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GB, Canada et Australie à Israël : renoncez à l’expansion des implantations

Les chancelleries condamnent le projet de construction de milliers de logements en Cisjordanie et se disent inquiètes des violences consécutives à la fusillade terroriste d'Eli

Nouveaux logements dans l'implantation israélienne de Givat Ze’ev en Cisjordanie, le 18 juin 2023. (Crédit : AP Photo / Ohad Zwigenberg, Dossier)
Nouveaux logements dans l'implantation israélienne de Givat Ze’ev en Cisjordanie, le 18 juin 2023. (Crédit : AP Photo / Ohad Zwigenberg, Dossier)

Le Royaume-Uni, le Canada et l’Australie ont demandé à Israël de revenir sur sa décision d’autoriser la construction de nouveaux logements au sein d’implantations en Cisjordanie, et se sont dits « très préoccupés » par le feu vert donné par Jérusalem à la construction de 5 700 nouveaux logements sur les 13 082 foyers d’établissement en projet.

Par le biais d’une déclaration commune publiée vendredi soir, les ministres des Affaires étrangères de Grande-Bretagne, Australie et Canada ont condamné « la poursuite de l’expansion des implantations » par Israël, décrite comme « un obstacle à la paix » et une décision « ayant un impact négatif sur les efforts pour parvenir à une solution négociée à deux États ».

« Nous sommes gravement préoccupés par l’autorisation donnée par le gouvernement d’Israël, le 26 juin dernier, de construire plus de 5 700 nouvelles unités de peuplement en Cisjordanie. Nous sommes également préoccupés par les changements apportés au processus d’autorisation des implantations par le gouvernement d’Israël, le 18 juin, qui l’accélèrent grandement », ont déclaré James Cleverly, Penny Wong et Mélanie Joly, respectivement ministre des Affaires étrangères du Royaume-Uni, d’Australie et du Canada.

« Nous demandons au gouvernement israélien de revenir sur ses décisions », ont-ils écrit.

Les ministres se sont également dits « profondément troublés par les violences et les morts en Israël et en Cisjordanie », et ont déclaré « condamner sans ambage toute forme de terrorisme ou de violence contre les civils, comme l’attentat terroriste du 20 juin à Eli contre des civils israéliens » et « les violences répréhensibles des résidents d’implantations envers les Palestiniens ».

Menée par une cellule affiliée au Hamas, la fusillade palestinienne a coûté la vie à quatre Israéliens dans une station-service située aux abords de l’implantation d’Eli, ce qui a donné lieu à plusieurs jours de représailles en Cisjordanie et à des initiatives des résidents d’implantations pour établir de nouveaux avant-postes illégaux. Suite à cet attentat, le Premier ministre Benjamin Netanyahu s’était engagé à ce qu’Israël s’implante plus profondément en Cisjordanie.

Le corps d’un terroriste palestinien recouvert d’un sac en plastique noir sur les lieux d’un attentat qui a coûté la vie à quatre Israéliens dans une station-service située aux abords de l’implantation d’Eli en Cisjordanie. (Crédit : AP/Ohad Zwigenberg)

« Le cycle ininterrompu des violences en Israël et Cisjordanie doit être brisé », ont déclaré les ministres dans leur communiqué de vendredi, ajoutant que « l’Australie, le Canada et le Royaume-Uni soutiennent les populations israélienne et palestinienne et leur droit à vivre en paix et en sécurité, dans la dignité, sans peur, dans le respect de leurs droits ».

La semaine passée, le Conseil de sécurité de l’ONU avait demandé que les auteurs des violences soient jugés, dans un communiqué de presse au ton manifestement adouci à la demande des États-Unis.

L’ambassadeur adjoint des États-Unis à l’ONU, Robert Wood, a dit au Conseil que l’administration Biden partageait l’inquiétude née des violences.

Wood a ajouté que les États-Unis étaient « horrifiés par l’attentat terroriste brutal contre les Israéliens » à Eli, qu’ils condamnaient « avec la plus grande fermeté ». Il a par ailleurs condamné « les récentes attaques menées par des résidents d’implantations extrémistes contre des civils palestiniens, qui ont fait des morts, des blessés sans parler des dégâts importants ».

Washington avait déjà mis Israël en garde contre ses projets d’expansion des implantations, suite à l’annonce faite en ce sens par Jérusalem la semaine passée. Cette annonce, le 18 juin, avait amené le Maroc à annuler le deuxième sommet ministériel du Forum du Néguev, prévu le mois prochain.

L’administration Biden est de plus en plus franche dans sa critique d’Israël en matière d’implantations. En juin, le Secrétaire d’État Antony Blinken a ainsi qualifié les implantations « d’obstacle aux espoirs que nous portons », dans un discours prononcé devant le groupe de lobbying pro-israélien AIPAC.

Des agents de la police des frontières empêchent des résidents d’implantations israéliens d’entrer dans la ville palestinienne de Turmus Ayya, en Cisjordanie, le 21 juin 2023. (Crédit : AP Photo/Ohad Zwigenberg)

Mais le gouvernement extrémiste d’Israël, qui compte un assez grand nombre de partisans et de théoriciens du mouvement des implantations, semble déterminé à profiter de l’occasion pour en finir avec l’idée d’un État palestinien, bien que Netanyahu assure avoir pour objectif de normaliser sa relation avec l’Arabie saoudite.

Un responsable américain a déclaré au Times of Israël, la semaine dernière, que la poursuite du mouvement des implantations « obère » les chances de parvenir à la normalisation, d’autant que Ryad est bien décidé à utiliser cet argument pour faire progresser la question de la souveraineté palestinienne.

Le gouvernement Netanyahu a par ailleurs adopté une résolution qui confère la quasi-totalité du contrôle sur les projets de construction en Cisjordanie au ministre des Finances d’extrême droite Bezalel Smotrich, lui-même résident d’implantation et ardent défenseur du mouvement nationaliste. Cette décision aura pour conséquence d’accélérer et de faciliter le processus d’expansion des implantations existantes en Cisjordanie et de légalisation rétroactive de certains avant-postes illégaux.

Pour la communauté internationale et les Palestiniens, la construction de telles implantations est illégale et dénuée de toute légitimité, en plus d’être un obstacle à la paix. Plus de 700 000 Israéliens vivent aujourd’hui en Cisjordanie et à Jérusalem-Est, territoires pris par Israël en 1967 et revendiqués par les Palestiniens pour la constitution d’un futur État.

Jeremy Sharon et Jacob Magid ont contribué à cet article.

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