Kara : Netanyahu et Trump soutiendront un état palestinien au Sinaï
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Kara : Netanyahu et Trump soutiendront un état palestinien au Sinaï

Avant la rencontre à la Maison Blanche, le ministre affirme que le Premier ministre a accepté de parler du projet de relocalisation des Palestiniens dans le territoire égyptien

Raoul Wootliff est le correspondant parlementaire du Times of Israël

Ayoub Kara, député du Likud, avant une réunion avec le Premier ministre Benjamin Netanyahu, à Jérusalem, le 30 décembre 2015. (Crédit : Marc Israel Sellem/Pool)
Ayoub Kara, député du Likud, avant une réunion avec le Premier ministre Benjamin Netanyahu, à Jérusalem, le 30 décembre 2015. (Crédit : Marc Israel Sellem/Pool)

Prédisant un changement de politique brutal et quelque peu déconcertant, le ministre Ayoub Kara a déclaré mardi que le Premier ministre Benjamin Netanyahu et le président américain Donald Trump discuteront d’un projet pour établir un état palestinien dans la bande de Gaza et la péninsule du Sinaï, et pas en Cisjordanie. Il ravive ainsi une idée rejetée depuis longtemps par la communauté internationale.

A la veille de la première rencontre entre Netanyahu et Trump depuis que le milliardaire est arrivé au pouvoir en janvier, Kara a écrit sur Twitter que les deux hommes soutiendraient une proposition qui aurait été avancée par le président égyptien Abdel-Fattah el-Sissi.

« Trump et Netanyahu adopteront le plan de Sissi. Un état palestinien à Gaza, et pas en Judée Samarie, a écrit Kara. C’est comme cela que nous ouvrirons un chemin à la paix, y compris avec la coalition sunnite. »

Kara faisait référence à une présumée proposition égyptienne de 2014 visant à installer les réfugiés palestiniens dans une large bande de territoire de la péninsule du Sinaï qui sera annexée à la bande de Gaza.

Bien que le projet ait été rejeté par Mahmoud Abbas, le président de l’Autorité palestinienne, et démenti par les responsables égyptiens, des ministres israéliens avaient salué cette information, et rejeté ainsi les tentatives de créer un état palestinien en Cisjordanie.

Un mirador de l'armée égyptienne à la frontière avec la bande de Gaza, à Rafah, en juillet 2013. (Crédit : Abed Rahim Khatib/Flash90)
Un mirador de l’armée égyptienne à la frontière avec la bande de Gaza, à Rafah, en juillet 2013. (Crédit : Abed Rahim Khatib/Flash90)

Bien que Netanyahu ait refusé de signaler son soutien à un état palestinien indépendant ces dernières semaines, des responsables soulignent qu’il soutient toujours une solution à deux états avec une autonomie palestinienne totalement démilitarisée dans la plupart de la Cisjordanie. Il n’a cependant jamais soutenu le projet du Sinaï.

Kara a déclaré au Times of Israël qu’il avait discuté dimanche avec Netanyahu de ce sujet pour tenter de le convaincre de promouvoir cette option.

« Il n’y a pas d’autre option réaliste. Nous ne pouvons pas avoir un état en Judée et Samarie. C’est le seul moyen », a-t-il déclaré.

Kara a affirmé que Netanyahu était d’accord avec lui et qu’il en parlerait avec Trump. « Ce sujet est au programme », a ajouté Kara.

Député du Likud depuis longtemps, Kara a été nommé ministre sans portefeuille au sein du bureau du Premier ministre le mois dernier, après avoir été vice-ministre en charge de la coopération régionale depuis 2015. Ses propos peuvent ainsi être vus comme une déclaration directe du bureau du Premier ministre.

Les responsables du gouvernement israélien ont cependant refusé de s’exprimer sur ces déclarations.

Un porte-parole de Kara a ensuite semblé revenir sur certaines des affirmations, déclarant que le ministre affirmait qu’il « pensait » que cela se produirait et ne révélait pas de décision politique.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu, au centre, pendant la réunion hebdomadaire du cabinet dans ses bureaux à Jérusalem, le 12 février 2017. (Crédit : Emil Salman/Pool)
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu, au centre, pendant la réunion hebdomadaire du cabinet dans ses bureaux à Jérusalem, le 12 février 2017. (Crédit : Emil Salman/Pool)

Au regret d’une partie de sa coalition de droite, Netanyahu aurait dit à ses ministres, pendant une réunion dimanche du cabinet de sécurité, qu’il dirait à Trump qu’il est engagé en faveur de la solution à deux états, mais qu’il continuerait à souligner la réticence des Palestiniens à conclure un accord de paix.

Il a déclaré qu’il répèterait que les implantations de Cisjordanie n’étaient pas la cause principale du conflit, mais que c’était le refus palestinien de reconnaitre Israël en tant qu’Etat juif.

Les propos de Kara semblent suggérer que le Premier ministre pourrait adopter une approche plus dure.

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