Jérusalem: La municipalité fait fermer le stand ouvert à Shabbat devant le Café Basimta
Un inspecteur a expliqué aux bénévoles de Hitorerut avoir "reçu des ordres venus d'en haut", mettant un terme aux activités du comptoir qui proposait du café
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Samedi, des inspecteurs de la municipalité de Jérusalem ont fait fermer un stand qui avait été installé par des militants à proximité d’un café qui avait annoncé qu’il n’ouvrirait plus ses portes à Shabbat, cédant ainsi aux pressions induites par plusieurs semaines de manifestations des membres de la communauté haredi.
Un inspecteur a déclaré aux militants du groupe Hitorerut qu’ils avaient « reçu des ordres venus d’en haut » qui exigeaient la fermeture du stand, a rapporté le site d’information Ynet, ajoutant qu’aucune réponse n’avait été donnée quand les militants avaient demandé qui avait donné cette instruction.
Selon certaines informations, la version officielle avancée par les inspecteurs a été que le stand ne disposait pas de permis.
Adir Schwartz, président de Hitorerut et adjoint au maire de Jérusalem, a expliqué que les dizaines de personnes venues prendre un café au stand témoignaient de la détermination des habitants laïques de la capitale à ne pas abandonner la lutte.
« Aujourd’hui, nous avons prouvé que si la violence est peut-être parvenue à fermer les portes du Café Basimta, elle n’a pas réussi à fermer Jérusalem », a commenté Schwartz, des propos qui ont été repris par Ynet. « Des dizaines de Jérusalémites sont venus ici pendant Shabbat, ils ont bu un café, ils se sont assis ensemble et ils ont montré que le public libéral n’a pas l’intention de disparaître ni de renoncer à son espace public ».
« Nous continuerons d’être ici et nous continuerons de nous battre pour une Jérusalem libre et libérale, où chacun peut choisir comment il souhaite célébrer Shabbat à sa manière. Nous ne pouvons pas laisser les extrémistes nous imposer ces guerres de religion dont les Jérusalémites sont lassés », a-t-il ajouté.
Le Café Basimta a été le théâtre de manifestations parfois violentes menées par les membres de la communauté ultra-orthodoxe. Des contre-manifestants se sont rassemblés pour demander que le café puisse rester ouvert le jour de repos juif, la police intervenant chaque semaine sur les lieux.
Le café a annoncé, dans la journée de jeudi, que la décision de fermer ses portes à Shabbat, à compter de ce week-end, « a été prise après de longues délibérations et à contrecœur, dans le but de prévenir et d’apaiser la colère et de rétablir la paix au sein du café ».
Les militants du parti Hitorerut — une faction au sein de la municipalité de Jérusalem — ont fait savoir, vendredi, qu’ils étaient déterminés à ne pas céder à la coercition religieuse des Haredim, et que le stand de café serait tenu par des bénévoles.
Vendredi également, la députée Meirav Cohen, du parti Yesh Atid, a dit qu’elle a rencontré les propriétaires du café pour leur apporter son soutien, aux côtés du maire adjoint de Jérusalem, Yosi Havilio, qui a indiqué qu’il espérait parvenir à convaincre les gérants du café de revenir sur leur décision.
« L’histoire d’un café qui souhaite ouvrir à Shabbat – il y a une demande énorme pour ça, en ville – est la même que celle de l’école laïque du quartier de Kiryat HaYovel qu’on tente d’expulser, la même que celle du tramway que les extrémistes ultra-orthodoxes sabotent », a affirmé Cohen.
« Céder au harcèlement a un coût énorme. Je ne peux pas faire peser tout le poids de la lutte pour le libéralisme en Israël sur les épaules d’un petit café de Jérusalem, mais il était important pour moi de leur apporter mon soutien et d’expliquer les implications de leur décision », a-t-elle ajouté.
Des protestataires haredim ont manifesté devant le Café Basimta presque tous les samedis depuis son ouverture dans la rue Agripas, au mois de juin dernier. Aucun établissement de la rue n’ouvre ses portes le jour de repos juif.
Dans certains cas, les manifestants ont frappé aux vitres du café et ils ont renversé des tables. Le mois dernier, une femme a versé de la colle dans la serrure du café, retardant brièvement son ouverture, un samedi matin.
Des contre-manifestants se sont rassemblés pour soutenir le maintien de l’ouverture du café à Shabbat, la police intervenant chaque semaine sur les lieux.
Le Café Basimta est un projet officiel de « Jews for Jesus », une organisation missionnaire chrétienne qui cherche à convertir les Juifs à la foi en Jésus.
Mais l’affiliation religieuse du café a suscité un malaise chez certains Israéliens laïques qui s’étaient mobilisés pour le soutenir. L’équipe de football du Hapoel Jérusalem a retiré son offre de publicité gratuite pour l’établissement après avoir pris connaissance de ses liens avec « Jews for Jesus », tout en continuant à soutenir la liberté d’exploitation du café.
La ville de Jérusalem est devenue de plus en plus orthodoxe au fil des ans, chassant ainsi une grande partie de sa population laïque.
Les affrontements au café se sont produits dans un contexte de tensions plus larges au sein de la société israélienne sur la question du service militaire des Haredim, les factions extrémistes ultra-orthodoxes organisant souvent des manifestations violentes contre la conscription.
la Communauté du Times of Israël !







