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Immobilier : les Israéliens ont emprunté 116 Mds de shekels en 2021 – un record

Rien qu'en décembre, les banques israéliennes ont prêté 12,2 milliards de shekels aux acheteurs de logements, selon la Banque d'Israël

Ricky Ben-David est journaliste au Times of Israël

Des grues sur un site de construction à Jérusalem, le 1er septembre 2021. (Crédit : Nati Shohat/Flash90)
Des grues sur un site de construction à Jérusalem, le 1er septembre 2021. (Crédit : Nati Shohat/Flash90)

Le marché israélien de l’immobilier a atteint de nouveaux records avec la somme approximative de 116 milliards de shekels de prêt accordé aux acheteurs israéliens au cours de l’année 2021, selon les chiffres publiés par la Banque d’Israël la semaine dernière.

À titre de comparaison, le total des prêts accordés en 2020 s’élevait a 78,1 milliards de shekels, ce qui revient à dire que les chiffres de 2021 représentent une augmentation de presque 50 % par rapport à l’année précédente.

Durant le mois de décembre uniquement, les Israéliens ont emprunté 12,2 milliards de shekels, ce qui représente une augmentation de 11,9 % par rapport aux chiffres rapportés au mois de novembre et 48 % par rapport au mois de décembre précédent. Le second chiffre le plus élevé de 2021 est celui du mois d’août, durant lequel les banques ont prêté 11,9 milliards de shekels pour des crédits immobiliers.

Le bureau de l’économiste en chef du ministère des Finances a publié un rapport cette semaine dans lequel il note qu’au cours du mois de novembre, les Israéliens ont acheté 18 200 unités de logement, ce qui représente le nombre le plus élevé depuis juin 2015 au cours duquel 16 000 unités avaient été achetées ainsi qu’une augmentation de 62 % par rapport au mois de novembre 2020.

Des travaux de construction pour de nouveaux logements à Modiin Illit, en Cisjordanie, le 11 janvier 2021. (Crédit : Flash90)

Près de 40 % de ces unités, soit environ 6 700 biens, ont été achetées par des « investisseurs », c’est à dire des individus déjà propriétaires d’un ou plusieurs biens immobiliers, ce qui représente une hausse de 200 % par rapport à la même période l’année dernière et 41 % de plus qu’en octobre 2021, mois durant lequel on a assisté à un record dans le domaine de l’achat de biens immobiliers.

Ces chiffres sont les plus élevés depuis juin 2015, date à laquelle le ministre des Finances de l’époque avait tenté de dissuader les ménages qui possédaient déjà un bien immobilier d’en acquérir un autre et de ce fait de contribuer à une hausse des prix rapide dans le domaine de l’immobilier. A cette époque, 30 % des biens immobiliers acquis annuellement l’étaient dans le cadre d’investissements faits par des familles possédant déjà d’autres biens.

Mais la crise provoquée par une offre restreinte, des taux d’intérêts très faibles et une demande accrue a continué de s’aggraver.

En 2020, au plus fort de la pandémie, la taxe d’acquisition des biens immobiliers a été réduite de 5 %, pour tenter d’attirer à nouveau les investisseurs sur le marché immobilier, de relancer le secteur de la construction ainsi que de réinjecter des capitaux issus des de l’augmentation des taxes, dans une économie ralentie par la crise sanitaire.

Un nouveau projet de logement en construction dans l’implantation israélienne de Nokdim, le 24 octobre 2017 (Crédit : Gershon Elinson/Flash90)

Le gouvernement actuel a rétabli la taxe de 8 %, à partir du 28 novembre 2021

Le rapport du ministère des Finances de cette semaine note que l’augmentation du nombre d’investisseurs en octobre (mois au cours duquel l’annonce concernant le retour de la taxe à 8 % pour les ménages qui possédaient déjà un bien immobilier, avait été annoncée) et en novembre était supérieur au nombre des 2 mois précédant juin 2015 lorsque la taxe de 8 % était entrée en vigueur.

Le rapport souligne qu’en novembre, 3 900 unités de logement ont été vendues, le nombre le plus élevé en 10 ans et 88 % de plus qu’au cours du mois de novembre de l’année précédente. Le rapport explique cette hausse en partie à cause de la possibilité pour ces investisseurs de profiter d’une opportunité créée par la volonté d’autres ménages d’acquérir un bien avant l’augmentation de la taxe.

Le ministère des Finances rapporte également que 6 100 unités de logement ont été achetées par des primo-accédants durant le mois de novembre, ce qui représente le nombre le plus élevé de la décennie pour un seul mois.

Une vue générale du ministère des Finances à Jérusalem, le 26 novembre 2006. (Flash9)

Les prix de vente des biens immobiliers ont également atteint des records. Ils ont augmenté de 10,6 % en 2021, selon les données publiées vendredi par le Bureau central des statistiques (CBS), qui comparait les prix d’octobre et novembre 2021 avec ceux des mêmes mois pour l’année précédente.

La flambée des prix au cours de l’année écoulée a marqué la plus forte augmentation de ce type depuis 2013, selon le CBS. Les prix ont augmenté de 12,3 % à Jérusalem au cours de l’année écoulée, de 10,5 % à Haïfa et dans ses environs, de 10,7 % à Tel Aviv, de 7,1 % dans le nord et de 9,9 % dans le sud.

Les gouvernements promettent sans cesse une baisse des prix de l’immobilier, alors que ceux-ci n’ont cessé de grimper depuis une dizaine d’années. Ces prix mettent l’achat d’un bien hors de portée de beaucoup de ménages israéliens et affaiblissent la classe moyenne.

Le ministre des Finances Avigdor Liberman assiste à une conférence de presse, présentant la nouvelle réforme du secteur agricole, au ministère des Finances à Jérusalem, le 21 juillet 2021. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Au mois d’octobre, le gouvernement a révélé un plan immobilier pour 2022-2025 visant à augmenter le nombre des unités de logement afin d’en réduire les prix.

Le ministre des Finances Avigdor Liberman a déclaré que le gouvernement espérait rétablir un équilibre entre l’offre et la demande dans les 3 ou 4 ans, en tenant compte du fait que le coût de logement en Israël a toujours posé problème et restait un des « défis » les plus importants.

Les experts et les économistes ont déclaré quant à eux que ce nouveau plan représentait une goutte d’eau dans l’océan et qu’il ne prenait pas en compte l’augmentation rapide de la population, le contrôle exercé par le gouvernement sur les terres constructibles, le manque d’infrastructures et les inégalités sociales qui vont en s’accroissant.

A LIRE : « Tout simplement rien de nouveau dans le plan de logement du gouvernement » – expert

David Brummer a contribué à cet article.

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