Israël refuse l’entrée à une activiste pro-BDS espagnole
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Israël refuse l’entrée à une activiste pro-BDS espagnole

Le ministre de l’Intérieur a expliqué qu'Ana Sanchez Mera était membre d’une organisation dont l'objectif est de "nuire gravement" à l'Etat juif

Stuart Winer est journaliste au Times of Israël

Manifestation du mouvement BDS à Barcelone, en Espagne, en juin 2014. Illustration. (Crédit : capture d'écran YouTube)
Manifestation du mouvement BDS à Barcelone, en Espagne, en juin 2014. Illustration. (Crédit : capture d'écran YouTube)

Une ressortissante espagnole, membre éminente d’une organisation internationale encourageant au boycott de l’Etat juif, a été interdite d’entrée sur le territoire israélien dans la journée de mardi, les autorités ayant une nouvelle fois mis en oeuvre une loi relativement récente qui autorise le ministre de l’Intérieur à expulser ou à refouler du pays les militants anti-israéliens.

Ana Sanchez Mera, qui siège à la commission nationale de BDS, s’est vue refuser l’entrée en Israël conformément aux directives données par le ministre de l’Intérieur Aryeh Deri, suite aux recommandations transmises par le ministre aux Affaires Stratégiques Gilad Erdan, également chargé de la lutte contre les campagnes de boycott.

« J’ai de nouveau fait l’exercice de mon autorité et j’ai refusé l’entrée du pays à un militant prônant le boycott qui voulait entrer sur le territoire et agir contre l’Etat », a déclaré le ministre Aryeh Deri dans un communiqué.

« C’est une activiste connue appartenant à une éminente organisation pro-boycott dont l’objectif est de gravement nuire à Israël… Ceux qui viennent au sein de l’Etat juif pour y défendre le boycott ne seront pas autorisés à entrer dans le pays ».

Sanchez avait soutenu une décision prise devant le parlement espagnol qui prônait le boycott d’Israël, « elle a dirigé des manifestations de la BNC appelant aux embargos contre Israël et elle a personnellement, activement et de manière constante promu le boycott contre l’Etat d’Israël », a noté le ministère des Affaires stratégiques dans un communiqué.

« Les règles ont changé et, comme dans n’importe quel autre pays normal, l’Etat juif ne va pas rester à ne rien faire face à ceux qui tentent de lui nuire, à lui ou à ses citoyens », a dit Erdan.

« Ceux qui oeuvrent à promouvoir le boycott contre l’Etat juif n’ont rien à faire ici. Les agitateurs qui dirigent la charge et qui sèment la discorde et élargissent les divisions ne sont pas les bienvenus dans les frontières d’Israël ».

Selon le site internet, la BBNC a été fondée en 2007 et elle est l’instance de coordination palestinienne pour la campagne BDS dans le monde entier.

« L’organisation se définit comme le leader du mouvement global de boycott et elle dirige une grande partie de ses activités », a déclaré le ministère des Affaires stratégiques en évoquant la BNC, notant qu’elle réclame notamment les boycotts universitaire et culturel de l’Etat juif.

Ce refoulement à la frontière survient moins d’une semaine après qu’une militante néerlandaise, Lydia de Leeuw, s’est vue aussi interdite d’entrée sur le territoire en raison de son engagement en faveur du BDS (boycott, divestment, and sanctions).

De Leeuw a vécu à Gaza et à Naplouse pendant plusieurs années. Elle est membre du bureau de Kifaya, une organisation qui collecte des dons pour Gaza et qui cherche, selon elle, à sensibiliser les Pays-Bas à la situation critique des habitants de l’enclave côtière sous le blocus israélien – dont l’Etat juif affirme qu’il est nécessaire pour empêcher le groupe terroriste palestinien du Hamas de s’armer dans le but de l’attaquer.

Au début du mois, les responsables israéliens ont également refoulé Ariel Gold, une militante juive pro-palestinienne, qui a été ensuite expulsée pour son soutien au boycott du pays.

Raphael Ahren a contribué à cet article.

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