Israël en guerre - Jour 259

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Journée de la biodiversité : grave déclin des papillons, oiseaux et reptiles d’Israël

Perte et fragmentation de l'habitat, pollution, espèces envahissantes, surexploitation des ressources naturelles et hausse des températures sont en cause en 2023

Sue Surkes est la journaliste spécialisée dans l'environnement du Times of Israel.

Un papillon machaon sur une plante Salvia viridis. (Avner Rinot, Société pour la protection de la nature en Israël)
Un papillon machaon sur une plante Salvia viridis. (Avner Rinot, Société pour la protection de la nature en Israël)

Multiplication par presque six du nombre d’oiseaux mynah envahissants, baisse de 34 % de celui des papillons, réduction de moitié des espèces de reptiles dans le nord et l’ouest du Neguev et découverte qu’un tiers des poissons sujets à la pêche commerciale dans la baie de Haïfa sont contaminés au mercure, telles sont quelques-unes des conclusions du rapport publié dimanche par un programme de surveillance de la faune et de la flore israéliennes.

Il y a quand même une bonne nouvelle : grâce aux programmes de protection, les populations de certaines espèces menacées ont augmenté, comme celle du bouquetin de Nubie, de trois espèces de gazelles, de la hyène tachetée, de la perdrix chukar, des nids de tortues vertes et des caouannes.

La dixième édition de l’état de la nature en 2023, rapport du Programme national d’évaluation des écosystèmes (« Maarag » en hébreu), a été publié peu avant la Journée mondiale de la biodiversité, mercredi. Cette journée est célébrée chaque année depuis l’adoption de la Convention sur la diversité biologique de 1992 lors du Sommet de la Terre à Rio de Janeiro, au Brésil.

Selon la liste rouge de l’Union internationale pour la protection de la nature, plus de 44 000 espèces – soit 28 % des espèces évaluées – sont menacées d’extinction.

Le Rapport Planète vivante 2022 du Fonds mondial pour la nature (un document biennal) a révélé que les populations d’espèces vivantes avaient diminué en moyenne de 69 % depuis 1970. Cela dit, de nombreuses espèces sont sauvées grâce aux efforts de restauration de leur habitat.

Iris de Lortet. (Avner Rinot, Société pour la protection de la nature en Israël)

La protection de l’incroyable diversité du vivant en Israël fait face à des difficultés que rencontrent d’autres pays, à l’instar de la perte et de la fragmentation de l’habitat, la pollution, les espèces envahissantes (qui concurrencent et souvent dominent les espèces locales), la surexploitation des ressources naturelles et le changement climatique.

Cependant, selon le rapport Maarag, qui s’intéresse principalement aux années 2012 à 2021, l’intensité et les effets de ces menaces sont souvent plus importants en raison de l’augmentation rapide de la population et de la densité en Israël doublée d’un rapide développement urbain.

Bien que le pays soit à cheval sur trois continents – Afrique, Asie et Europe –, en soi un facteur de richesse de la biodiversité, – il est minuscule, l’équivalent en taille de l’État du New Jersey ou du Pays de Galles au Royaume-Uni. C’est aussi un « point chaud » climatique, un endroit où les températures augmentent plus rapidement que la moyenne mondiale.

La notion de biodiversité renvoie à la variété biologique du vivant sur Terre. Cette variété existe au sein de différentes communautés, ou écosystèmes, dans des habitats tels que les forêts, les prairies, les déserts ou les océans.

Des écosystèmes sains fournissent des « services » tels que la pollinisation des cultures (par les insectes, les oiseaux et les mammifères), l’air pur et l’eau potable, un climat équilibré et une protection contre les inondations et l’érosion.

Une hyène tachetée dans les hauts plateaux du Neguev. (Moshe Cohen)

Les rapports sur l’état de la nature en Israël surveillent les écosystèmes et mettent des informations scientifiques à la disposition du public et des autorités.

Ces rapports sont le reflet des résultats de la surveillance de près de 900 parcelles tests dans différents habitats en Israël, habitées par diverses espèces de plantes, d’arthropodes, de reptiles, d’oiseaux et de mammifères, plus ou moins proches des humains et des terres agricoles.

Voici les points à retenir de six grands chapitres de ce rapport.

Les plantes

Israël compte quelque 2 700 espèces de plantes sauvages, dont 405 (15 %) sont en danger d’extinction, et 64 en danger critique d’extinction.

Le camphre est une plante envahissante issue d’Amérique centrale. (Ido Livne, Maarag)

L’indice des plantes du désert est resté à peu près stable ces dernières années, mais 61 espèces envahissantes se sont établies dans le pays et 127 autres plantes étrangères ont été identifiées dans des zones naturelles, dont 12 ont un fort potentiel de devenir envahissantes.

Les papillons

Israël compte 133 espèces de papillons, dont 51 (38 %) sont en danger d’extinction et 11 d’entre elles en grave danger. Au cours du suivi (dans ce cas sur 13 années), on a enregistré une diminution de 34 % du nombre des papillons.

Un couple de papillons cuivrés printaniers levantins. (Avner Rinot, Société pour la protection de la nature en Israël)

Selon le rapport, c’est sans doute là un reflet du recul général des populations d’insectes en Israël, comme c’est le cas ailleurs à l’étranger. Les pesticides agricoles sont un des facteurs incriminés dans la disparition des insectes, qui sont pourtant essentiels à la pollinisation. Quatre espèces de papillons envahissants se sont établies en Israël.

Les reptiles

Israël abrite 88 espèces de reptiles. Ces dix dernières années, peut-être en raison du réchauffement climatique et de l’augmentation de la sécheresse, on a enregistré une baisse de 58 % de la richesse en espèces de reptiles dans les sables du Neguev occidental et de 48 % dans les sols de loess poussiéreux du nord du Neguev.

Un lézard à franges de Bosc. (Moshe Cohen)

Il y a une bonne nouvelle, celle de l’augmentation des nids de tortues caouannes et vertes sur les plages.

Les oiseaux

Sur les 226 espèces d’oiseaux qui nichent en Israël, 65 espèces (29 %) sont en danger et 21 en danger critique d’extinction. Ces dix dernières années s’est produite une baisse de 17 % du nombre total d’oiseaux nicheurs communs, un rythme quatre fois plus rapide qu’en Europe.

Les populations de mésanges charbonnières, de merles, de tourterelles européennes, de tourterelles rieuses, de tourterelles turques, de prinias gracieux, d’alouettes huppées et de moineaux domestiques ont elles aussi diminué.

Le mynah commun, une espèce étrangère devenue envahissante en Israël. (Richard Taylor, CC BY 2.0, Wikimedia Commons)

Grâce aux études qui expliquent de quelle manière les oiseaux mynah évincent d’autres espèces, on pense qu’ils sont en partie responsables de la baisse du nombre d’autres oiseaux. La population d’oiseaux mynah envahissants a augmenté de 585 % et, selon le rapport, ils se propagent au-delà des centres urbains, dans les zones naturelles où ils constituent une menace toujours plus importante.

Interrogé sur les raisons du déclin rapide des oiseaux nicheurs communs, Yehoshua Shkedi, scientifique en chef de l’Autorité des parcs, évoque les espèces envahissantes, les produits chimiques agricoles et la perte d’habitat.

Malgré de gros efforts de protection, le nombre des nids de vautours fauves est en baisse.

Neuf espèces d’oiseaux envahissantes sont maintenant établies, et cinq autres en cours de développement.

Le corps sans vie d’un vautour fauve, dans son nid à flanc de falaise, dans le désert de Judée, dans le sud d’Israël, en mars 2024. (Crédit : Autorité israélienne de la nature et des parcs)

Au-delà de la perte d’habitat et des espèces envahissantes, les populations d’oiseaux sont principalement menacées par les collisions avec des lignes électriques, l’électrocution et l’empoisonnement.

Les mammifères

Il existe 98 espèces de mammifères, dont 61 (62 %) sont en danger d’extinction. Sur les 10 mammifères de taille moyenne et grande sélectionnés pour une étude plus précise, on voit une augmentation de la population de six d’entre eux, parmi lesquels les lièvres (à l’échelle du pays), les porcs-épics (dans les zones de végétation méditerranéenne) et les loups, chacals, renards et gazelles dans les régions désertiques.

Un couple de renards dans le Neguev occidental, dans le sud d’Israël. (Moshe Cohen)

Les espèces canines ont augmenté en grande partie en raison de la disponibilité des déchets alimentaires humains. Il existe deux espèces de mammifères envahissants : l’écureuil palmiste indien et le ragondin. Les principaux facteurs de menace pour les mammifères sont les collisions avec les voitures sur les routes.

La mer Méditerranée

Les scientifiques ont répertorié 445 espèces exotiques dans les eaux qui bordent les côtes israéliennes, dont des espèces envahissantes.

Les travaux de surveillance ont permis d’établir qu’environ un tiers des poissons sujets à une pêche commerciale dans la baie de Haïfa était contaminé au mercure, et la plupart des cours d’eau côtiers, pollués par des engrais.

On estime à 4 % seulement la surface des eaux territoriales israéliennes qui font l’objet d’une protection. Du fait d’un développement extensif, il reste moins de 4 % (5,2 kilomètres carrés) de dunes côtières avec peu de végétation, de nature à offrir de bonnes conditions pour le développement de la biodiversité.

Une dune de sable à Sdot Yam, dans le nord d’Israël. (Ido Livne, le Maarag)

Le Maarag est parrainé par le ministère de la Protection de l’environnement, le musée d’histoire naturelle Steinhardt de l’Université de Tel Aviv, le Fonds national juif KKL-JNF et l’Autorité israélienne de la nature et des parcs.

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