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Au tribunal, Hadas Klein raconte les menaces de suicide de Sara Netanyahu

Outre les menaces, le témoin a détaillé les bijoux et vêtements haut de gamme envoyés aux Netanyahu - à leur demande - par les bienfaiteurs, Milchan et Packer

Hadas Klein arrivant au tribunal pour témoigner dans le procès contre l'ancien Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, au tribunal de Jérusalem, le 11 juillet 2022. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
Hadas Klein arrivant au tribunal pour témoigner dans le procès contre l'ancien Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, au tribunal de Jérusalem, le 11 juillet 2022. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Sara Netanyahu a menacé de se suicider lors d’une réunion concernant des plans de rénovation d’une piscine, tout en proférant des insultes à l’encontre de l’assistante de deux milliardaires accusés d’avoir offert des cadeaux coûteux aux Netanyahu, a déclaré l’assistante au tribunal de Jérusalem lundi.

Hadas Klein, l’assistante personnelle du producteur hollywoodien Arnon Milchan et du milliardaire australien James Packer, a également détaillé les cadeaux que les Netanyahu ont demandé et reçu, tel qu’un bracelet serti de diamants d’une valeur de près de 50 000 dollars.

Klein, un témoin clé de l’accusation de l’État dans le procès pour corruption de Netanyahu, témoignait pour la troisième fois concernant l’Affaire 1000, le procès pour corruption de Netanyahu, dans lequel il est accusé de fraude et d’abus de confiance pour avoir supposément accepté des cadeaux de luxe de Milchan et Packer pour une valeur de 691 776 shekels.

Lors de l’audience de lundi au tribunal de Jérusalem, Klein a expliqué en détails comment Sara Netanyahu avait cherché à faire rénover une piscine dans la maison privée de sa famille à Césarée aux frais de l’État, un projet auquel Netanyahu s’est finalement opposé.

Elle a témoigné que Gal Gefen, le responsable de la résidence de Milchan en Israël qui travaillait également comme inspecteur du bâtiment pour la nouvelle maison de Packer à Césarée, lui aurait dit que Sara lui avait demandé de se joindre à une réunion avec le directeur du bureau du Premier ministre.

Klein a dit à Gefen de ne pas y aller puisqu’il travaillait déjà pour Milchan et Packer, et a téléphoné à Sara pour l’informer de la situation.

Arnon Milchan, au centre, avec Shimon Peres, à gauche, et Benjamin Netanyahu, le 28 mars 2005. (Crédit : Flash90/File)

« J’ai reçu une avalanche de cris et de hurlements, un appel téléphonique vraiment difficile », a témoigné Klein. « Elle avait besoin de crier, hurlant qu’à cause de moi, elle serait en retard au travail, qu’elle n’avait pas mon salaire et qu’elle se suiciderait après avoir rédigé une lettre [de suicide]. »

Quelques heures plus tard, le Premier ministre de l’époque a appelé Klein et lui a dit qu’elle devait permettre à Sara de faire ce qu’elle souhaitait puisque c’était légal.

Cependant, des mois plus tard, lorsque Sara a dit à Klein que l’État paierait pour faire refaire l’étanchéité de leur piscine privée si le prix de 120 000 shekels proposé par Gal tombait sous la barre des 100 000 shekels, Klein a organisé une réunion avec Benjamin Netanyahu, mais sans sa femme, afin de lui expliquer la situation.

« J’ai tout expliqué à Netanyahu ; il a tapé sur la table et a dit que cela n’arriverait pas », a-t-elle dit.

Klein a également témoigné de la manière dont l’assistant de Packer a acheté un bracelet en diamants d’une valeur de 46 000 dollars pour Sara Netanyahu, après que celle-ci a demandé « quelque chose de beau », juste avant l’anniversaire du couple.

Un bracelet qui aurait été offert de manière illicite à Sara Netanyahu. (Crédit : Douzième chaîne /Uvda screenshot)

« Ian Morris [l’assistant de Packer] m’a appelé et m’a dit : ‘J’ai acheté des bijoux extraordinaires pour Netanyahu’ et il m’a dit combien ils avaient coûté. J’ai été choquée et j’ai répondu : ‘C’est dingue' », a raconté Klein au tribunal.

Milchan, qui devait à l’origine participer aux frais du bijou que Sara avait demandé, était également inquiet de la valeur élevée du cadeau et a décidé de ne finalement pas participer à l’achat du bracelet. Klein a déclaré qu’il lui a ensuite demandé d’obtenir le reçu de Morris afin de le remettre à Sara, mais que lorsqu’elle a essayé de le faire, la femme du Premier ministre de l’époque a refusé de l’accepter.

Klein a également témoigné au sujet de boucles d’oreilles valant des milliers de shekels que Sara aurait demandées à Milchan, ainsi que de vestes haut de gamme des marques North Face et Columbia, et de chemises de Brioni valant « plusieurs centaines de livres sterling chacune ».

Le témoignage de Klein a surtout porté sur les divers cadeaux qu’elle a aidé à préparer pour les Netanyahu, ainsi que sur la volonté présumée de l’ancien Premier ministre d’intervenir en faveur de Milchan, notamment lorsqu’il a tenté de renouveler son visa américain.

À la barre, Klein a mentionné un incident au cours duquel Milchan serait intervenue pour aider Yossi Cohen, un confident de Netanyahu qui allait diriger le Mossad, à obtenir le poste de chef du Conseil national de sécurité.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu, à gauche, et le chef du Mossad Yossi Cohen, lors d’une cérémonie de toast pour le nouvel an juif, le 2 octobre 2017. (Crédit : Haim Zach/GPO/File)

Cohen était présent lors de visites privées effectuées par Netanyahu au domicile de Milchan à Beit Yannai, a déclaré Klein la semaine dernière.

Klein a déclaré que Cohen avait contacté Milchan au sujet de son intérêt pour le poste et que Milchan avait dit à Cohen qu’il en parlerait à Netanyahu, selon Milchan.

Klein a déclaré que Milchan lui a téléphoné le vendredi suivant et lui a dit de dire à Cohen qu’il avait parlé avec Netanyahu et Sara, et qu’ils avaient accepté sa nomination.

Klein doit être contre-interrogée par les avocats de Netanyahu mardi.

L’acte d’accusation contre Netanyahu dans l’Affaire 1000 accuse l’ancien Premier ministre de fraude et d’abus de confiance pour avoir supposément accepté des cadeaux de luxe de Milchan et Packer pour une valeur de 691 776 shekels et pour avoir aidé Milchan pour des questions personnelles liées à des visas et pour obtenir des avantages réglementaires et fiscaux pour ses intérêts commerciaux en Israël.

Outre l’Affaire 1000, Netanyahu est accusé de fraude et d’abus de confiance dans deux autres affaires, ainsi que de corruption dans l’une d’elles. Il a nié avoir commis des actes répréhensibles et a affirmé sans preuve que les accusations étaient fabriquées et faisaient partie d’une tentative du ministère public et de ses rivaux politiques de le forcer à quitter ses fonctions.

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