L’alyah de France a augmenté de 65 %
Selon le ministère, l'immigration depuis les États-Unis est en hausse de 15 %, mais le total recule, pénalisé par la chute continue de l’immigration russe
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Quelque 20 000 olim hadashim – ou nouveaux immigrants – sont arrivés en Israël au cours des douze derniers mois, a indiqué lundi le ministère de l’Immigration et de l’Intégration, à l’approche de la fête de Rosh HaShana, qui marque le Nouvel an juif.
Le ministère n’a pas souhaité fournir de chiffres plus précis, un porte-parole précisant que le nombre définitif était encore susceptible d’évoluer. Si ce chiffre se confirme, le nombre communiqué pour l’année hébraïque 5786, qui court du 23 septembre 2025 au 3 septembre 2026, représente une baisse d’environ 6 % par rapport aux 21 244 arrivées enregistrées l’année précédente. Il s’agit également du chiffre annuel le plus bas depuis la pandémie de COVID-19 en 2020-2021, et, si l’on exclut cette période, du chiffre le plus bas depuis plus d’une dizaine d’années.
L’immigration, ou « alyah » en hébreu, a certes augmenté dans la plupart des pays occidentaux, mais cette hausse a été contrebalancée par une forte baisse du nombre d’immigrants russes. Quelque 5 685 olim hadashim sont arrivés de Russie au cours de l’année écoulée, contre 9 282 en 2024-2025 et 19 407 en 2023-2024. Cette baisse était attendue, l’immigration russe ayant connu un pic important après que le pays eut déclaré la guerre à l’Ukraine en 2022, puis s’étant stabilisée depuis.
Le ministère a fait valoir que l’augmentation du nombre d’arrivées en provenance des pays occidentaux montrait que la montée de l’antisémitisme à travers le monde, conjuguée à un regain de ferveur sioniste et d’identité juive à la suite du pogrom perpétré par le groupe terroriste palestinien du Hamas le 7 octobre 2023, incitait davantage de Juifs à s’installer en Israël.
L’alyah en provenance de France a augmenté de 65 %, passant de 2 649 personnes l’année précédente à 4 364. L’immigration en provenance des États-Unis a progressé de 15 % pour atteindre 3 333 personnes, tandis que celle en provenance du Royaume-Uni a atteint son plus haut niveau depuis 40 ans, avec 975 personnes.
Par ailleurs, 797 immigrants provenaient d’Ukraine, 491 de Biélorussie, 440 du Canada, 247 d’Australie, 243 d’Argentine, 241 de Géorgie, 210 d’Afrique du Sud, 210 d’Allemagne et 200 du Brésil.
Parmi les nouveaux immigrants, 35 % ont entre 18 et 35 ans et 24 % ont moins de 18 ans. 18 % ont entre 36 et 50 ans, 9 % entre 51 et 60 ans, 5 % entre 61 et 65 ans, et 10 % ont 66 ans et plus.
« Surtout au cours d’une année complexe et difficile, le choix d’immigrer en Israël et d’y construire un avenir constitue un acte sioniste et national fort », a déclaré Ofir Sofer, ministre de l’Immigration et de l’Intégration.
« La tendance à l’immigration en provenance des pays occidentaux devrait se renforcer, et il s’agit là d’une opportunité nationale que l’État d’Israël ne peut se permettre de manquer. »
Cette croissance de l’immigration intervient alors que les Israéliens continuent de quitter le pays en nombre record. Selon un rapport publié le mois dernier par des chercheurs de l’université de Tel Aviv, sur la base de données du Bureau central des statistiques (CBS), près de 50 000 Israéliens ont quitté le pays pour une durée supérieure à douze mois pour la troisième année consécutive en 2025.
Le rapport souligne que le conflit militaire prolongé et les troubles politiques internes en Israël ont contribué à une émigration accrue, susceptible de menacer les intérêts stratégiques à long terme du pays.
Le ministère de l’Immigration et de l’Intégration a récemment lancé plusieurs nouvelles initiatives visant à favoriser une immigration réussie, notamment des programmes destinés à faciliter l’intégration des immigrants sur le marché du travail israélien.
Au cours de l’année écoulée, 414 médecins venus du monde entier ont immigré en Israël, contribuant ainsi à pallier la pénurie de main-d’œuvre dans ce secteur, alors qu’environ 1 370 médecins israéliens ont quitté le pays au cours des trois dernières années.
Les deux olim hadashim les plus âgés à avoir émigré en Israël cette année ont 102 ans : l’un vient de Russie et l’autre de France. Le plus jeune immigré est un nourrisson de deux semaines, arrivé en Israël avec sa famille depuis le Mexique.
Tel Aviv a été la ville la plus prisée par les nouveaux arrivants, avec 2 762 olim hadashim. Viennent ensuite Netanya (2 224), Jérusalem (2 134), Haïfa (1 504), Raanana (1 042), Bat Yam (957), Ashdod (846), Beit Shemesh (680), Ashkelon (534) et Rishon Lezion (450).
L’intérêt pour l’immigration future est également en hausse, a indiqué le ministère, avec plus de 28 000 Juifs à travers le monde ayant ouvert un dossier d’alyah par l’intermédiaire de l’Agence juive. La France a enregistré une augmentation de 32 % des nouveaux dossiers d’alyah, tandis que les États-Unis ont connu une hausse de 17 %, le Royaume-Uni de 68 %, le Canada de 11 %, et l’Australie un bond de 90 %.
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