Les investisseurs israéliens dans le collimateur de Milei
Le président argentin réclame des sanctions contre des entreprises liées à Israël qui mènent des forages offshore dans les Malouines, revendiquées par Buenos Aires
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LONDRES (Reuters) — La campagne lancée par le président argentin Javier Milei, qui réclame des sanctions contre les compagnies pétrolières qui effectuent des forages au large des îles Malouines, placées sous contrôle britannique, a jeté les investisseurs israéliens au cœur d’un différend de souveraineté qui avait amené la Grande-Bretagne et l’Argentine à entrer en guerre en 1982.
Milei – qui revendique son statut d’allié d’Israël – a notamment pointé du doigt, dans la journée de jeudi, le projet pétrolier offshore Sea Lion lorsqu’il a annoncé qu’il prenait des mesures qui visent les entreprises impliquées dans des activités pétrolières et gazières aux Malouines. Ces sanctions sont susceptibles de s’étendre à des actionnaires, à des dirigeants et à des fournisseurs.
Les deux propriétaires du projet entretiennent des liens étroits avec Israël. Sea Lion est exploité par Navitas Petroleum, une société qui est cotée à la bourse de Tel Aviv et qui détient une participation de 65 %.
Gideon Tadmor, figure de proue du secteur énergétique israélien, qui est également président de la société, détient environ 9 % des actions de l’entreprise, selon les données de LSEG.
Les 35 % restants de Sea Lion sont détenus par Rockhopper Exploration, une firme cotée à Londres dont les cinq principaux investisseurs sont les sociétés israéliennes Noked Capital, Brosh Funds et ION Fund Management, qui détiennent chacune entre 4,6 % et 9,2 %.
Navitas et Rockhopper ont fait savoir que le projet Sea Lion disposait de licences valides et qu’elles ne s’attendaient pas à ce que les propos tenus par Milei aient un impact significatif sur le développement du projet.
« Le partenariat opère en vertu de licences pétrolières valides qui lui ont été légalement accordées par le gouvernement des Îles Malouines, un territoire d’outre-mer britannique autonome, et il bénéficie du soutien total et continu du gouvernement britannique », a fait savoir Navitas dans un communiqué qui a été émis vendredi.
Les deux sociétés avaient déjà été interdites d’exercer leurs activités en Argentine pendant deux décennies ans pour avoir acquis ces licences – que Buenos Aires juge illégales, selon un communiqué datant du mois de décembre 2025 qui a été publié sur le site internet de l’ambassade d’Argentine en Grande-Bretagne.
Vendredi, les actions de Navitas et de Rockhopper ont chuté respectivement de 6 % et de 12 %.
Le soutien apporté par Milei à Israël
Israël s’est efforcé de consolider ses relations avec les pays d’Amérique latine ces derniers mois et le pays a renforcé ses liens avec Milei, qui compte parmi les plus fervents partisans d’Israël.
Au mois d’avril, Milei a rencontré le Premier ministre Benjamin Netanyahu et il a signé des accords de coopération bilatéraux, notamment un accord aérien et les « accords Isaac », inspirés des accords d’Abraham, qui visent à renforcer les liens entre Israël, l’Argentine et d’autres pays des Amériques.
Vendredi – jour de week-end au sein de l’État juif – les responsables israéliens n’avaient pas répondu à une demande de commentaire concernant la menace de sanctions qui a été brandie par Milei.
Le bureau de Milei n’a pas non plus répondu à une demande de réaction mais le ministre argentin des Affaires étrangères, Pablo Quirno, a fait savoir que cette décision n’entraînerait pas de tensions diplomatiques avec Israël.
« Cela ne porte en rien atteinte aux relations qui unissent l’Argentine et Israël. Nous avons toujours été et nous restons en communication constante avec Israël – ainsi qu’avec le ministre israélien des Affaires étrangères », a dit Quirno au micro d’une radio locale argentine dans la journée de vendredi.
« Rappelons que les sociétés Navitas et Rockhopper font déjà l’objet de sanctions en Argentine », a-t-il ajouté.
Première production de pétrole prévue en 2028
Le gisement pétrolier Sea Lion se trouve à environ 140 miles au nord des îles Malouines.
En 2010, lorsque les forages avaient permis de découvrir le gisement, l’Argentine avait déclaré que cette découverte était illégale. Le gisement recèlerait 1,7 milliard de barils de pétrole, selon les estimations.
La première production de pétrole de Sea Lion est attendue en 2028, lorsque la phase 1 – pour laquelle Rockhopper et Navitas ont pris une décision finale d’investissement l’année dernière – entrera en service, avec un débit de 50 000 barils par jour.
Les dépenses d’investissement pour le projet devraient s’élever à 2,2 milliards de dollars, selon le site internet de Rockhopper.
Navitas, dont le président directeur général Amit Kornhauser avait précédemment occupé le poste de directeur financier de la société pétrolière et gazière israélienne Delek Energy, s’était associée au projet en 2022, prenant sa direction dans la foulée.
Rockhopper détient également des licences à l’est et au sud des îles Malouines, même si certaines d’entre elles expireront à la fin de l’année 2026, selon le site internet de la société.
Au-delà de ses projets israéliens, la société New Med, cotée à Tel-Aviv, détient 30 % du gisement de gaz Aphrodite qui a été découvert au large de Chypre.
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