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« Je n’ai rien fait de mal » clame Beny Steinmetz à l’issue de son procès à Genève

L'avocat du franco-israélien a assuré que l'immense projet minier mené en Guinée par BSGR, la société de son client, avait d'ailleurs "profité à la Guinée"

Le magnat franco-israélien du diamant Beny Steinmetz revenant au palais de justice de Genève lors de son procès pour des allégations de corruption liées à des transactions minières en Guinée, à Genève, le 11 janvier 2021. (Crédit : Fabrice Coffrini/AFP)
Le magnat franco-israélien du diamant Beny Steinmetz revenant au palais de justice de Genève lors de son procès pour des allégations de corruption liées à des transactions minières en Guinée, à Genève, le 11 janvier 2021. (Crédit : Fabrice Coffrini/AFP)

L’homme d’affaires franco-israélien Beny Steinmetz a clamé son innocence mardi à l’issue de sept jours de procès en appel d’une condamnation pour corruption à Genève.

« Je n’ai rien fait de mal », a déclaré devant les juges le magnat de 66 ans condamné en 2021 à cinq ans de prison ferme et au versement de 50 millions de francs suisses (52 millions d’euros) pour « corruption d’agents publics » en Guinée, dans une affaire de concession minière.

Il s’est dit « dévasté » par l’image qu’on essayait, de donner de lui et s’est dit convaincu que « justice sera faite ».

Son avocat, Daniel Kinzer, a martelé l’innocence de son client et la fragilité du dossier assemblé par l’accusation.

Il a estimé qu’il n’y avait « aucun élément de preuve » que Beny Steinmetz ait participé à une tentative de corruption, assurant que l’immense projet minier mené en Guinée par Beny Steinmetz Group Resources, BSGR, avait d’ailleurs « profité à la Guinée ».

La semaine dernière, Beny Steinmetz avait assuré que « BSGR n’a jamais franchi la ligne rouge ». Au contraire, il s’est dit lui-même victime d’une lutte de pouvoir locale.

Les procureurs suisses ont réclamé une peine de cinq ans de prison à l’encontre du magnat franco-israélien, tandis que son avocat a demandé son acquittement.

La sentence pourrait être annoncée d’ici quelques semaines.

Beny Steinmetz est accusé d’avoir mis en place un montage financier via des sociétés-écran afin de verser de 2006 à 2012, notamment par des comptes suisses, environ 10 millions de dollars de pots-de-vin à la quatrième épouse de l’ancien président guinéen Lansana Conté (décédé en 2008), Mamadie Touré, afin que BSGR obtienne des droits miniers en Guinée.

BSGR a obtenu en 2008, peu avant la mort de Lansana Conté, le droit d’explorer les blocs 1 et 2 de l’un des plus importants gisements de fer au monde à Simandou, où il a investi 160 millions de dollars, des droits auparavant en mains du groupe anglo-australien Rio Tinto.

BSGR a revendu 51 % de ses parts au groupe brésilien Vale, pour 2,5 milliards de dollars, en 2010.

Elu en 2010, le président Alpha Condé a remis à plat tous les permis miniers accordés par son prédécesseur, annulant notamment en 2014 les droits attribués au consortium formé par BSGR et Vale.

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