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Iran : le guide suprême réaffirme son refus de tout contact sportif avec Israël

"Un athlète iranien digne de ce nom ne peut pas serrer la main d'un représentant du régime criminel pour obtenir une médaille", a déclaré l'ayatollah

L'Ayatollah Ali Khamenei à l'occasion d'un discours à la nation à l'occasion de Noruz, le Nouvel An iranien, à Téhéran, le 20 mars 2014. (Crédit : bureau du Guide suprême/AFP)
L'Ayatollah Ali Khamenei à l'occasion d'un discours à la nation à l'occasion de Noruz, le Nouvel An iranien, à Téhéran, le 20 mars 2014. (Crédit : bureau du Guide suprême/AFP)

Le guide suprême iranien, l’ayatollah Ali Khamenei, a réaffirmé samedi son refus de tout contact entre athlètes iraniens et israéliens, lors d’un discours prononcé devant les médaillés iraniens qui ont participé cet été aux Jeux olympiques et paralympiques de Tokyo.

Depuis des années, des sportifs iraniens évitent de rencontrer des Israéliens en compétition en se faisant disqualifier ou en fournissant des certificats médicaux témoignant d’une inaptitude.

« Un athlète iranien digne de ce nom ne peut pas serrer la main d’un représentant du régime criminel (israélien) pour obtenir une médaille », a déclaré l’ayatollah Ali Khamenei, selon un extrait de son discours publié sur son site internet.

« Le régime sioniste sanguinaire (…) essaie de gagner en légitimité en participant aux événements sportifs internationaux, avec l’assistance du monde arrogant (les Etats-Unis et l’Occident, NDLR), mais nos responsables sportifs et nos athlètes ne doivent pas rester passifs », a-t-il ajouté.

L’Iran a obtenu sept médailles, dont trois en or, aux Jeux olympiques de Tokyo et 24 autres médailles, dont 12 en or, aux Jeux paralympiques.

Évoquant les sanctions des instances sportives internationales à l’encontre des athlètes iraniens qui refusent d’affronter des sportifs israéliens, il a invité « le ministère des Sports et celui des Affaires étrangères ainsi que l’autorité judiciaire à utiliser les moyens juridiques pour soutenir les athlètes du pays, ainsi que les athlètes musulmans d’autres pays, comme l’athlète algérien qui a été récemment sanctionné. »

Le judoka algérien Fethi Nourine. (Capture d’écran)

L’ayatollah Khamenei faisait allusion au judoka algérien Fethi Nourine, qui avait déclaré forfait aux Jeux olympiques de Tokyo pour ne pas avoir à affronter un adversaire israélien. Il a été suspendu le lendemain par la Fédération internationale de judo et son accréditation lui a été retirée.

En octobre 2019 aux Mondiaux de Tokyo, le judoka iranien Saeid Mollaei, champion du monde, s’était incliné successivement en demi-finales, puis dans son combat pour une troisième place, se classant finalement cinquième. Il avait alors expliqué avoir subi des pressions des autorités iraniennes en ce sens, afin de ne pas combattre contre un Israélien en finale, en l’occurrence Sagi Muki, finalement médaillé d’or.

Le judoka israélien Sagi Muki, champion du monde (à droite) et le champion iranien Saeid Mollaei lors du Grand Chelem de Paris, le 10 février 2020, sur une photo Instagram mise en ligne par Muki. (Capture d’écran Instagram)

Mollaei a depuis quitté l’Iran et représente la Mongolie.

En conséquence, la Fédération internationale de judo (IJF) avait banni l’Iran de toutes ses compétitions jusqu’à ce que le pays « apporte de fortes garanties de son respect des statuts de l’autorité du judo mondial et que ses membres acceptent de combattre contre des Israéliens. »

Fin février 2021, le Tribunal arbitral du sport (TAS) avait toutefois annulé la suspension « illimitée » infligée à l’Iran.

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