Israël avertit d’un risque terroriste accru à l’étranger avant les fêtes
Le Conseil de sécurité nationale alerte sur les menaces venues d'Iran, de ses relais et du jihad mondial, à l'approche du 7 octobre. Selon Zamir, l'armée traverse une "période tendue et volatile"
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Dimanche, le Conseil de sécurité nationale (NSC) a publié une mise en garde concernant les menaces terroristes contre les Israéliens et les Juifs à l’étranger avant les fêtes juives, lesquelles débutent le week-end prochain avec Rosh HaShana et se terminent trois semaines plus tard à la fin de Souccot.
Le NSC précise qu’il s’agit là d’une mise en garde contre les dernières tendances de l’activité terroriste mondiale et de la menace contre les Israéliens à l’étranger.
Dans un communiqué, le NSC, service rattaché au cabinet du Premier ministre, explique que l’Iran et ses relais, le Hamas et le Hezbollah, ainsi que les groupes jihadistes mondiaux État islamique et Al-Qaïda, nourrissent toujours le projet de s’en prendre aux Israéliens et Juifs à travers le monde.
Les récents conflits d’Israël contre l’Iran, le Hezbollah, le Hamas et d’autres acteurs, associés à des « campagnes d’incitation à la haine », ont entraîné « une forte augmentation de la motivation des factions terroristes à attaquer des cibles israéliennes et juives partout dans le monde », explique le NSC.
Le conseil prévient à nouveau que la date du 7-Octobre — troisième anniversaire du pogrom du Hamas contre Israël — pourrait « donner lieu à des manifestations et des rassemblements (susceptibles d’être émaillées de violences), ainsi que d’efforts accrus pour perpétrer des attentats ».
L’Iran et le Hamas redoublent de menaces à l’étranger
Selon le NSC, l’Iran et ses alliés demeurent la principale source de menaces terroristes globales contre les Israéliens et les Juifs, Téhéran étant également animé par une volonté de revanche après les revers subis ces dernières années. L’Iran a cherché à mener des attaques par l’intermédiaire de ses propres réseaux terroristes, de divers groupes interposés et d’organisations criminelles, précise le conseil.
Parmi les cibles potentielles figurent les missions diplomatiques israéliennes, les hauts responsables israéliens, le personnel de sécurité, les institutions communautaires juives et les ressortissants israéliens, explique le conseil, lequel qualifie le Hezbollah de « menace potentielle significative », citant les coups sévères portés au groupe pendant sa guerre contre Israël et sa volonté de venger la mort de hauts dirigeants.
Depuis plusieurs mois, les autorités israéliennes mettent en garde contre la fréquence étrangement élevée des tentatives d’attaques iraniennes à l’étranger. En mars dernier, un haut responsable du Conseil de sécurité nationale disait que les anciens de l’appareil de sécurité israélien n’avaient pas souvenir d’initiatives iraniennes d’une telle ampleur, dans un contexte de « motivation iranienne record » pour s’en prendre à des Israéliens à l’étranger.
En mai dernier, la justice américaine a accusé un membre présumé de la milice Kataeb Hezbollah, alignée sur l’Iran, d’avoir orchestré pas moins de 18 attentats contre des cibles juives en Europe et deux au Canada. Il s’agissait d’attaques de synagogues, d’incendies criminels et d’attentats à la bombe, qualifiés par les procureurs d’opération de « guerre psychologique » liée à l’Iran.
Selon les services de renseignement israéliens, Téhéran s’appuie de plus en plus sur des organisations criminelles et des agents non iraniens afin de masquer son rôle. En octobre 2025, le Mossad déclarait qu’un réseau de la Force Al-Qods du Corps des Gardiens de la révolution islamique était à l’origine des projets d’attentats et des attaques contre des emprises juives et israéliennes en Grèce, en Allemagne et en Australie, incluant des incendies volontaires et des opérations de surveillance.
Selon le conseil, le Hamas se démène pour implanter des infrastructures terroristes en Europe et dans d’autres pays, dans le but de mener des attentats de « vengeance » ou des opérations à fort impact contre des Juifs ou des Israéliens.
Cet avertissement fait suite à plusieurs enquêtes européennes sur des réseaux présumés du Hamas. En octobre 2025, les autorités allemandes ont appréhendé trois agents étrangers supposés appartenir au Hamas, accusés d’avoir procuré un AK-47, des pistolets et des munitions pour des attaques contre des institutions israéliennes ou juives. Le Mossad a indiqué avoir collaboré avec les renseignements allemands sur ce dossier.
Un quatrième agent présumé a été arrêté en janvier 2026 après que les procureurs allemands l’ont accusé d’avoir aidé à procurer des munitions au Hamas. Des enquêtes antérieures ont également accusé des membres du Hamas d’avoir constitué des caches d’armes en Bulgarie et au Danemark en vue d’éventuelles attaques contre des cibles juives et israéliennes en Europe.
L’État islamique et Al-Qaïda continuent d’appeler explicitement à des attaques contre les Juifs, rappelle le NSC, sans oublier que la menace est particulièrement marquée en Afrique et en Asie, mais s’étend également aux capitales européennes et aux États-Unis, par l’intermédiaire d’assaillants isolés ou de complots organisés localement.
Les Houthis ont également appelé à des attaques contre Israël et les Israéliens se rendant au Somaliland et ailleurs en Afrique, ajoute le conseil.
Le conseil a noté une « augmentation marquée des attaques de loups solitaires » découlant d’une « radicalisation idéologique » et d’une « aggravation du discours anti-israélien en ligne ».
Selon le NSC, 25 Israéliens et Juifs ont été tués lors d’attentats terroristes à l’étranger depuis le début de la guerre. De son point de vue, les actes terroristes des loups solitaires sont des menaces diffuses et imprévisibles, souvent dirigées contre des cibles « douces » et accessibles telles que les grands rassemblements, les centres communautaires ou encore les lieux de culte.
Mises en garde et précautions lors des déplacements
Le conseil déconseille de se rendre dans les pays à haut risque, notamment l’Iran, la Syrie, le Liban, l’Irak et le Yémen — ce qui est de toute façon interdit par la loi —, ainsi que dans les pays proches de l’Iran, l’Égypte (y compris le Sinaï), la Jordanie, le Somaliland et d’autres régions.
L’avertissement désigne spécifiquement l’Azerbaïdjan, la Turquie et les Émirats arabes unis comme des pays proches de l’Iran qui demeurent exposés à l’activité des réseaux terroristes iraniens. La Jordanie, le Qatar, le Somaliland et l’Égypte (y compris le Sinaï) restent sous le niveau d’alerte 4, les Israéliens étant invités à éviter de s’y rendre.
Le NSC invite également les voyageurs à éviter, dans la mesure du possible, les vols en correspondance par des pays faisant l’objet d’un avertissement de niveau 4, précisant que les Israéliens en transit par ces pays ne doivent pas quitter le terminal de l’aéroport.
Le conseil incite les Israéliens à faire preuve de prudence et à s’abstenir d’afficher des symboles israéliens ou juifs dans les pays classés au niveau de menace 3 (« menace moyenne »), comme par exemple aux Émirats arabes unis, en Afrique du Sud, Arabie saoudite, Géorgie, Arménie ou encore Azerbaïdjan.
Il recommande en outre de limiter l’usage de l’hébreu dans les lieux publics fréquentés dans les pays de niveau 3, d’éviter le partage de géolocalisation en temps réel sur les réseaux sociaux et de masquer ou supprimer tout contenu en ligne indiquant un service au sein de l’armée israélienne ou d’autres forces de sécurité.
Il est également conseillé aux voyageurs de rester particulièrement vigilants aux abords des centres Habad, restaurants cashers et synagogues, de se tenir à l’écart des manifestations et d’éviter les discussions politiques avec des inconnus.
En cas de menace suspectée à l’étranger, les Israéliens doivent contacter en priorité les services de sécurité locaux, puis la ligne d’assistance du NSC au +972-2-6667444.
La cellule de crise du ministère des Affaires étrangères est également joignable au +972-2-5303155 ou via WhatsApp au 050-5073969.
De récentes attaques contre des communautés juives
La période actuelle est particulièrement difficile pour les communautés juives à l’étranger. Rien qu’en mars dernier, le Times of Israel a documenté au moins 14 attaques, incidents ou projets de complots visant des institutions juives de la diaspora en Europe, au Canada et aux États-Unis, avec des fusillades, des attaques à la bombe, des incendies volontaires et une attaque à la voiture-bélier.
Selon les responsables de la sécurité des communautés juives, le niveau de menace avait alors atteint un sommet historique.
La période des Grandes Fêtes a donné lieu à des attentats par le passé.
Deux personnes ont été tuées le 2 octobre 2025 lorsque le citoyen britannico-syrien Jihad al-Shamie a percuté avec sa voiture les grilles de la synagogue Heaton Park de Manchester pendant les prières de Yom Kippour, avant de s’en prendre aux fidèles. La semaine dernière, un an après l’attaque, plus de 800 personnes se sont rassemblées dans cette synagogue.
En 2019, un homme armé d’extrême droite avait tenté d’investir une synagogue à Halle, en Allemagne, le jour de Yom Kippour, alors que des dizaines de fidèles se trouvaient à l’intérieur. Cantonné à l’extérieur de l’édifice, il avait abattu une femme à proximité puis un homme, dans un restaurant de kébab.
Par ailleurs, le chef d’État-Major de l’armée israélienne, le général de corps d’armée Eyal Zamir, a déclaré que l’armée traversait une « période tendue et volatile sur tous les terrains », à l’approche des fêtes juives.
Zamir a tenu ces propos lors d’une réunion avec les plus hauts responsables militaires, à l’issue d’un exercice surprise, ce matin.
« La période est tendue et volatile sur tous les terrains et nous nous préparons pour les fêtes. Nous continuons à en tirer des leçons et, comme je l’ai défini, la posture de base de l’ensemble de l’armée israélienne est la préparation à une attaque surprise », a-t-il déclaré, selon les propos publiés par l’armée.
L’exercice déclenché par Zamir, tôt ce dimanche matin, visait à tester le fonctionnement des états-majors de plus niveau de l’armée face à un « scénario inattendu sur plusieurs fronts ».
« Cet exercice est une partie importante de la préparation de l’armée israélienne à la période des fêtes », a ajouté Zamir lors de cette réunion.
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