jusqu’à et incluant le meurtre de Palestiniens, le lancement de rébellion afin d’oindre un roi, la déstabilisation des relations entre Israël et les autres états, l’expulsion des non juifs et les attaques contre les minorités. »

Le Shin Bet a vigoureusement nié les accusations des détenus, qui disent qu’ils ont été soumis à des agressions sexuelles, des électrocutions et ont été battus. Selon les avocats d’une demi-douzaine de détenus, les enquêteurs du Shin Bet ont torturé les suspects en les battant, les empêchant de dormir, et d’autres moyens.

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