Renouer la confiance avec l’Iran sera compliqué, selon un haut responsable émirati
Les Émirats, alliés de Washington, ont subi de plein fouet la riposte de Téhéran, qui les a frappés avec plus de 3 300 missiles et drones au cours des premières semaines de la guerre
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Renouer la confiance avec l’Iran sera une tâche difficile mais nécessaire, a déclaré lundi un haut responsable émirati, alors que Téhéran a régulièrement pris pour cible les pays du Golfe ces derniers mois.
« Notre dialogue avec l’Iran doit être ambitieux. Il doit dépasser les problèmes ponctuels et aborder les sujets stratégiques plus larges qui concernent le Golfe tout entier : la sécurité, la liberté de navigation, la non-ingérence, la coopération économique et, en fin de compte, la restauration de la confiance », a déclaré Anwar Gargash, conseiller diplomatique du président des Émirats, lors du Forum Hili à Abou Dhabi.
« La confiance est une montagne à gravir, mais cela en vaut la peine », a-t-il ajouté lors de cette plateforme régionale de dialogue stratégique.
« Notre géographie ne nous laisse pas d’autre choix que de nous engager, mais nous devons clairement distinguer la reconstruction d’une relation nécessaire et opérationnelle avec l’Iran de celle d’une relation de confiance rompue. La première est indispensable. La seconde sera bien plus difficile à obtenir. »
Situés en face de l’Iran, de l’autre côté du détroit d’Ormuz, les Émirats, alliés de Washington, ont subi de plein fouet la colère de Téhéran, qui les a frappés avec plus de 3 300 missiles et drones au cours des premières semaines de la guerre.
Si le pays a d’abord été épargné après la signature d’un cessez-le-feu en juin entre l’Iran et les États-Unis, les pétroliers de la compagnie publique émiratie Adnoc ont été attaqués à plusieurs reprises au cours des dernières semaines. L’Iran a également revendiqué des attaques contre des installations militaires américaines sur le sol émirati ces derniers jours.
Téhéran a pris pour cible ses voisins du Golfe, qui ont longtemps cherché à éviter un tel conflit, après les frappes israélo-américaines, déclenchées le 28 février, qui ont décimé la République islamique.
« Individuellement, nous avons fait preuve de force et de détermination pour répondre aux attaques iraniennes », a souligné Gargash.
« Mais ce qui a fonctionné au niveau national ne s’est pas traduit avec la même efficacité au niveau régional. »
« Collectivement, je ne crois pas que nous ayons su répondre stratégiquement à une menace de cette ampleur, comme nous avions su le faire lors de l’invasion du Koweït ou des bouleversements du Printemps arabe », a-t-il déploré.
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