Daniel Cordier, l’avant-dernier Compagnon de la Libération, est mort
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Daniel Cordier, l’avant-dernier Compagnon de la Libération, est mort

Un hommage national sera rendu au célèbre résistant, a annoncé le président Emmanuel Macron

Daniel Cordier, ancien secrétaire de Jean Moulin, lors d'une cérémonie devant le mémorial des déportés à Rennes, le 25 mai 2012. (Crédit : Pgautl35CC BY-SA 3.0/WikiCommons)
Daniel Cordier, ancien secrétaire de Jean Moulin, lors d'une cérémonie devant le mémorial des déportés à Rennes, le 25 mai 2012. (Crédit : Pgautl35CC BY-SA 3.0/WikiCommons)

Daniel Cordier, l’avant-dernier Compagnon de la Libération et ancien secrétaire de Jean Moulin, est décédé à l’âge de 100 ans, a-t-on appris vendredi de source gouvernementale.

Un seul Compagnon de la Libération est encore vivant, Hubert Germain, lui aussi centenaire, sur les 1 038 distingués par le général de Gaulle pour leur engagement au sein de la France libre pendant l’Occupation allemande.

Il est prévu que le dernier des Compagnons qui décèdera sera inhumé au Mont-Valérien, le principal lieu d’exécution de résistants et d’otages par l’armée allemande durant la Seconde Guerre mondiale, entre George Brière, matelot au 1er régiment de fusiliers-marins, tué dans les Vosges en novembre 1944, et Alfred Touny (« Colonel Guérin ») fusillé en avril 1944, également Compagnon de la Libération.

Ancien secrétaire de Jean Moulin devenu marchand d’art réputé après la guerre, le compagnon de la Libération Daniel Cordier, mort vendredi à l’âge de 100 ans, est l’un des tout premiers Français à avoir rallié les Forces françaises libres en juin 1940.

Né le 10 août 1920 à Bordeaux, le jeune militant maurrassien et monarchiste est sur le point d’être incorporé dans l’armée lorsque le maréchal Pétain annonce l’armistice. Révolté par ce discours, il décide de rallier sur le champ les Forces françaises libres (FFL).

Il embarque le 21 juin 1940 à Bayonne, direction Londres.

« Je suis le fils de la guerre de 1914. Mon enfance, ce sont les monuments aux morts, les mutilés, etc. Alors, en 1940, quand la France a perdu la guerre qu’elle avait gagnée vingt ans plus tôt, ça a été pour moi insupportable », expliquait Daniel Cordier.

À l’été 1941, il est nommé au service « Action » du Bureau central de Renseignements et d’Action (BCRA), les services secrets des FFL, et suit pendant un an un entraînement spécial sur le sabotage, la radio, les atterrissages et parachutages.

Parachuté en France occupée, en juillet 1942, près de Montluçon, il devient le secrétaire de Georges Bidault, responsable de l’agence de presse clandestine de la Résistance.

Très vite, il rencontre à Lyon Rex, alias Jean Moulin, représentant du général de Gaulle et délégué du Comité national français, qui l’engage pour organiser son secrétariat à Lyon.

Le président français Emmanuel Macron aux côtés de Daniel Cordier, résistant pendant la Seconde Guerre mondiale, lors d’une cérémonie commémorant l’appel du général Charles De Gaulle en juin 1940 à la résistance française contre l’Allemagne nazie, au mémorial national du Mont Valérien à Suresnes, en dehors de Paris, le 18 juin 2018. (Crédit : LUDOVIC MARIN / AFP)

Daniel Cordier est alors le témoin privilégié des immenses difficultés rencontrées par Rex pour unifier la Résistance. Il restera son bras droit jusqu’à l’arrestation de Jean Moulin en juin 1943. Il ne connaîtra son véritable nom qu’en octobre 1944.

Après l’arrestation de Rex, il poursuit sa mission en zone nord auprès de Claude Bouchinet-Serreulles, successeur par intérim de Jean Moulin, avant de rejoindre Londres en mai 1944 et continue de travailler pour le BCRA.

Daniel Cordier, qui a abandonné ses idées d’extrême-droite pour devenir socialiste humaniste, restera longtemps silencieux sur cette période.

Initié à la peinture par Jean Moulin, dessinateur confirmé, il commence une carrière d’artiste et de collectionneur (Braque, Soutine, Rouault, de Staël et beaucoup d’autres). De 1956 à 1964, il tient une galerie à Paris qui lancera de nombreux artistes.

Il a fait don de centaines d’œuvres au Musée Georges-Pompidou.

À la fin des années 70, furieux des accusations selon lesquelles Jean Moulin aurait été un agent crypto-communiste, ce compagnon de la Libération entreprend des recherches pour défendre son œuvre et sa mémoire.

En 1983, il publie Jean Moulin, l’inconnu du Panthéon, une colossale biographie en trois tomes de l’illustre résistant.

« Se trouver face à vous, c’est se trouver immédiatement, irrésistiblement, face à l’Histoire », lui déclarait le président Emmanuel Macron le 18 juin 2017, en le décorant de la Grand-Croix, le grade le plus élevé de la Légion d’honneur.

Un hommage national sera rendu à Daniel Cordier, a annoncé le président dans un tweet.

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