FBI dans l’enquête sur la Russie : ces « espions » israéliens qu’il faudrait tuer
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FBI dans l’enquête sur la Russie : ces « espions » israéliens qu’il faudrait tuer

Le département de la Justice a publié un entretien avec George Papadopoulos interrogé par Mueller sur ses liens avec Israël, avec des références au Mossad et "faux" juifs russes

George Papadopoulos, ancien conseiller de campagne de Trump à l'origine de l'enquête sur la Russie, lors de sa première apparition devant les enquêteurs du congrès au Capitole, à Washington, le 25 octobre 2018 (Crédit : AP Photo/Carolyn Kaster)
George Papadopoulos, ancien conseiller de campagne de Trump à l'origine de l'enquête sur la Russie, lors de sa première apparition devant les enquêteurs du congrès au Capitole, à Washington, le 25 octobre 2018 (Crédit : AP Photo/Carolyn Kaster)

Les transcriptions récemment publiées de l’enquête du FBI sur les liens possibles de la campagne Trump avec les efforts russes d’ingérence dans l’élection présidentielle américaine de 2016 comprennent une source de l’agence qui qualifie les Israéliens de « putains d’espions » qui devraient tous être exécutés.

La transcription, qui a été déclassifiée par le département de la Justice et communiquée mardi à un certain nombre de sénateurs américains, date du 26 novembre 2016 : il s’agit de conversations lors d’un déplacement dans l’Illinois entre un homme identifié comme « source humaine confidentielle » et l’ancien assistant de campagne de Trump, George Papadopoulos, qui a plaidé coupable en 2017 pour avoir fait de fausses déclarations à des agents du FBI.

Papadopoulos a fait l’objet d’une enquête pour ses liens avec Israël dans le cadre de l’enquête Mueller, qui a conclu qu’il n’y avait pas suffisamment de preuves qu’il agissait comme un agent secret pour l’État juif.

Papadopoulos est identifié dans la transcription comme « Crossfire Typhoon », ou « CT », en référence apparente à « Crossfire Hurricance », le nom de l’enquête du FBI visant à déterminer si les membres de la campagne Trump étaient de connivence avec des fonctionnaires russes.

George Papadopoulos, (à gauche), l’ancien conseiller de campagne de Trump qui a déclenché l’enquête sur la Russie, est accompagné lors de sa première apparition devant les enquêteurs du Congrès au Capitole à Washington, le 25 octobre 2018. (AP Photo/Carolyn Kaster)

Dans la transcription, la source du FBI mentionne à plusieurs reprises les Israéliens et le Mossad, l’agence d’espionnage israélienne.

A un moment de la conversation entre les deux, qui a eu lieu plus de deux semaines après l’élection américaine, M. Papadopoulos a déclaré qu’il était sorti une fois avec une femme qui travaillait à l’ambassade d’Israël.

« Pourquoi es-tu sorti avec elle ? » lui demanda la source, à laquelle Papadopoulos répondit « elle était probablement du Mossad et c’est pour ça qu’elle a pris un [inintelligible]. »

Après un certain nombre de passages censurés, M. Papadopoulos a déclaré que la femme était une juive russe, ce à quoi la source a répondu : « Des juifs russes, ces faux juifs ».

Pressé par la source, M. Papadopoulos a déclaré plus tard « C’était quelque chose qui a duré quatre mois. Nous sommes toujours amis, je suppose, mais… je suis presque sûr qu’ils savaient que… ce qui se passait, et ils l’utilisaient comme appât. »

A la question de savoir pourquoi Israël voudrait l’appâter, Papadopoulos a répondu : « Juste pour avoir des infos, mec, je ne sais pas. »

Plus loin dans la transcription, la source fait référence à un homme nommé Sergey, qu’il dit croire être un espion russe.

« Pas de putain de Russes ici qui ne baisent pas… même avec les Israéliens, ce sont tous des putains d’espions. Ces putains de suceurs de bites. Ils devraient tous être exécutés », a-t-il dit.

La source a également déclaré à différents moments de la transcription que « les Israéliens [sic] ont foiré les accents français » et « que je peux flairer un Israélien à un kilomètre de distance, mec ».

M. Papadopoulos et la source ont également parlé d’un « Eli Groaner » qui travaillait à l’ambassade d’Israël à Washington. Ils semblent faire référence à Eli Groner, qui a travaillé à l’ambassade de 2011 à 2014 et qui est devenu plus tard l’un des principaux collaborateurs du Premier ministre Benjamin Netanyahu. M. Groner a quitté son poste de directeur général du cabinet du Premier ministre en 2018.

La source a qualifié « Groaner » de « malaka », un terme d’argot grec signifiant « branleur », et a déclaré qu’il avait envoyé un courriel à Papadopoulos, ce que ce dernier semble confirmer.

Eli Groner, alors directeur général du bureau du Premier ministre, arrive à la réunion hebdomadaire du cabinet au bureau du Premier ministre à Jérusalem, le 3 septembre 2017. (Marc Israel Sellem/ Pool/ Flash90)

Ailleurs dans la transcription, la source non identifiée a dit que Papadopoulos « élaborait probablement un accord » pour qu’il soit « putain d’extradé vers Israël ».

La transcription n’indique pas clairement si l’une de ces remarques a été faite en plaisantant.

Cette semaine également, le département de la Justice a publié une lettre d’août 2017 du procureur général adjoint de l’époque, Rod Rosenstein, au conseiller spécial Robert Mueller, exposant la portée de l’enquête sur l’ingérence russe dans les élections de 2016, qui confirme que Papadopoulos fait l’objet d’une enquête pour tout « crime ou délit commis en tant qu’agent secret du gouvernement d’Israël ».

« J’étais consultant sur des accords de pipeline de plusieurs milliards de dollars entre Israël, l’Egypte, la Grèce et Chypre et j’ai clairement été espionné illégalement », a écrit Papadopoulos sur Twitter en réponse, ajoutant qu’un certain nombre de personnes liées à la campagne Trump et aux enquêtes sur la Russie « m’ont tous interrogé sur mes liens avec Israël. Tout cela est accablant. »

Il a également répété une déclaration qu’il avait faite au Times of Israel avant de commencer sa peine de 12 jours de prison en 2018, selon laquelle le FBI avait essayé de le piéger dans le cadre d’une opération d’infiltration lors d’un voyage en Israël en 2017.

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