Hanegbi : Netanyahu restera encore 10 ans au pouvoir
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Hanegbi : Netanyahu restera encore 10 ans au pouvoir

Tzachi Hanegbi a aussi déclaré qu’il se voyait lui-même comme le candidat le plus à même pour succéder au Premier ministre quand il quittera la politique

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu, au centre, avec le ministre du cabinet Tzachi Hanegbi, à droite, lors d'une séance plénière de la Knesset le 18 juillet 2018 (Crédit : Hadas Parush/Flash90 )
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu, au centre, avec le ministre du cabinet Tzachi Hanegbi, à droite, lors d'une séance plénière de la Knesset le 18 juillet 2018 (Crédit : Hadas Parush/Flash90 )

Samedi, Tzachi Hanegbi, ministre de Likud, a prédit que le Premier ministre Benjamin Netanyahu restera au pouvoir en Israël pendant une autre décennie. Il a dit qu’il était lui-même le candidat le plus à même pour lui succéder quand il finira par quitter la politique.

« L’ère Netanyahu finira dans 10 ou 11 ans », a déclaré Hanegbi lors d’un événement culturel organisé samedi. Cette remarque est intervenue alors qu’il y a de nombreuses spéculations sur les prochaines élections en Israël. Hanegbi a donc prédit que le Premier ministre, âgé de 68 ans, restera encore au pouvoir pendant deux mandats.

Hanegbi pense aussi qu’il prendra la relève de Netanyahu, qui n’a aucun numéro deux clairement défini dans son parti du Likud. « Quand le temps sera venu, je considère être le plus à même parmi mes collègues à me présenter au poste de Premier ministre », a déclaré Hanegbi qui est actuellement ministre pour la coopération régionale.

Selon Hanegbi, Netanyahu est « prêt pour des nouvelles élections, il veut des élections, mais sa coalition ne le lui permet pas encore pour le moment ».

Le ministre de la Coopération régionale Tzachi Hanegbi à la Knesset, le 9 juillet 2017. (Yonatan Sindel/Flash90)

Plus tôt ce mois, Netanyahu se serait disputé avec Moshe Kahlon, le ministre des Finances du parti Koulanou, en présence d’autres ministres.

Selon certaines informations qui ont fuité de la rencontre pourtant tenue huis clos, Kahlon aurait attaqué Netanyahu en lui disant qu’il était « un théoricien, un philosophe. Tu parles et ensuite tu nous laisses y aller et faire le boulot ».

Il aurait même ajouté : « Même si tu restais Premier ministre 20 ans de plus, tu ne passerais aucune réforme sérieuse ».

Selon les sources, la question des prochaines élections a constitué le principal point des discussions de la rencontre.

Le projet de loi d’incorporation des séminaristes ultra-orthodoxes constitue la menace la plus directe à la stabilité de la coalition. Le projet doit être voté d’ici septembre afin de respecter les délais fixés par la Haute Cour de Justice. Le projet de loi a pourtant été confronté à l’opposition de principe des partis ultra-orthodoxes du Shas et YaHadout HaTorah. Ces derniers, même s’ils soutiennent largement la loi dans des discussions officieuses, se sont publiquement prononcés contre ce projet de loi.

Le ministre des Finances Moshe Kahlon dirige une réunion de faction de son parti Koulanou à la Knesset le 5 mars 2018. (Hadas Parush/Flash90)

Lors de la rencontre, Netanyahu a dit qu’il espérait que la coalition arriverait à traverser la crise qui s’est développée autour du projet de loi. « C’est une excellente coalition, a-t-il dit, et j’aimerais bien continuer de la sorte presque jusqu’à la fin du mandat ».

La semaine dernière, le projet de loi a été adopté au premier des trois votes de seance plénière, et Netanyahu devrait demander à la Haute Cour un délai supplémentaire de plusieurs mois pour parvenir à un compromis.

Si la Cour accorde un délai, comme elle devrait le faire, la coalition restera probablement intacte pour les mois à venir. Si la Knesset est dissoute pendant la session d’automne, avec la campagne électorale obligatoire de trois mois, cela implique que les élections ne se tiendront probablement pas avant le printemps 2019.

Si la 20e Knesset ne se dissout pas d’elle-même, les prochaines élections auront lieu en novembre 2019. Pourtant, les parlements et les gouvernements israéliens durent rarement l’intégralité de leur mandat, dans la mesure où les différents partenaires de la coalition trouvent souvent des motifs de discorde à l’approche des années électorales. Chaque parti cherche, en effet, à se distinguer auprès des électeurs.

Netanyahu a commencé son mandat actuel le 31 mars 2009. Il a remporté trois élections au cours de ce mandat, dont la dernière en mars 2015.

Netanyahu, qui a été élu pour la première fois en 1996, est resté au pouvoir pendant seulement trois années de son premier mandat avant de perdre les élections de 1999 face à Ehud Barak.

Il n’y a pas de nombre maximum de mandats pour le poste de Premier ministre en Israël.

Pourtant, la capacité de Netanyahu à se projeter vers deux mandats supplémentaires dépend largement de l’issue d’une série d’enquêtes pour corruption dans lequelles il est impliqué.

Le Procureur d’Etat examine actuellement s’il faut ou non poursuivre le Premier ministre dans deux autres affaires de corruption, également connues comme l’Affaire 1000 et l’Affaire 2000, après que la police a recommandé en février de poursuivre Netanyahu en justice pour ces deux affaires.

Quelques milliers d’Israéliens réclament à Tel Aviv la démission du Premier ministre Benjamin Netanyahu, le 16 février 2018. (Crédit : Miriam Alster/Flash90)

Dans l’Affaire 1000, Netanyahu et sa femme sont suspectés d’avoir reçu illégalement des cadeaux de la part de bienfaiteurs milliardaires. Hefez aurait founi aux enquêteurs les noms d’autres soutiens financiers du couple. Cela tendrait à démontrer qu’il s’agissait de pratiques récurrentes et non pas d’un cas isolém, conférant alors plus de poids au dossier.

Dans l’Affaire 2000, Netanyahu est suspecté d’avoir passé des accords illégaux avec Arnon Mozes, le directeur du journal Yedioth Ahronoth. Hefetz aurait fourni les noms d’autres personnalités ayant été témoins des conversations de deux hommes.

Le Premier ministre est aussi suspecté dans l’enquête Bezeq, aussi connue comme l’Affaire 4000. Netanyahu, qui a aussi servi en tant que Ministre de communications pendant plusieurs années après ses deux premiers mandats de Premier ministre, est soupçonné d’avoir pris de décisions politiques en faveur de l’actionnaire principal de Bezeq, Shaul Elovith, en échange d’un couverture médiatique favorable des Netanyahu dans le site d’information Walla, que détient Elovitch.

Netanyahu a nié toute malversation dans chacune des affaires.

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