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Gaza : cri d’alarme d’ONG françaises sur la situation des habitants

Médecins du Monde et Première Urgence Internationale s'alarment des conditions d'accès à l'eau potable et aux soins de santé dans l'enclave

Les réfugiés palestiniens récoltent des colis humanitaires dans un centre de distribution des Nations unies à Rafah, dans le sud de la bande de Gaza, le 21 janvier 2018 (Crédit : AFP/ SAID KHATIB)
Les réfugiés palestiniens récoltent des colis humanitaires dans un centre de distribution des Nations unies à Rafah, dans le sud de la bande de Gaza, le 21 janvier 2018 (Crédit : AFP/ SAID KHATIB)

« Il y a un risque que l’accès aux services essentiels (eau potable, santé, éducation) s’effondre » à Gaza, a averti vendredi Marcos Tamariz, l’un des responsables Palestine à Médecins du Monde, lors d’un entretien avec des journalistes à Paris, évoquant une situation « très préoccupante ».

Depuis plus de dix ans, la bande de Gaza, contrôlée par le groupe terroriste palestinien du Hamas et où vivent 2 millions de personnes, est soumise à des restrictions sécuritaires nécessaires israéliennes et égyptiennes. Les conditions de vie de ses habitants ne cessent de se dégrader.

Depuis le 30 mars et le début d’une vaste et violente mobilisation palestinienne le long de la frontière, les tensions sont vives.

« Ces dernières semaines, on a vu une augmentation du nombre de manifestants [émeutiers qui s’approchent de la ligne en tentant de briser la clôture, ou de poser divers engins explosifs] (…) on arrive à un point où les conditions économiques et le système entier deviennent » intenables pour ces populations, a estimé M. Tamariz.

Des Palestiniens transportent des pneus alors que la fumée s’échappe des pneus en flammes à la frontière entre Israël et la bande de Gaza, à l’est de la ville de Gaza, le 12 octobre 2018. (Saïd Khatib/AFP)

Les deux ONG, qui travaillent sur le terrain à Gaza, s’alarment en particulier d’un « système de santé qui s’effondre ».

« On parle notamment d’une situation où 50 % des médicaments ne sont pas disponibles à Gaza depuis le début de l’année, où le manque d’électricité est continu et où on est obligés de suspendre certains services de santé », a-t-il décrit.

Autre cri d’alarme des ONG : « 96 % de l’eau disponible à Gaza n’est pas adaptée à la consommation humaine » parce que les moyens d’assainissement n’y sont pas disponibles, a relevé un responsable communication à Première Urgence Internationale.

« Les réseaux d’eau ont été détruits pendant la guerre en 2014 et ils n’ont pas pu être reconstruits, parce qu’il n’y a pas les matériaux ou pas les fonds nécessaires », a-t-il poursuivi.

Jeudi, l’émissaire de l’ONU pour le Proche-Orient, le Bulgare Nickolay Mladenov, a déclaré au Conseil de sécurité de l’ONU que Gaza était « en train d’imploser ». « Ce n’est pas une hyperbole. Ce n’est pas de l’alarmisme. C’est une réalité », a averti par liaison vidéo M. Mladenov.

Nikolay Mladenov, coordinateur spécial des Nations Unies pour le processus de paix au Moyen-Orient, à Yad Vashem, le 28 août 2017. ( Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

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