L’ONU en voie de réduire le plafond des effectifs de sa force au Liban
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L’ONU en voie de réduire le plafond des effectifs de sa force au Liban

Le Conseil de sécurité de l'ONU demandera à Beyrouth de faciliter l'accès aux tunnels traversant la Ligne bleue qui sépare le Liban d'Israël

Des soldats des forces intérimaires des Nations unies au Liban (FINUL) patrouillent dans le village libanais de Kfar Kila, le long de la frontière avec Israël, le 29 août 2019. (Crédit : Mahmoud ZAYYAT / AFP)
Des soldats des forces intérimaires des Nations unies au Liban (FINUL) patrouillent dans le village libanais de Kfar Kila, le long de la frontière avec Israël, le 29 août 2019. (Crédit : Mahmoud ZAYYAT / AFP)

Le Conseil de sécurité de l’ONU est appelé vendredi à renouveler pour un an sa mission de paix au Liban (Finul), avec un plafond d’effectifs passant de 15 000 à 13 000 Casques bleus et une demande à Beyrouth de faciliter l’accès aux tunnels traversant la Ligne bleue qui sépare le Liban d’Israël.

« Reconnaissant que la Finul a appliqué avec succès son mandat depuis 2006, permettant un maintien de la paix et de la sécurité depuis lors », le Conseil « décide une réduction du plafond des effectifs de 15 000 militaires à 13 000 », indique le projet de résolution obtenu mercredi par l’AFP.

Dans les faits, cette décision ne changera pas grand chose, note un diplomate sous couvert d’anonymat, car les effectifs actuels de la Finul avoisinent les 10 500 Casques bleus.

Le texte, rédigé par la France, « appelle le gouvernement du Liban à faciliter un accès rapide et complet de la Finul aux sites sur lesquels la force veut enquêter, y compris tous les endroits au nord de la Ligne bleue (séparant le Liban d’Israël) liés à la découverte de tunnels » permettant des incursions en territoire israélien.

Lors des négociations, selon des diplomates, les Etats-Unis, soutenant pleinement Israël, ont insisté pour une réduction des effectifs de la Finul tout en critiquant sa passivité face aux agissements du puissant mouvement chiite pro-iranien Hezbollah, très présent dans le sud du Liban.

Des soldats de la FINUL et des officiers israéliens sur le site d’une attaque au missile du Hezbollah contre un poste israélien, dans le nord de l’Etat juif, le 4 septembre 2019. (Crédit : Armée israélienne)

Le gouvernement libanais, comme le Hezbollah, avait réclamé récemment que la mission des Casques bleus soit prolongée sans aucune modification. Au contraire d’Israël qui avait appelé la semaine dernière à une réforme de la Finul, accusée de « partialité » et « d’inefficacité ».

Le projet de résolution demande à cet égard au secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, « d’élaborer un plan détaillé, avec des échéances et des modalités spécifiques », en coordination avec le Liban et les pays contributeurs de troupes, pour mettre en œuvre ses recommandations de juin visant à améliorer les performances de la Finul.

Le chef de l’ONU avait préconisé alors dans un rapport une force « plus agile et plus mobile ». « Les véhicules blindés de transport de troupes ne conviennent pas vraiment à des secteurs congestionnés, des ruelles étroites et un terrain montagneux. Il faudrait des véhicules plus petits comme des véhicules tactiques légers à haute mobilité », avait-il estimé.

Il avait aussi réclamé que la Finul soit dotée d’une « capacité de surveillance améliorée, en remplaçant les fonctions d’infanterie lourde, qui servent aux activités quotidiennes, par des fonctions de reconnaissance ».

Dans son projet de texte, le Conseil de sécurité demande à Antonio Guterres de lui présenter les premiers éléments de son plan dans les 60 jours.

Présente au Liban depuis 1978, la Finul, composée en grande partie de contingents européens, surveille la frontière libano-israélienne et veille à prévenir un nouveau conflit depuis la guerre de 2006 entre Israël et le Hezbollah.

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