Israël à l’ONU : Le Hezbollah a tiré sous le nez des soldats de la Finul
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Israël à l’ONU : Le Hezbollah a tiré sous le nez des soldats de la Finul

Dans une lettre au Conseil de sécurité, l'envoyé israélien Gilad Erdan avertit que l'escalade de la violence pourrait avoir "de terribles conséquences"

L'armée israélienne tire dans le ciel au-dessus de la frontière libanaise le 25 août 2020 (Autorisation)
L'armée israélienne tire dans le ciel au-dessus de la frontière libanaise le 25 août 2020 (Autorisation)

L’envoyé d’Israël aux Nations unies a exigé mercredi que l’organisation mondiale réprime sa force de maintien de la paix au Liban et prenne des mesures significatives contre le Hezbollah, suite à un échange de tirs dans la nuit de mardi à dimanche entre les forces de défense israéliennes et le groupe terroriste.

« La dernière attaque contre les forces de défense israéliennes, ainsi que le renforcement du Hezbollah et ses activités au Sud-Liban, augmentent les risques d’une escalade à la frontière nord [d’Israël] qui pourrait avoir de terribles conséquences pour le Liban et toute la région », a écrit l’ambassadeur Gilad Erdan dans une lettre au Conseil de sécurité des Nations unies.

Il a demandé l’adoption de « mesures immédiates » par l’ONU pour inciter le gouvernement libanais et la force internationale de maintien de la paix FINUL à agir, selon une déclaration à la presse de la mission israélienne auprès de l’organisme mondial jeudi matin.

Erdan a joint à sa lettre une photo aérienne avec la position de tir estimée du Hezbollah.

Photo aérienne montrant la zone frontalière israélo-libanaise près de la ville de Manara, détaillant les positions des forces lors de la confrontation du 25 août 2020 entre une cellule du Hezbollah et les troupes de l’armée israélienne, telle que soumise au Conseil de sécurité de l’ONU par Israël le 27 août. (Avec l’aimable autorisation de la mission israélienne auprès des Nations unies)

La force du Hezbollah, selon Israël, était située juste entre deux postes de l’ONU, à peine à 110 mètres du plus proche.

La photo « montre l’impuissance de la FINUL et le fait qu’elle ne remplit pas son objectif », a déclaré jeudi la mission israélienne de l’ONU.

L’armée a également diffusé mercredi soir des images aériennes de la frontière montrant l’endroit à partir duquel la cellule de tireurs d’élite a ouvert le feu sur les soldats, entre les deux postes de l’ONU.

Pour sa part, la FINUL a annoncé mercredi qu’elle lançait une enquête sur l’incident, au moment même où l’ONU s’apprête à voter la prolongation de son mandat de maintien de la paix au Sud-Liban.

« J’ai lancé une enquête urgente et j’appelle les deux parties à coopérer pleinement avec la FINUL pour aider à déterminer les faits », a déclaré le commandant de la FINUL, le général Stefano Del Col, dans un communiqué.

Gilad Erdan, alors ministre de la sécurité publique, lors d’une cérémonie d’intronisation de son remplaçant Amir Ohana, qui s’est tenue au ministère de la Sécurité publique à Jérusalem le 18 mai 2020. (Yonatan Sindel/Flash90)

Selon l’enquête initiale de Tsahal sur l’incident, à 22h40 mardi, des snipers du Hezbollah ont tiré deux coups de feu avec une arme de petit calibre sur des troupes de combat de renseignement opérant près de la communauté israélienne de Manara, près de la frontière libanaise. Les coups de feu, tirés à 200-300 mètres de distance, ont manqué leur cible, touchant un objet proche.

En réaction, l’artillerie israélienne a tiré un certain nombre de fusées éclairantes et d’obus fumigènes en l’air pendant que les troupes fouillaient la zone à la recherche d’éventuelles brèches dans la frontière. Peu de temps après, l’aviation israélienne a bombardé un certain nombre de postes d’observation du Hezbollah près de la frontière, a déclaré l’armée.

Ces premières frappes aériennes israéliennes contre des cibles du Hezbollah à l’intérieur du Liban depuis la seconde guerre du Liban en 2006 étaient destinées à indiquer au groupe terroriste que Tsahal réagirait plus vigoureusement aux attaques, sans toutefois inciter le Hezbollah à riposter et à risquer une guerre totale.

Des casques bleus espagnols de l’ONU patrouillant le long de la frontière israélo-libanaise passent devant un drapeau du Hezbollah, dans le village de Kfar Kila, au sud du Liban, le 2 septembre 2019. (AP Photo/Hussein Malla)

« La situation le long de la Ligne bleue est depuis revenue au calme et la FINUL maintient une présence continue dans la zone en coordination avec les parties”, selon la FINUL.

Plus tôt dans la journée de mercredi, Erdan a soumis une demande au Conseil de sécurité des Nations unies pour renforcer le mandat de la FINUL, lui permettant de faire appliquer plus efficacement la résolution 1701 du Conseil de sécurité, qui a mis fin à la seconde guerre du Liban en 2006 et qui exigeait que tous les groupes armés autres que l’armée libanaise restent au nord du Litani.

Dans le cadre de son mandat actuel, la FINUL ne peut pénétrer dans des propriétés privées sans autorisation, ce qui, selon Erdan, “neutralise” la force de maintien de la paix, car elle n’est pas en mesure de garantir que le Hezbollah n’accumule pas d’armes et de forces dans des maisons et des terrains privés.

Israël et les États-Unis ont fait pression sur le Conseil de sécurité pour qu’il réduise la taille de la force de maintien de la paix et renforce sa capacité à faire son travail, alors qu’une extension annuelle du mandat de la FINUL sera soumise au vote du Conseil de sécurité vendredi. Les États-Unis auraient menacé d’opposer leur veto au mandat si les changements, auxquels s’opposent le Liban et d’autres membres du Conseil de sécurité, n’étaient pas adoptés.

L’échange de mardi soir n’était pas le premier incident le long de la frontière libanaise après la mort de l’agent du Hezbollah le 20 juillet.

Le 27 juillet, Tsahal a déclaré avoir déjoué une attaque de sniper du Hezbollah, repoussant les agents terroristes à travers la frontière avant qu’ils ne puissent ouvrir le feu sur les troupes israéliennes. Dans les semaines qui ont suivi, l’armée a également déclaré avoir empêché au moins une autre infiltration et avoir fait tomber un drone du Hezbollah qui avait pénétré en territoire israélien depuis le Liban.

Après s’être préparé à des représailles du Hezbollah sur de nouvelles troupes déployées le long de la frontière, Tsahal avait commencé à réduire ses renforts suite à l’explosion massive du port de Beyrouth au début du mois. L’armée pensait que le groupe terroriste – un acteur majeur de la politique libanaise – se focaliserait sur les questions intérieures libanaises, plutôt que de se venger d’Israël, bien que le Hezbollah ait maintenu que ses représailles étaient encore à venir.

Des soldats israéliens se tiennent à proximité d’obusiers d’artillerie déployés près de la frontière libanaise au nord d’Israël le 26 août 2020. (David Cohen/Flash90)

L’ “incident sécuritaire” de mardi soir s’est produit exactement un an après l’élimination par l’armée israélienne de deux membres du Hezbollah lors d’une attaque aérienne sur une installation contrôlée par l’Iran en Syrie qui, selon l’armée, était utilisée pour lancer des attaques sur Israël au moyen de drones chargés d’explosifs.

En réaction à la mort des deux agents du Hezbollah, le groupe terroriste avait mené une attaque de missiles antichars guidés sur des cibles militaires israéliennes une semaine plus tard. Un missile a manqué de peu une ambulance blindée de l’armée israélienne qui transportait cinq soldats.

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