Israël signe avec la Grèce un contrat d’exportation d’armes de 3 milliards d’euros
C’est la première fois qu’Israël fournira à un autre pays un « dispositif de défense complet contre un large éventail de menaces », notamment les missiles balistiques et les drones
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Emanuel Fabian est le correspondant militaire du Times of Israël.

Lundi, Israël et la Grèce ont signé un accord colossal de 3 milliards d’euros. Aux termes de cet accord, Israël construira pour la Grèce un dispositif de défense aérienne à plusieurs niveaux, alors que les deux pays continuent de renforcer leur coopération en matière de défense.
Baptisé « Bouclier d’Achille », cet accord prévoit l’exportation par Israël de plusieurs systèmes, notamment la « Fronde de David » et le « SPYDER », fabriqués par Rafael, ainsi que le « BARAK MX », fabriqué par Israel Aerospace Industries (IAI), a déclaré le ministère israélien de la Défense.
Il s’agit du « plus important contrat d’exportation de matériel de défense de l’histoire des relations entre Israël et la Grèce, et l’un des plus importants de l’histoire de l’État d’Israël », a indiqué le ministère.
C’est également la première fois qu’Israël fournira à un autre pays un « dispositif de défense complet contre un large éventail de menaces », notamment les missiles balistiques et les drones.
De nombreux autres pays, dont les États-Unis et l’Ukraine, ont exprimé leur souhait de s’inspirer des systèmes de défense antimissile israéliens, notamment le « Dôme de fer », suite à leur utilisation fréquente dans le cadre de la guerre sur plusieurs fronts menée par le pays.
La Grèce et Israël, liés par des relations économiques et diplomatiques solides, exploitent un centre d’entraînement aérien sur le territoire grec, organisent des exercices militaires conjoints annuels et coopèrent dans les domaines des systèmes anti-drones et de la cyber-sécurité. L’an dernier, Athènes a acheté 36 systèmes d’artillerie de roquettes de fabrication israélienne pour environ 739 millions de dollars.
Cet accord survient également dans un contexte de tensions croissantes entre Israël et la Turquie, liées à la volonté d’Ankara d’étendre son influence en Syrie. La Turquie étant l’ennemi traditionnel de la Grèce, ces systèmes d’armement devraient avant tout aider Athènes à se défendre contre son voisin.
L’accord a été signé lundi au siège du ministère de la Défense à Tel Aviv par le directeur général du ministère de la Défense, Amir Baram, et son homologue grec, Ioannis Bouras.
« Dans le cadre de cet accord, Israël mettra en place pour la Grèce un dispositif de défense aérienne complet et à plusieurs niveaux, s’appuyant entièrement sur des systèmes de fabrication israélienne et sur la vaste expérience opérationnelle acquise par les forces de défense israéliennes pendant la guerre », a déclaré le ministère.
Le communiqué précise qu’un accord complémentaire, d’une valeur de 26 millions d’euros, a également été signé aujourd’hui pour la vente des systèmes Drone Dome de Rafael.
ההסכם הביטחוני שנחתם היום עם יוון, מהגדולים בתולדות המדינה, הוא המשך ישיר לברית מזרח הים-תיכונית שעשינו לפני עשור עם יוון וקפריסין.
הוא מהווה הוכחה נוספת ליכולות האדירות של התעשיות הביטחוניות והטכנולוגיות של ישראל.
מהלך זה מבטא את עוצמתה של ישראל, את האמון בייצוא הביטחוני שלנו…
— Benjamin Netanyahu – בנימין נתניהו (@netanyahu) August 31, 2026
Par ailleurs, le ministère de la Défense a indiqué qu’Israël allait « renforcer sa coopération industrielle en matière de défense avec la Grèce, notamment par le transfert de savoir-faire et de technologies à l’industrie locale ».
« Ce projet marque une nouvelle étape importante dans la coopération en matière de défense entre Israël et la Grèce, un partenaire stratégique clé en Méditerranée orientale. Le choix de la Grèce de la technologie israélienne comme pilier de son programme de renforcement de la défense aérienne, le plus ambitieux de la dernière décennie, témoigne de la confiance mutuelle entre les deux pays », ajoute le communiqué.
Le ministre de la Défense, Israel Katz, a déclaré que la décision d’approfondir la coopération en matière de défense avait été prise lors de sa dernière visite en Grèce.
« Israël et la Grèce partagent des intérêts stratégiques communs et sont confrontés à des défis régionaux communs. À l’heure où des acteurs nourris d’ambitions hégémoniques cherchent à étendre leur influence et à saper la stabilité dans la région, Israël et la Grèce continueront d’approfondir leur coopération en matière de défense et leur partenariat stratégique. Ils agiront avec détermination pour préserver la stabilité, leur sécurité et leurs intérêts communs », a déclaré Katz, faisant vraisemblablement référence à la Turquie.
Baram a déclaré que cet accord constituait « une application directe de la stratégie du ministère de la Défense : accroître les exportations de défense en tant que moteur essentiel du renforcement de l’armée israélienne, de l’influence de la politique étrangère d’Israël, ainsi que d’une industrie de défense et d’une économie nationales plus solides ».
« Les accords intergouvernementaux de cette ampleur sont bien plus que des victoires diplomatiques et économiques : ils favorisent l’expansion des chaînes de production israéliennes, permettent de constituer des stocks et renforcent l’indépendance du pays en matière de munitions. »
La Grèce consacre traditionnellement au moins 2 % de son produit intérieur brut (PIB) à la défense, en raison de décennies de tensions avec la Turquie.
Ces derniers temps, la Grèce s’est efforcée de renforcer sa position à la frontière est-méditerranéenne de l’Union européenne, à proximité des zones de conflit du Moyen-Orient. Elle consacre désormais près de 3,5 % de son PIB à la défense, une proportion supérieure à celle de nombreux autres pays membres de l’OTAN.
Par ailleurs, Israël aurait signé en secret un protocole d’accord visant à prolonger sa coopération en matière de défense avec la Finlande jusqu’en 2034, notamment dans les domaines de la recherche et du développement ainsi que de l’achat d’équipements, a rapporté samedi la chaîne publique finlandaise Yle.
Selon ce reportage, l’accord, qui prolonge le mémorandum initial signé en 2013, prévoit également la création d’un groupe de coordination conjoint qui se réunira chaque année pour discuter des relations en matière de défense.
Ce reportage a suscité les critiques de Sofia Virta, présidente du parti de gauche finlandais « Ligue verte », qui a écrit sur Facebook que la politique du gouvernement à l’égard d’Israël « constitue une honte historique pour la Finlande », en évoquant le traitement réservé par Israël aux Palestiniens.
La Finlande a signé le tout premier accord portant sur la vente du système de défense aérienne israélien « Fronde de David » en novembre 2023, soit un mois après le pogrom perpétré par le groupe terroriste palestinien du Hamas le 7 octobre 2023, qui a déclenché la guerre à Gaza.
L’équipe du Times of Israel a contribué à cet article.
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