Helen Mirren dénonce les « forces du mal » en Israël après une vidéo virale
L’actrice affirme que la création de l’État juif après la Shoah "a été un moment très important ", mais que cela s’est peut-être fait de manière inappropriée
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JTA – L’actrice britannique Helen Mirren a critiqué Israël lors d’un festival du film en Italie, dans ses premières déclarations publiques depuis qu’une vidéo de surveillance d’un incident survenu en novembre, au cours duquel un inconnu l’avait traitée de « evil Zionist bitch » [« salope de sioniste maléfique »], est devenue virale à la fin du mois dernier.
« Les forces du mal gagnent du terrain partout, même dans un pays comme Israël », a déclaré Mirren lors d’une interview avec des journalistes au Festival du film de Taormine, en Sicile, selon des informations relayées par la presse people. « Comment peut-on infliger à d’autres ce que l’on a soi-même subi en tant que peuple ? Cela s’appelle des crimes contre l’humanité. »
L’actrice oscarisée, âgée de 80 ans, recevra vendredi un prix d’honneur pour l’ensemble de sa carrière lors du festival. Parmi ses nombreux rôles, elle a notamment incarné l’ancienne Première ministre israélienne Golda Meir dans le biopic Golda (2023), dont elle avait présenté la première à Jérusalem.
Mirren n’est pas juive, mais elle entretient des liens de longue date avec Israël, qui remontent à 1967, lorsqu’elle s’y était rendue avec un petit ami juif pour passer un mois comme volontaire dans un kibboutz du nord du pays.
Elle est revenue sur cette période à Taormine.
« J’ai vu les choses de l’intérieur, et certaines m’ont troublée dans l’Israël de cette époque », a-t-elle déclaré, selon Deadline. « Je parle de six mois après la guerre des Six Jours. »
Ce ne sont pas les premières critiques de Mirren à l’égard du gouvernement israélien. Lors de la promotion de Golda, début 2023, elle avait déjà affirmé que, selon elle, Meir serait « absolument horrifiée » par les dirigeants actuels d’Israël, pays qu’elle qualifiait alors de « dictature ».
Mais elle avait également tenu des propos positifs sur Israël lors de ces événements promotionnels, qui avaient eu lieu peu avant le pogrom perpétré par le groupe terroriste palestinien du Hamas ayant déclenché la guerre à Gaza. Évoquant les Israéliens qui manifestaient alors massivement contre la refonte judiciaire du gouvernement, elle avait parlé d’eux comme de « son peuple ».
« Je crois en Israël, en l’existence d’Israël, et je crois qu’Israël doit continuer d’avancer vers l’avenir, pour l’éternité », avait-elle déclaré à la chaîne N12 en août 2023. « Je crois en Israël à cause de la Shoah. »
Elle a également déclaré, en parlant de sa visite de 1967, avoir été « témoin de choses de choses qui n’étaient pas justes. J’ai vu des Arabes être chassés de leurs maisons à Jérusalem. Mais il y avait aussi cette énergie extraordinaire, presque magique, d’un pays qui commençait tout juste à s’enraciner. C’était une période incroyable à vivre ici ».
Lors de l’incident de novembre, l’homme qui a interpellé Mirren et son mari, Taylor Hackford, semblait faire allusion à ces propos en affirmant qu’elle avait « dit qu’Israël devait exister pour toujours à cause de la Shoah » et qu’elle était « très heureuse que les maisons des Palestiniens aient disparu ».
Hackford lui a répondu d’aller se « faire foutre », alors que Mirren reste silencieuse dans la vidéo.
À Taormine, l’actrice a présenté une vision plus nuancée de ses convictions, tout en saluant les communautés créatives et intellectuelles d’Israël.
« J’ai grandi en Europe après la Seconde Guerre mondiale, et la prise de conscience, dans la génération de mes parents, de ce qui s’était passé pendant la Shoah était si profonde, si importante », a déclaré Mirren. « Par conséquent, la création d’Israël a été un moment très important, mais cela s’est peut-être fait d’une manière totalement inappropriée, au mauvais endroit, je ne sais pas. Mais il fallait faire quelque chose après cette horreur. »
Selon Variety, elle aurait ajouté que « le mal rôde toujours, attendant de prendre le dessus, même dans un endroit comme Israël. J’ai incarné Golda Meir et travaillé dans un pays qui représentait l’Israël idéaliste. J’ai toujours pensé que c’était un pays qui ne ferait jamais rien de mal, mais bien sûr, il commettait des erreurs, même à l’époque. »
Au sujet de la vidéo virale dans laquelle elle est prise à partie, Mirren a déclaré aux journalistes présents au festival qu’elle pensait avoir été « attaquée par erreur par un homme qui était peut-être un peu trop passionné, ou peut-être pas tout à fait stable mentalement ».
Elle a ajouté qu’il avait peut-être « lu des choses sur Internet ou cru avoir lu quelque chose qu’il n’avait pas lu, je ne sais pas ».
Bien que la police métropolitaine de Londres ait initialement déclaré qu’un incident pouvait faire l’objet d’une enquête pour crime de haine antisémite même lorsque la victime n’est pas juive, elle ne poursuivra pas l’enquête, Mirren et Hackford ayant décidé de ne pas porter plainte.
L’équipe du Times of Israël a contribué à cet article.
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