Le comté de Miami-Dade relève le plafond de ses investissements en bons israéliens
Le plafond est passé de 3 % à 5 % à l'issue d'un vote à l'unanimité malgré une opposition désireuse d'investissements locaux
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JTA — La région de Miami-Dade, en Floride, pourra dépenser plusieurs millions de dollars de plus d’argent public en Israël, ses autorités ayant augmenté la part des investissements du comté susceptibles d’inclure des bons israéliens.
La semaine dernière, le conseil des commissaires du comté a approuvé une résolution, au début d’une réunion qui aura duré sept heures, par un vote unique et unanime concernant de nombreuses ordonnances. Ceci va permettre au comté d’investir jusqu’à 5 %, au lieu de 3 %, de ses 9 milliards de dollars d’investissements dans ces obligations — de la dette émise par le gouvernement israélien et vendue par un souscripteur américain.
Malgré le précédent plafond, fixé à 3 %, les obligations israéliennes ne représentent que près d’1,48 % du portefeuille de Miami-Dade, soit environ 130 millions de dollars, selon le rapport d’investissement du troisième trimestre du comté.
Connus sous le nom d’« Israel Bonds », ces prêts sont profondément ancrés dans la relation de la diaspora avec le pays.
Israël, à l’instar d’autres pays, lève des fonds en vendant des obligations à des investisseurs, lesquels perçoivent par la suite, après une période déterminée, leur remboursement assorti des intérêts. Mais pour les Juifs américains, ces obligations sont émises via la Development Corporation for Israel, dont le siège se trouve aux États-Unis, et qui sert de souscripteur depuis 1951.
Le comté de Miami-Dade a commencé à acheter des obligations israéliennes en 2016. Mais ces investissements ont augmenté de manière substantielle juste après le pogrom du Hamas en Israël, le 7 octobre 2023. À l’époque, la maire de Miami-Dade, Daniella Levine Cava, avait annoncé que le comté porterait ces investissements de 51 à 76 millions de dollars.
A l’époque, le comté de Palm Beach a pris une décision similaire, tout comme d’autres villes, comtés et États aux Etats-Unis.
Toutefois, de plus en plus de militants, partout dans le pays, incitent les autorités à ne plus investir dans des obligations israéliennes, en raison des opérations militaires israéliennes à Gaza.
Lancée par le groupe progressiste Jewish Voice for Peace (JVP), l’initiative « Break the Bonds » affirme que « l’armée israélienne commet un génocide contre les Palestiniens à Gaza », et que ce sont précisément les investissements communautaires dans ces obligations qui le rendent possible.
« Au moment où tant de personnes, au sein dans notre communauté, sont en difficulté, nous pensons que nos deniers publics devraient être investis dans nos communautés et pour répondre aux besoins des personnes qui vivent ici », a déclaré JVP South Florida dans un communiqué, avant le vote de mardi dernier.
Les représentants d’Israel Bonds n’ont pas répondu aux demandes répétées de commentaires.
Compte tenu de l’adoption rapide de cette résolution, qui s’est déroulée sans public à l’occasion de la réunion du conseil, les opposants se sont inscrits pour témoigner sur un point non lié afin de faire part de leurs préoccupations.
« L’argent de mes impôts devrait être en sécurité et servir à ma communauté », a déclaré aux commissaires Jared Simon, un habitant de Coconut Grove qui s’est dit juif.
« Vous n’avez pas autorisé les commentaires publics avant de voter », a-t-il ajouté. « Vos administrés ne veulent pas que l’argent de leurs impôts aille au gouvernement israélien. »
S’agissant de l’absence de public, les commissaires ont répondu que les riverains avaient déjà eu l’occasion de s’exprimer sur la résolution lors d’une session organisée cet été. Cette session s’est en effet tenue le 15 juillet dernier, lorsque le comité intergouvernemental et d’impact économique a transmis la résolution au conseil des commissaires du comté avec avis favorable.
Ont notamment pris la parole — sans s’être manifestement inscrit pour le faire — James Fishback, un ancien candidat d’extrême droite au poste de gouverneur et virulent critique d’Israël. Affirmant que les commissaires avaient « voté à l’unanimité pour donner jusqu’à 450 millions de dollars à Israël », Fishback a déclaré qu’il préférait ne pas être « reconduit dehors par ces braves messieurs en uniforme ».
« Etes-vous au service des habitants de Hialeah ou de Haïfa ? Etes-vous au service des habitants d’Aventura ou de Tel-Aviv ? », a-t-il demandé aux commissaires. « Etes-vous au service des habitants de South Miami ou de Jérusalem ? Cet argent devrait être investi ici, dans cette communauté. »
Lorsque les agents ont sorti Fishback de l’auditorium, quelqu’un depuis le public s’est écrié « America First ! ».
Oliver Gilbert, l’un des commissaires, a répondu : « Le conseil n’a pas voté aujourd’hui pour donner de l’argent à qui que ce soit », ajoutant qu’ils avaient simplement « fixé des critères d’investissement ».
Avant que la réunion de mardi n’atteigne son point de tension maximale, Keon Hardemon, un autre commissaire, a déclaré au public que ses collègues et lui-même « s’en fichent de ce dont vous parlez, du sujet qui ne vous plaît pas, de ce qui vous importe ou non, de votre politique ».
« Ce que nous n’allons pas tolérer, ce sont les gens qui veulent que des personnes dans cette salle se sentent mal à l’aise », a ajouté Hardemon.
Immédiatement après son intervention, la contestation publique sur la résolution, connue sous le nom de 11A2, s’est poursuivie.
Mina Trachtenberg, une habitante de Miami, a soutenu que les politiques d’investissement du comté exigeaint la priorité « des fonds publics et de la liquidité des fonds publics avant tout ».
« La résolution adoptée aujourd’hui fait tout le contraire, en ouvrant la porte à l’achat d’obligations à haut risque, voire de catégorie spéculative, d’une entité étrangère », a déclaré Trachtenberg. « S’il vous plaît, désinvestissez de l’apartheid. »
Anthony Rodriguez, le président du conseil des commissaires du comté, a alors demandé aux sergents présents dans la salle d’expulser toux ceux qui refusaient de se plier aux règles, après quoi Mohammed Mohammed, un habitant de Miami, s’est présenté à la tribune pour faire part de son inquiétude à l’idée d’être « sorti des lieux parce qu’il est Palestinien ».
« Ce n’est pas le cas. Ne faisons dire aux gens ce qu’ils n’ont pas dit », a répondu Rodriguez, visiblement agacé. « Vous devez simplement suivre les règles et parler du sujet qui est posé. »
Mohammed a ensuite déclaré « que la résolution 11A2 était une honte absolue », ce à quoi a réagi Rodriguez en appelant les sergents et déclarant que les intervenants ne voulaient pas autre chose que « leur minute de gloire ».
L’auteur de la résolution, le commissaire René García, a expliqué que le comté investissait près de 9 milliards de dollars pour générer « un rendement supérieur » pour financer les besoins publics. Ex-sénateur républicain de l’État, il a ajouté que cette règle ne faisait que garantir « une plus grande flexibilité et davantage de liquidité » pour certains investissements.
En plus de relever le plafond d’investissement de 3 % à 5 %, la résolution réduit la maturité des « obligations garanties par la pleine foi et le crédit de l’État d’Israël » de cinq à trois ans.
Les auteurs de cette résolution ont en outre supprimé la clause qui exigeait jusque-là qu’Israël dispose d’une note de crédit « A » de la part d’au moins deux agences. Cela découle d’une loi récente de Floride autorisant les investissements dans les obligations israéliennes quelle que soit la notation du pays. Ce changement est particulièrement important car les notes de crédit d’Israël ont considérablement fluctué ces dernières années.
la Communauté du Times of Israël !







