Hubert Germain, 100 ans, dernier des Compagnons de la Libération
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Hubert Germain, 100 ans, dernier des Compagnons de la Libération

Ancien député gaulliste et ministre de Georges Pompidou, ce résistant a été décoré par le général de Gaulle fin 1944 en Italie

Hubert Germain, compagnon de la libération. (Crédit : AFPTV)
Hubert Germain, compagnon de la libération. (Crédit : AFPTV)

Hubert Germain devient, après le décès de Daniel Cordier, le dernier Compagnon de la Libération encore en vie.

A ce titre, il reposera à sa mort au Mont-Valérien, principal lieu d’exécution des résistants durant la Seconde Guerre mondiale.

Ancien député gaulliste et ministre de Georges Pompidou, ce résistant a fêté le 6 août son 100e anniversaire.

Fils d’un général des troupes coloniales, Hubert Germain passait le concours d’entrée de l’école navale à Bordeaux au moment de la débâcle du printemps 1940. « Au bout de cinq minutes, je me suis dit : ‘Mais qu’est-ce que tu fais là ?' », expliquait-il en 2018 à l’AFP. « Je me suis levé en disant à l’examinateur : ‘Je pars faire la guerre' ».

Il embarque à Saint-Jean-de-Luz, à bord d’un navire transportant des soldats polonais à destination de l’Angleterre et arrive à Londres le 24 juin 1940. Il intègre la Légion étrangère et combat en Syrie, en Libye où il est engagé dans les combats de Bir Hakeim, en Egypte, en Italie, en Provence, dans les Vosges et en Alsace. Il est blessé et décoré par le général de Gaulle fin juin 44 en Italie.

Interrogé il y a une quinzaine d’années, avec les survivants des 1 038 Compagnons de la Libération, sur le fait de savoir s’il accepterait, le cas échéant, d’être inhumé dans la crypte du Mont-Valérien, Hubert Germain avait répondu par l’affirmative, a indiqué vendredi à l’AFP Vladimir Trouplin, conservateur du musée de l’Ordre de la Libération.

Quelques-uns de ses camarades avaient alors décliné, « pour des raisons familiales », a précisé M. Trouplin.

Le jour venu, le dernier des Compagnons sera donc inhumé dans le caveau numéro 9, au centre de la crypte du Mémorial de la France combattante, à Suresnes (Hauts-de-Seine).

Yves De Daruvar, à droite, avec Hubert Germain, tous deux compagnions de la Libération, aux Invalides à Paris, le 22 septembre 2017. (Crédit : AFP/ Thomas Samson)

Ce monument au pied de la forteresse du Mont-Valérien avait été érigé en hommage aux Français combattants, résistants et déportés de la Seconde Guerre mondiale. Le Mont-Valérien a été le principal lieu d’exécution de résistants et d’otages par l’armée allemande.

« Hubert Germain rejoindra les 16 morts pour la France de 1939 à 1945 qui représentent à la fois toutes les formes d’engagement et les différents lieux de combat de la France », a expliqué Vladimir Trouplin.

Il s’agit de 11 militaires (dont deux tirailleurs d’Afrique du Nord, deux tirailleurs d’Afrique noire et trois membres des Forces françaises libres) et de cinq résistants (dont un FFI du Vercors et un de la résistance indochinoise).

Parmi ces illustres combattants, on peut citer Betty Albrecht, Raymond Anne, Diasso Kal Boutie, Alfred Touny et Renée Lévy.

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