Des employés de la 20e chaîne manifestent contre une éventuelle fermeture
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Des employés de la 20e chaîne manifestent contre une éventuelle fermeture

Le ministère de la Justice a recommandé de limiter les nouvelles émissions de la station de droite après qu'elle a enfreint le cahier des charges

Les employés de Channel 20 ont manifesté devant les bâtiments du gouvernement à Tel Aviv contre la menace de fermeture de la chaîne, le 25 décembre 2017. (Tomer Neuberg/Flash90)
Les employés de Channel 20 ont manifesté devant les bâtiments du gouvernement à Tel Aviv contre la menace de fermeture de la chaîne, le 25 décembre 2017. (Tomer Neuberg/Flash90)

Des dizaines d’employés de la Vingtième chaîne ainsi que des sympathisants ont manifesté lundi devant les bâtiments du gouvernement à Tel Aviv, alors que la station est menacée de fermeture pour violation de son cahier des charges.

Cette chaîne de droite est soumise à de lourdes pénalités pour avoir diffusé des informations et des actualités, parmi lesquelles deux entretiens avec le Premier ministre Benjamin Netanyahu ces derniers mois.

Malgré la délivrance d’une licence de principe pour la diffusion d’informations, accordée en début d’année, le ministère de la Justice a recommandé de ne lui attribuer qu’une licence conditionnelle ou temporaire, en raison de son non-respect des conditions de diffusion.

Le propriétaire de la station, Yitzhak Mirilashvili, a déclaré qu’il ne pouvait pas continuer sans pouvoir diffuser des programmes d’information.

Plusieurs personnalités de la télévision israélienne, bien connues du public, et appartenant à d’autres chaînes, se sont jointes aux manifestants, faisant valoir que réduire au silence la chaîne constituait une atteinte à la liberté d’expression.

En septembre, plusieurs députés de droite se sont exprimés en faveur de la station, promettant qu’elle ne sera pas fermée.

En vertu d’une loi de 1982, les chaînes de télévision du pays sont sous l’autorité du Conseil de la télévision par câble et satellite du ministère de la Communication, qui détermine les conditions des licences.

La Vingtième chaîne, parfois surnommée la Fox News israélienne pour ses programmes de droite et sa volonté affirmée d’offrir, selon elle, un contrepoint aux « médias traditionnels », a commencé à diffuser en août 2014 avec un accent sur la tradition juive et un penchant conservateur.

En décembre 2016, le Conseil de la radio-télédiffusion par câble et satellite a autorisé la Vingtième chaîne à diffuser une émission d’informations pendant une heure maximum aux heures de grande écoute de 20h à 23h.

Bien que la station ait été autorisée à diffuser des journaux d’information, à condition de mettre en œuvre certaines conditions, celles-ci ne sont pas encore appliquées.

A la demande de la station, le Conseil a assoupli ses restrictions initiales, décidant que 75 % des offres de la chaîne doivent être axées sur le patrimoine et la religion, et 25 % sur l’actualité. Cet assouplissement a été contesté devant la Haute Cour de justice par un concurrent de la chaîne de télévision, faisant valoir que le Conseil favorisait la Vingtième chaîne et l’autorisait à enfreindre sa licence.

En juillet, le Conseil a annoncé qu’il enquêtait sur la chaîne pour des soupçons de violation des termes de sa licence pour avoir diffusé une interview de Netanyahu lors d’un programme de nuit.

La chaîne de télévision a déboursé des centaines de milliers de shekels d’amende pour d’autres infractions, y compris pour la diffusion de programmes d’actualité, depuis son lancement en 2014.

En mai, le bureau de la régulation avait attribué à la Vingtième chaîne l’autorisation d’émettre depuis le Parlement pour les dix prochaines années, sur une base d’offre supérieure à celle des concurrents Hadashot (anciennement Deuxième chaîne), Dixième chaîne et une société de production télévisuelle indépendante.

En juillet, toutefois, la Haute Cour a rompu le contrat qui autorisait la Vingtième chaîne à produire, gérer et diffuser les programmes de la Knesset pour les dix prochaines années. Le tribunal a estimé qu’il y avait eu des irrégularités dans les appels d’offres et a suspendu l’accord jusqu’à ce que l’enquête aboutisse. L’affaire est en cours, et d’autres audiences sont prévues pour l’automne.

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