Egypte: 56 personnes condamnées pour un rassemblement des Frères musulmans
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Egypte: 56 personnes condamnées pour un rassemblement des Frères musulmans

Depuis l'arrivée au pouvoir du président Abdel Fattah al-Sissi, ils sont considérés comme une organisation terroriste

Les partisans du président destitué Mohammed Morsi couvrent leur visage durant une manifestation au Caire, en Egypte (Crédit :  AP/Amr Nabil)
Les partisans du président destitué Mohammed Morsi couvrent leur visage durant une manifestation au Caire, en Egypte (Crédit : AP/Amr Nabil)

Un tribunal égyptien a condamné dimanche 56 personnes à des peines de prison, dont une à perpétuité, pour avoir participé en août 2013 à un rassemblement de partisans des Frères musulmans à Guizeh violemment réprimé par les autorités, a indiqué une source judiciaire.

Après la destitution par l’armée du président islamiste Mohamed Morsi en juillet 2013 à la faveur d’un mouvement populaire contre ce dernier, les partisans du dirigeant déchu avaient protesté dans les rues.

Le 14 août 2013, les forces de sécurité avaient violemment dispersé des sit-in sur les places Rabaa al-Adawiya, au Caire, et al-Nahda, à Guizeh, tuant plus de 800 manifestants, selon l’ONG Human Rights Watch, qui a parlé de la « tuerie de masse la plus importante de l’histoire moderne égyptienne ».

« Un accusé a été condamné à la prison à perpétuité (25 ans en Egypte) pour sa participation au rassemblement des Frères musulmans terroristes sur la place al-Nahda à Guizeh », a indiqué à l’AFP la source judiciaire.

Selon cette dernière, 52 personnes ont été condamnées à 15 ans d’emprisonnement ferme, une autre à trois ans, et deux à un an. Dix accusés ont été acquittés, a précisé cette même source.

Les 66 accusés étaient présents à ce jugement de première instance dont ils peuvent faire appel.

Ces personnes étaient notamment accusées par le parquet de « trouble à la sécurité et la paix publiques, mise en danger de la vie des citoyens, résistance aux forces de police chargées de disperser le rassemblement, meurtre avec préméditation, port d’armes sans licence ».

Depuis l’arrivée au pouvoir du président Abdel Fattah al-Sissi, les Frères musulmans sont considérés comme une organisation terroriste et des centaines de ses partisans ont été emprisonnés, exécutés ou contraints à l’exil.

En 2018, HRW avait dénoncé l' »impunité » dont ont bénéficié les forces de sécurité après la répression meurtrière des rassemblements de 2013.

Les ONG accusent régulièrement l’Egypte de graves violations des droits humains ne ciblant pas uniquement les islamistes mais aussi les opposants laïcs, des artistes ou des journalistes.

Le Caire nie ces accusations, évoquant un impératif de « stabilité » et de « lutte anti-terroriste »

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