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La banque d’Israël s’inquiète du nombre record de prêts immobiliers accordés

Avec les coûts de projet de développement et le montant des emprunts en hausse, la banque centrale publie de nouvelles directives sur la façon de gérer les prêts immobiliers

Vue d'un bâtiment dans le centre de Tel Aviv, le 2 décembre 2021. (Crédit : Tomer Neuberg/Flash90)
Vue d'un bâtiment dans le centre de Tel Aviv, le 2 décembre 2021. (Crédit : Tomer Neuberg/Flash90)

Une combinaison de faibles taux d’intérêt, d’incitations au développement foncier et de demande de logements suggère que le secteur bancaire israélien a prêté plus d’argent – aux promoteurs cherchant à financer de nouveaux projets ainsi qu’aux acheteurs individuels suite aux niveaux record d’emprunts hypothécaires.

Une hausse des taux d’intérêt est attendue d’ici à la fin de l’année et la Banque d’Israël est donc intervenue pour exprimer son inquiétude face à l’augmentation de l’exposition à laquelle certaines banques sont confrontées. Elle souhaite que les banques agissent en examinant de plus près les risques entourant le développement de la construction.

Le superviseur des banques à la Banque d’Israël, Yair Avidan, a envoyé une lettre [en hébreu] dimanche contenant des directives supplémentaires pour la gestion des prêts immobiliers par les banques. Avidan a exprimé les inquiétudes de la banque centrale selon lesquelles les banques ont été disposées à prêter trop d’argent et n’ont pas pleinement pris en compte les risques liés au remboursement, car les coûts des projets et des prêts augmentent en raison de la hausse rapide des coûts des matières premières, ainsi que des taux d’intérêt plus élevés. La crainte est que, comme cela s’est produit lors du fiasco des subprimes aux États-Unis il y a plus de dix ans, la bulle n’éclate et que les banques ne soient pas en mesure de faire face.

« Compte tenu de l’appétit accru pour le risque et de l’exposition du système bancaire dans le secteur de la construction et de l’immobilier, les banques doivent avoir des discussions appropriées avec leurs conseils d’administration pour examiner le risque, la politique de crédit et les dispositions adéquates pour gérer les risques », a écrit Avidan. « Nous voulons que le secteur financier travaille avec le secteur immobilier pour développer l’économie israélienne, mais aussi pour maintenir une approche conservatrice et adéquate de la souscription de crédit. »

Le financement de projets avec un soutien financier garanti et l’achat de terrains dans l’espoir d’obtenir le droit de les développer plus tard sont particulièrement préoccupants. Sur la base des nouvelles directives, à l’avenir, les rapports de surveillance des banques devront fournir des informations plus détaillées sur leurs prêts immobiliers pour s’assurer qu’elles mettent de côté suffisamment d’argent pour couvrir les risques.

Les propositions sont soumises à consultation, mais il y a un désir de mettre en œuvre un cadre dès que possible, et la Banque d’Israël suggère déjà qu’elle pourrait bien introduire des garanties supplémentaires si nécessaire à une date ultérieure.

Mais si les banques prennent plus de précautions lorsqu’elles prêtent de l’argent, cela signifiera probablement que les développeurs devront payer plus pour obtenir les fonds nécessaires au démarrage des projets.

Ils doivent budgétiser les coûts de construction plus élevés, les commandes de matières premières plus tôt et les retards potentiels causés par la perturbation internationale des lignes d’approvisionnement en matériaux de construction. Ces pressions, à leur tour, ne feront que réduire la vitesse de développement du logement et feront probablement grimper les coûts immobiliers à un moment où Israël lutte déjà contre des prix exorbitants pour le logement.

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